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Test : Le Parrain 2
PS3

Comme il le fit pour le premier volet de la célèbre trilogie, Electronic Arts s'est attaché à adapter Le Parrain 2 sur nos machines. D'une richesse inépuisable, l'œuvre de Coppola est une bonne occasion de prouver qu'exploiter une telle licence peut se faire autrement qu'en suivant scrupuleusement les faits du long métrage. Ainsi, vous n'êtes pas Michael Corleone mais bien Dominic, un Capo promis à une destinée exceptionnelle.

1958. En plein contexte de révolution cubaine, Michael Corleone, en délicate posture puisque cible privilégiée d'une commission du Sénat fait appel à vous pour chapeauter les affaires de la famille en son absence. Vous incarnez donc Dominic, un avatar dont l'apparence vous incombe intégralement après avoir passé quelques minutes dans l'éditeur qui vous permet de définir son physique et son style vestimentaire. Evidemment, les possibilités sont réduites, ne pensez pas créer un afro-américain en baggy ou un surfeur en short hawaïen. L'époque et le background imposent un style mafieux qui se concrétisera à coups de peigne et de costards soigneusement repassés. Al Pacino toujours réfractaire à voir son petit minois modélisé dans une adaptation vidéoludique, vous devrez composer sans lui dans Le Parrain 2. Pas de quoi nuire à l'immersion cependant puisque les événements du film sont habilement relatés en même temps que la progression s'autorise à faire de votre personnage un Don qui n'existe pas dans l'œuvre originale. De Cuba à Miami en passant par New York, votre famille va s'affairer à imposer une image de durs à cuire en prenant le contrôle de toutes les sources de revenus générées par des commerces parfois légaux, parfois beaucoup moins.

Les explosions, à l'inverse de la technique générale du jeu, sont plutôt réussies.

Vous l'aurez compris, Le Parrain 2 ne suit pas la courbe classique des GTA-Like qui content la montée en puissance d'une jeune recrue, d'un immigré, d'un personnage de base plus ou moins méconnu. Il met en avant un leader, un patron, quelqu'un qui prend des décisions et qui n'attend pas qu'elles lui soient dictées par un supérieur ou par le jeu. Dominic prospecte, recrute, compose son équipe, il choisit ses cibles et la manière utilisée pour les faire tomber. Habile avec une arme, il n'en est pas moins un fin stratège. D'ailleurs, la communication d'EA dans la promotion de cette suite s'est faite autour de la nature du Parrain 2, promise comme un mélange de RPG et de STR. Il faut bien avouer qu'avec toute la bonne foi qui nous anime, il était compliqué d'imaginer que la suite d'un GTA-Like ne soit pas un autre GTA-Like. Bingo. S'il fait l'effort de s'ouvrir à autre chose qu'à un enchaînement de missions, Le Parrain 2 demeure un jeu d'action dans l'âme et un concurrent direct aux GTA IV, Saints Row et compagnie. La comparaison devra tout de même s'arrêter là puisque l'univers du jeu lui donne un style inimitable et qui n'imite aucun autre. Le fameux côté stratégie loué par les communiqués de presse que nous lisions avec circonspection tourne en réalité autour de deux mécanismes que les développeurs ont voulus légèrement différents du GTA-Like comme on l'imagine.

Les maps peuvent être consultées en vue de dessus, ou en 3D, au choix.

Premièrement, lorsqu'il vous faut défendre des territoires vigoureusement acquis, il n'est pas nécessaire de multiplier les allers-retours en ville. En effet, les membres de votre famille, recrutés par vos soins, pourront s'en charger si vous leur en donnez l'ordre. Libre à vous d'envoyer un, deux, trois ou plus, jusqu'à la totalité de vos soldats empêcher une famille rivale de convaincre des tauliers de leur verser le bénéfice d'un commerce. Libre à vous également de n'en envoyer aucun et de les garder sous le coude, ce qui est possible dans la mesure où vous payez déjà un certain nombre de gardes, là aussi, en fonction de vos souhaits, à résister aux assauts adverses. Au début de l'aventure, la tentation de laisser des gardes s'en occuper sera importante dans la mesure où vous n'aurez pas débloqué la possibilité de recruter plus d'un ou deux membres de votre famille. Il faut aussi composer avec une contrainte importante, à savoir que vous ne pouvez pas vous déplacer avec plus de trois subordonnés simultanément. Cela dit, si l'effet immédiat est de limiter le nombre de bras disponibles durant les gunfights, les développeurs ont pensé à permettre au joueur de faire appel à tout moment au membre de son choix. Ainsi, s'il vous manque un démolisseur ou un incendiaire pendant une attaque, il vous suffit simplement de demander à l'un de vos hommes de lui céder la place et il débarquera en moins de deux.

Pour faire parler ce genre d'individu, une petite séance d'intimidation suffit toujours.

Secondo, l'évolution de Dominic se fait tout autant par votre volonté que naturellement. En effet, ici, l'argent glané sur les dépouilles des autres familles, en récupérant des commerces ou en forçant des coffres ne sert pas à garnir votre arsenal mais bien à faire progresser votre personnage. Les armes sont gratuites et disponibles dans vos domaines mais les compétences du héros s'entassent moyennant une contribution pécuniaire. Ainsi, via une dizaine de caractéristiques, il est possible de "leveler" de sorte à, par exemple, accélérer sa restauration de vie, améliorer sa précision au tir ou de diminuer l'impact des coups qu'il encaisse. Là où le principe est poussé à son paroxysme, c'est qu'il fonctionne aussi pour tous les membres de votre famille. Pour ainsi dire, toutes vos liquidités passent dans l'achat de compétences qui vont rendre vos compères plus solides et plus efficaces. Le joueur est alors libre de faire évoluer qui il veut, dans le domaine où il juge que son cogneur ou son mécanicien doit progresser. Car chaque employé possède une spécialité. L'un est capable de forcer des coffres ou des portes, l'autre de poser des bombes, un autre servira de toubib... A vous de constituer l'équipe la plus complète et homogène en faisant les choix qui s'imposent lorsque deux ou trois gardes se présenteront comme des recrues potentielles ou en donnant des promotions aux plus méritants. Quand on vous dit que le Don a beaucoup de pouvoir...

Si les gunfights sont un calvaire à cause des caméras et du système de couverture, la visée est assez précise.

Dominic doit également cumuler les casquettes de stratège et de comptable. L'équilibre entre les recettes et les dépenses n'est en effet pas toujours aisé à trouver. Si vous embauchez trop de gardes, vos revenus ne couvriront plus leurs salaires, vous ne ferez plus de bénéfices et vous serez contraint d'en renvoyer une ribambelle. A l'inverse, miser sur un effectif restreint revient à prendre le risque de perdre des commerces et donc, des sources de revenus. Il est alors vital de savoir trouver de l'argent ailleurs qu'en blanchissant de petits billets verts. Par exemple, il est possible, en se promenant dans la rue, de proposer vos services à un PNJ. En échange de votre aide, il pourra, soit vous renseigner sur la manière d'atteindre les hommes influents des familles ennemies, soit vous récompenser financièrement. Un appui précieux qui sert à la fois de missions annexes et d'assistance de poids dans votre quête de monopoles. Vous le constatez, Le Parrain 2 est donc, dans le fond, un jeu assez riche. En revanche, la forme est un peu moins clinquante. En plus d'être techniquement bâclé, malgré une identité visuelle incontestable, le titre souffre de quelques maux qui nuisent au plaisir de jeu.

La conduite manque cruellement de souplesse et de nervosité.

Tout d'abord, il faut composer avec une caméra unique et qui ne se replace pas d'elle-même, ce qui a tendance à pourrir les gunfights et les déplacements dans des espaces étriqués. De plus, Dominic n'est pas forcément agile, ses mouvements étant particulièrement limités. Incapable de sauter, le héros peine tout autant à profiter d'un système de couverture particulièrement bancal. Pour parvenir à s'abriter, il faut réunir trop de conditions à tel point que l'on n'use de ce mécanisme qu'à de très rares exceptions. La conséquence directe est que les gunfights censés être pêchus, perdent énormément en intensité. La visée est heureusement irréprochable mais la robustesse de vos ennemis conduit à vider des chargeurs entiers pour les refroidir. En revanche, les attaques au corps à corps et les exécutions sont d'une redoutable efficacité. A vous de matraquer votre ennemi de coups avant de le tuer en lui plantant par exemple une barre de fer entre les deux yeux, en lui tirant une balle dans la tête lorsqu'il est à genoux, en le balançant du haut de trois étages ou en l'étranglant au fil. D'une rare violence mais ô combien jouissif ! La conduite quant à elle est bridée par la faible puissance des voitures des années 50, dépassant difficilement les 100 km/h. Du coup, les rares courses-poursuites avec la police sont d'une mollesse record. Une police qui fait d'ailleurs preuve d'une grande crétinerie et qu'il n'est pas compliqué de semer, malgré la taille très limitée des trois maps.

Bienvenue à Miami, l'un des trois lieux du jeu avec New York et Cuba.

Car oui, il y a bien trois maps dans ce Parrain 2. Cuba, Miami, New York, trois lieux majeurs de ce second épisode. Trois maps différentes, pour trois atmosphères bien distinctes, cela paraît énorme mais on se rend rapidement compte qu'en les mettant bout à bout, on obtient péniblement un terrain de jeu égal à la moitié d'une île de GTA IV, pour comparaison. Si le premier voyage de Cuba à New York est imposé, il vous est par la suite possible de voyager à votre guise en vous dirigeant vers l'aéroport et le temps d'un écran de chargement, vous aurez posé pied à terre dans l'un des trois lieux. Quoi qu'il en soit, le modèle 3D de chaque carte permet, dans le menu pause, de localiser facilement n'importe quel commerce de la ville et de constater en un coup d'œil des lieux sous contrôle et ceux qui restent à conquérir. Car le but ultime ne varie jamais : dépouiller les familles ennemies de tous les commerces qu'elles contrôlent pour les retrancher dans un lieu unique où vous lancerez une attaque finale.

Les exécutions sont d'une rare violence et varient en fonction de l'arme utilisée.

Le Parrain 2, c'est aussi un multijoueur en ligne qui vous permet d'affronter jusqu'à 15 joueurs simultanément. On dénombre quatre modes de jeu. Les matches à mort par équipe consistent, avec vos alliés, à tuer tous les membres de l'équipe adverse dans des rixes interminables. Dans le mode Assaut, vous devez faire appel à votre démolisseur et être le premier à détruire trois objectifs en territoire ennemi. En mode Pyromane, il faut gagner des coefficients multiplicateurs en mettant le feu à des matières particulièrement propices à créer des explosions : barils de poudre, cuves de mazout, gaz propane... Une bonne connaissance de la map permet de trouver plus rapidement que son adversaire les éléments clés et ainsi, d'obtenir un meilleur score. Enfin, en mode Cambrioleur, vous vous emparez d'un coffre et devez simplement le conserver aussi longtemps que possible, là aussi, dans le but de marquer toujours plus de points. Au final, le multi n'est pas sans intérêt, loin de là, mais n'atteint pas l'exhaustivité espérée. Tout juste de quoi compenser l'absence d'un mode coop hors ligne.

Les notes
  • Graphique 13 /20

    Le jeu transpire les années 50 et permet un dépaysement jubilatoire entre les révolutionnaires de Cuba, les gratte-ciel de New York et les palmiers de Miami. Si l'ambiance est parfaitement assurée grâce à un travail réussi sur les looks des différentes familles, la technique plombe sérieusement les graphismes. On digère assez vite l'aliasing mais le clipping est monstrueux, chaque élément apparaissant dans un éclair qu'on n'a même pas essayé de dissimuler. Que dire des ralentissements dont on est régulièrement victime alors que rien ne les justifie... En étant plus fin, plus fluide et surtout mieux optimisé, Le Parrain 2 nous aurait laissé bien meilleure impression.

  • Jouabilté 13 /20

    Tantôt pêchu et intense, tantôt mou et rigide, le gameplay alterne le bon comme le moins bon. Si un travail évident a consisté à rendre extrêmement violentes et jouissives les exécutions, la plupart des animations de Dominic sont sommaires, au point de le voir tomber à pic d'un toit, droit comme un piquet, pour se réceptionner sans aucune difficulté. Bénéficiant d'une visée agréable, d'un choix d'armes de poing et d'armes à feu vraiment exhaustif, Le Parrain 2 souffre d'un système de couverture archaïque et d'une conduite manquant de souplesse. Enfin, si l'IA alliée sait vous venir en aide avec efficacité, les caméras font tout pour que vous échouiez.

  • Duree 13 /20

    Comptez une douzaine d'heures pour voir le bout du solo dont l'essentiel consiste sans doute un peu trop à répéter les attaques contre des familles défendant leurs commerces. Heureusement, Le Parrain 2 est très riche et se présente comme un GTA-Like moins linéaire que la concurrence. Profitant d'une grande liberté dans ses choix, le joueur apprécie de pouvoir créer et faire évoluer sa famille comme bon lui semble sans perdre de vue les objectifs liés à la quête principale. En plus de cela, on dispose d'un multijoueur qui, sans vraiment marquer, sait se rendre fun à 16 joueurs en ligne.

  • Son 16 /20

    Les musiques d'époque et les doublages français sont un pur régal. En plus de profiter de voix bien connues du cinéma contemporain, on se délecte de chaque intervention des membres de la famille Corleone ou des passants réfléchissant à voix haute dans la rue. Des remarques cultes du genre "Les guerres, ça va, ça vient... Ca fait de la place" aux grandes réflexions politiques "Il est bien ce Martin Luther truc...", il y en a pour tous les goûts. Sans aucun doute, l'aspect sonore est la plus grande réussite de ce second volet.

  • Scénario 15 /20

    Tout en suivant les grandes lignes du long métrage, les développeurs se sont permis d'aménager la trame de sorte à ce qu'elle mette en avant le personnage de Dominic. Avec un tel profil, l'adaptation est réussie et se présente comme un bon compromis entre références inévitables et liberté de progression.

Le Parrain 2 saura aisément tenir en haleine les joueurs qui ont goûté et aimé le premier volet. Plus qu'une digne suite, il parvient à nous faire oublier les limites concédées par son aîné en termes de liberté d'action. Pourtant, ce titre n'a pas que des qualités puisqu'il souffre notamment d'une réalisation bâclée et d'un gameplay que l'on aurait souhaité moins inégal. Mais loin d'être le traditionnel héros quasi passif, le joueur est propulsé à la tête d'un règne qu'il lui incombe de sauvegarder en écrasant la pègre new-yorkaise entre deux voyages à Cuba ou en Floride. Difficile de ne pas se sentir un Corléone après une telle aventure.

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Journaliste de jeuxvideo.com
09 avril 2009 à 17:36:45
14/ 20
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Mis à jour le 09/04/2009 Voir l'historique
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