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Test : Runescape
Web

Saviez-vous que Runescape est le deuxième MMORPG le plus joué dans le monde, juste derrière World of Warcraft ? Fort de 5 millions de joueurs permanents, dont 1 million d'abonnés, le jeu web de Jagex fête déjà ses huit ans d'existence ! Il revient à cette occasion sous les feux de la rampe, avec une actualité qui nous concerne plus particulièrement : la mise à disposition, depuis le 11 décembre dernier, de serveurs français entièrement localisés. Du coup, Runescape connaît un engouement retrouvé, que nous allons tenter de comprendre.

Sachez pour commencer que Runescape ne nécessite ni téléchargement ni installation et qu'on peut y jouer via n'importe quel navigateur internet compatible Java. Il ne demande donc qu'une faible configuration matérielle et peut être joué partout : c'est d'ailleurs, selon les frères Gower fondateurs de Jagex, l'explication principale de son immense succès. Depuis ses débuts en 2001, le jeu a subi de nombreuses améliorations. Rien qu'en 2008, il aura connu trois bouleversements majeurs : la sortie de la version détaillée en juillet, suivie par l'ouverture de serveurs PvP en octobre puis par la traduction française du jeu en décembre. De quoi motiver le retour des joueurs qui l'avaient déserté, mais aussi l'arrivée en masse d'un plus large public, attiré par sa renommée tout autant que par sa gratuité (partielle, comme nous allons le voir). Mais dans le fond, que vaut Runescape ? Adulé par les uns, décrié par les autres, c'est un jeu sympathique et potentiellement addictif, mais englué dans les plus insolubles contradictions.

Le tutorial vous apprend à utiliser les compétences de base, comme la coupe du bois.

La première de ces contradictions tient à sa réalisation, et plus particulièrement à son aspect graphique. Qu'on se le dise : malgré les améliorations apportées par la version détaillée, Runescape reste visuellement repoussant. Certes, le jeu bénéficie désormais de modèles 3D mieux polygonés et même texturés dans leur grande majorité. Mais l'ensemble manque encore cruellement de finesse ; l'animation des personnages, notamment, fait toujours autant peine à voir. Pourtant, si l'on considère l'espace de deux secondes qu'il ne s'agit "que d'un jeu web", la performance saute aux yeux : ce monde ouvert, non instancié, bénéficiant d'environnements variés et détaillés, pouvant accueillir des milliers de joueurs simultanés sans aucun lag, représente d'un point de vue technique la crème des jeux de rôle par navigateur. Le problème, est que Runescape, dans sa propension à vouloir se faire aussi gros que le boeuf, souffre fatalement de la comparaison avec les MMORPG avec client. Le rendu isométrique dont il devait disposer à l'origine lui aurait sans doute permis d'éviter cette comparaison ainsi que les liftings graphiques nécessaires pour vieillir moins vite.

Vous disposez de plusieurs types d'attaques, permettant de monter des compétences différentes.

La deuxième paradoxe réside dans la jouabilité. La grande force de Runescape tient dans son gameplay simple et accessible. Le jeu ne propose pas de classes, mais un système de compétences à monter librement ; la phase de création de personnage se limite donc à son aspect physique. Un mini-tutorial enseigne l'utilisation de la plupart desdites compétences. Ceci fait, on se rend compte que l'univers propose une grande source d'interactions possibles, effectuables le plus simplement du monde : un clic sur un ennemi revient à l'attaquer, le même clic sur un PNJ permet d'entamer la conversation et si vous êtes muni de l'outil adéquat, un clic sur une ressource (arbre, mine, vache laitière...) suffit pour la récolter. Pourtant, à côté de ça, Runescape souffre d'une maniabilité old-school assez irritante : déplacement à la souris particulièrement lent (l'option de course est éphémère), rotation de la caméra au clavier pénible à la longue, interface souffreteuse (menus confus, impossibilité d'ouvrir plusieurs fenêtres en même temps, map peu pratique...). L'affluence sur les serveurs nuit par ailleurs à la lisibilité de l'action : il est souvent difficile de distinguer un joueur d'un simple PNJ. Bref, le gameplay simple est desservi par une maniabilité peu commode.

L'affluence de joueurs aux costumes bariolés empêche de distinguer clairement les PNJ.

Autre contraste : celui entre le système de jeu et ce qui en est fait par les joueurs. A la base, Runescape est un MMO "sandbox", dans lequel il est possible d'interagir avec la quasi-totalité des éléments du décor, permettant de monter les compétences que l'on désire. Ce système de jeu et les possibilités d'artisanat et de métiers qui en découlent évoquent Ultima Online. On peut par exemple décider de faire carrière dans la vente de poulets rôtis : après avoir occis suffisamment de volatiles, il suffit de les mettre à cuire sur un feu de camp allumé à l'aide d'un briquet et de quelques branches coupées ; il est alors possible de les stocker dans sa demeure ou d'aller les vendre au marché local. Formidable base au roleplay, l'univers de Runescape regorge de possibilités de ce genre. Hélas, la majorité des joueurs, jeunes pour la plupart, l'ont abordé autrement, se fixant le but de monter leurs compétences au niveau 99 afin de déterminer qui a la plus grosse (il existe un niveau global, issu d'un savant calcul impliquant plusieurs compétences tournées vers le combat). Monter une compétence au niveau maximum est un travail de longue haleine, mais cela ne dissuade pas ces joueurs de farmer à satiété, négligeant trop souvent les interactions sociales et les possibilités de roleplay offert par le jeu.

La possibilité de farfouiller un peu partout est un des aspects séduisants de Runescape.

La contradiction suivante émane de l'univers même de Runescape. En dépit de la présence de quelques éléments de background et d'une mythologie assez fouillée, le monde reste sacrément générique et quelque peu "neuneu" dans son approche du genre médiéval fantastique. Entre les noms de lieux (la tour des mages, la cave des brigands, le château des chevaliers blancs, l'île du dragon rouge...), l'aspect Playmobil des personnages et la teneur naïve des dialogues ("je cherche une quête" ; "ah, ça tombe bien, j'en ai justement une à confier !"), on a l'impression de s'adonner au MMORPG pour les Nuls. Et pourtant, il faut savoir que Runescape offre des quêtes d'une qualité bien supérieure à ce qu'on a l'habitude de voir dans le genre : échappant à la trinité infernale kill/drop/coursier, elles sont prenantes et pas toujours faciles à mener à bien. Le monde foisonne également de tâches et de mini-jeux divers et variés, bénéficiant souvent d'un humour décalé et rafraîchissant. Sous son allure simpliste, le jeu est donc intéressant et pas forcément simple, surtout si l'on considère cette mort typiquement old school qui prive le joueur de la majorité de ses possessions.

Si vous ne vous abonnez pas, de trop nombreux personnages vous répondront la même chose.

Dernier des paradoxes inhérents à Runescape, mais non le moindre : son modèle économique. Gratuit à la base, le jeu voit son contenu bridé (sans doute à l'excès) aux non-abonnés. Quelques chiffres devraient vous éclairer : seul 30 % du monde est accessible, 18 quêtes sur 148 peuvent être effectuées et 1000 objets sur 8000 récupérés. Plus grave sans doute, un non-membre ne peut monter que 15 compétences sur les 24 disponibles : il lui est impossible de façonner ses flèches, de se construire une maison, de s'adonner au vol à la tire... Bref, les possibilités lui sont sacrément restreintes. A tout moment, il peut débloquer l'intégralité du contenu moyennant un abonnement de 6 euros/mois. Bref, entre jouer gratuitement à un jeu bridé et s'acquitter d'une petite somme mensuelle pour en profiter à fond, le choix n'est pas simple et ne sera pas du goût de tout le monde. Heureusement, les non-membres comme les membres ont la possibilité de s'adonner au PvP sur les nouveaux serveurs prévus à cet effet (dont un français) : les joueurs qui avaient été déçu par la disparition de la zone de PvP sauvage (dans le Wilderness) pourront à nouveau s'adonner à leur loisir favori. Voilà peut-être un argument décisif pour ceux qui hésitaient encore à tenter l'aventure.

Les notes
  • Graphique 8 /20

    Obsolète dans l'absolu mais plutôt convaincante pour un jeu web, la plastique de Runescape souffre surtout d'un aspect artistique bien trop impersonnel, source du vieillissement accéléré de ses graphismes 3D. A côté de ça, le peuplement prononcé des serveurs et l'aspect bigarré des tenues des personnages nuisent à la lisibilité et font parfois mal aux yeux.

  • Jouabilté 9 /20

    Le gameplay simple et bien pensé de Runescape le rend accessible à un large public, et plus particulièrement à ceux qui voudraient s'initier au genre. Dommage que le jeu soit aussi bridé dans sa version gratuite. Il souffre en outre d'une maniabilité irritante et d'une interface en tous points perfectible.

  • Duree 13 /20

    Difficile d'évaluer un tel paramètre sur un jeu comme Runescape. Disons que la durée de vie dépend de l'adhésion à la fois morale et financière du joueur : il est clair que les joueurs gratuits ont beaucoup moins à se mettre sur la dent et que la répétitivité et la lassitude se feront ressentir plus fortement chez eux.

  • Son 6 /20

    Les thèmes musicaux en format midi sont très inégaux : certaines mélodies sont agréables, d'autres tout simplement insupportables. En ce qui concerne les bruitages, le constat est moins tempéré : c'est une catastrophe intégrale qui nous ramène plus de vingt ans en arrière.

  • Scénario 12 /20

    Le background succinct et la mythologie qui l'accompagne sont de peu de poids devant l'aspect générique de l'univers. Heureusement, l'humour omniprésent relève la sauce et le jeu a le mérite de proposer des quêtes d'une qualité réelle, loin du bashing de monstres ou des tâches de coursier que l'on trouve habituellement dans le genre.

Jouer à Runescape permet de regarder dix ans en arrière et de comprendre ce que le genre du MMORPG a gagné et perdu dans l'intervalle. Difficile, aujourd'hui, de composer avec une réalisation aussi datée et une maniabilité aussi douloureuse. Par contre, l'univers vivant, fouillé et regorgeant de possibilités d'interactions est mis au service d'un système de jeu qui laisse toute latitude pour construire son personnage : une qualité particulièrement appréciable. Il faudra toutefois, pour profiter de toutes les possibilités offertes par Runescape, s'acquitter d'un abonnement mensuel, ce à quoi beaucoup de joueurs seront sans doute réfractaires. Toujours est-il que le succès de ce jeu de rôle massivement multijoueur par navigateur paraît, à de nombreux égards, bien compréhensible.

Profil de pixelpirate
L'avis de pixelpirate
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
02 janvier 2009 à 17:48:04
13/ 20
Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (147)
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16/ 20
Mis à jour le 02/01/2009 Voir l'historique
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