Test Dungeon Keeper- PC

PC

Apparu en 1997 sur nos écrans d'ordinateur, Dungeon Keeper propose ce que d'autres n'ont pas osé à l'époque : incarner une entité du mal. Se présentant sous la forme d'un jeu de stratégie avec une touche de gestion, vous aurez à résister aux assauts répétés des gentils héros. Tremblez, pauvres mortels ! Le gardien du donjon rumine ses plans démoniaques dans les profondeurs et ça va faire mal !

Dungeon Keeper

Les développeurs de chez Bullfrog guidés par le talentueux Peter Molyneux, créateur du mondialement connu Populous, plonge ici le joueur vers le côté obscur de la stratégie, tout en gardant un esprit amusant et décalé que l'on avait pu déceler dans Theme Park et surtout dans Theme Hospital, sorti la même année. Le jeu vous présente un royaume verdoyant, qu'il va donc vous falloir détruire méthodiquement à travers vingt missions principales, et quelques missions bonus. Vous attaquez par le sous-sol. Plongé sous la terre, il vous faudra défendre le cœur de votre donjon, créer de nouvelles pièces, attirer des créatures et finalement, détruire les héros de la zone.

Test Dungeon Keeper PC - Screenshot 1Le tutoriel n'est pas de trop !

Si le jeu est simple dans le principe, la multiplicité des pièces, des monstres et des donjons risque bien de vous donner du fil à retordre dans votre opération de destruction. En effet, si le jeu mise sur une ambiance décalée, il vous sera essentiel de faire fonctionner vos méninges pour arriver à vos fins. Pour chaque niveau, il vous faudra construire un donjon suffisamment vaste pour attirer des créatures démoniaques. La première étape consiste donc à créer un antre pour que vos créatures se reposent, un poulailler pour qu'elles se nourrissent et une salle du trésor. Les créatures ne se battent pas pour rien, il faudra les payer en monnaie sonnante et trébuchante pour qu'elles vous restent fidèles ! Après ces formalités, d'autres pièces seront nécessaires pour enrôler des créatures de plus en plus puissantes. Ainsi, une bibliothèque devrait assurer la venue de sorciers, qui découvriront des sorts utiles en combat. Un atelier attirera les trolls, qui vous fabriqueront des pièges et des portes utiles pour ralentir l'ennemi. Le jeu pousse même le vice jusqu'à vous permettre de construire une salle de torture pour convertir vos ennemis faits prisonniers, et faire venir à vous des maitresses noires. Bref, chaque salle s'avérera nécessaire pour augmenter vos effectifs et vous octroyer par la même occasion un avantage tactique certain.

Test Dungeon Keeper PC - Screenshot 2Ha ! La salle des tortures de la chair à canon gratos !

Dungeon Keeper vous incite donc à utiliser les capacités de vos créatures pour préparer le combat. Par exemple, les sorts découverts par les sorciers vous donneront un avantage tactique considérable lors des batailles : un éboulement bien placé peut affaiblir l'adversaire avant même le combat. Il en va de même pour les constructions de l'atelier. Cependant, les créatures occupées à ce genre d'activité ne pourront voir leur niveau progresser. En effet, chaque créature peut évoluer dans la salle d'entraînement pour devenir plus puissante. Un sorcier enfermé dans sa bibliothèque vous permettra de débloquer des sorts mais sera bien faible une fois la bataille commencée. A vous de gérer harmonieusement vos troupes, et trouver le juste équilibre. Cet équilibre devra être maintenu jusque dans les relations entre vos créatures : certaines espèces ne peuvent se supporter et il faudra les éloigner pour qu'elles ne s'entretuent pas. Le Grand Cornu est à la fois attendu et redouté par le joueur. Doté d'une puissance folle en combat, il vous faudra le mettre à l'écart des autres et le contenter si vous ne voulez pas qu'il saccage votre donjon ! Vous devrez donc organiser votre domaine pour que chaque créature puisse s'y installer et évoluer. La clé de votre développement est votre troupe de lutins qui peuvent creuser le sol pour agrandir votre domaine. Ils peuvent également renforcer vos murs pour les rendre impénétrables et surtout, amasser de l'argent dans les mines d'or. L'argent étant le nerf de la guerre, il vous en faudra beaucoup pour aménager votre donjon, entraîner vos créatures et leur permettre de travailler. Les lutins ne demandent pas d'antre, d'argent ou de nourriture, et supportent même quelques baffes ! Attention toutefois à ne pas trop les abîmer : très faibles, ces petites créatures sournoises coûtent cher, ne vous en servez pas comme chair à canon !

Test Dungeon Keeper PC - Screenshot 3Lla salle d'entrainement vous permettra d'entraîner vos créatures.

Après avoir construit votre donjon et préparé vos troupes, l'affrontement avec l'ennemi devrait prouver votre supériorité. Constituées de chevaliers, de mages ou encore d'elfes, les troupes ennemies vous offriront une résistance progressive. Selon les niveaux, vous pourrez choisir le moment de l'affrontement en ouvrant volontairement votre donjon, ou alors vous subirez les assauts de l'ennemi sans maîtriser le début de la bataille. Dans les deux cas, il vous faudra envoyer vos créatures se battre vaillamment contre le bien. Les combats constituent un point faible du jeu : l'action est peu claire, brouillonne même, et il est difficile de voir clairement à l'écran ce qu'il se passe. Heureusement, une fenêtre de combat vous aidera à vous y retrouver, mais celle-ci est succincte. En tant que maître du donjon, vous pouvez aider vos créatures en lançant divers sortilèges sur l'ennemi. En revanche, la maîtrise des troupes et de leurs actions est limitée, et il est difficile de leur imposer une cible. Un défaut qui s'avère gênant au fur et à mesure de la progression. En parlant de défaut, se replonger dans ce jeu vieux de douze ans risque de faire souffrir vos yeux. Si les graphismes étaient tout à fait corrects pour l'époque, il faut bien admettre que le poids des années se fait sentir. La vue subjective disponible avec le sort de possession est un gadget dont on se passera… Ceci dit, on remarquera la gestion de la lumière très réussie dans cette ambiance sombre. L'immersion dans ce monde cruel est également renforcée par une bande-son et des bruitages sympathiques. Les voix, et notamment celle de votre aide, sont également de bonne facture. En s'orientant clairement vers le fun, Bullfrog a réussi son coup : créer un jeu de gestion/ stratégie qui pourra convaincre les fans du genre et convertir les novices, grâce à un univers fantastique diaboliquement méchant et jouissif. Disponible en abandonware, Dungeon Keeper mérite véritablement le détour.

Cidou (contributeur de jeuxvideo.com), le 01 septembre 2009

Les notes

  • Graphismes 13/20

    Si les graphismes étaient tout à fait corrects pour l'époque, il faut bien admettre que le poids des années se fait sentir. La gestion de la lumière est particulièrement réussie. La 3D est également un plus, encore rare à cette époque dans les jeux de ce genre.

  • Jouabilité 16/20

    Muni de votre curseur, il sera facile pour vous de délimiter les zones à creuser, les pièces à créer, les créatures à sélectionner, les larbins à frapper. Seuls les combats restent brouillons.

  • Durée de vie 15/20

    Avec vingt zones et plusieurs niveaux bonus, le jeu propose de très nombreuses heures de jeux. Les derniers niveaux demandent une bonne dose de réflexion pour détruire les gentils héros. De plus, une fois l'ennemi principal détruit, on peut toujours fouiller la zone, histoire de trouver quelques bonus sympathiques pour la suite…

  • Bande son 17/20

    La bande-son remplit parfaitement son rôle : vous faire pénétrer dans un monde glauque et brutal : cris, bruits de chaîne, râles, tout est là. Les voix des héros et de votre aide sont tout à fait réussies.

  • Scénario 15/20

    Le but est systématiquement de détruire l'ennemi. Le fait d'être le méchant de l'histoire est particulièrement jouissif. Les niveaux ont tendance à se ressembler, et surtout à être un peu trop faciles pour les habitués du genre.

  • Note Générale17/20

    Allant à contre-courant des jeux où l'on incarne un gentil, Dungeon Keeper nous propose d'être un vil destructeur, pour notre plus grand plaisir. S'il n'est pas exempt de certains défauts, on passera outre pour se délecter de cette bonne dose de violence gratuite.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 19/20

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Infos jeu

  • Editeur : Electronic Arts
  • Développeur : Bullfrog
  • Type : Stratégie
  • Multijoueurs : 1 à 4
  • Sortie France : 1997
  • Existe aussi sur :
    Dungeon Keeper - Android Dungeon Keeper - iPhone/iPod
Mots-clefs : Donjon Keeper