Phoenix Wright : Ace Attorney : Trials and Tribulations

Test Nintendo DS

On commence à en avoir l'habitude et pourtant on ne s'en lasse jamais. La série des jeux d'enquêtes Phoenix Wright fait un retour attendu au tournant par les fans en proposant son troisième volet, alors que le quatrième est déjà disponible. Pour d'obscures raisons, Capcom a en effet choisi de sortir les jeux dans le désordre. Considéré par beaucoup de joueurs comme le meilleur épisode de la première trilogie, Trials and Tribulations s'offre à nous le temps de cinq enquêtes reprenant les ficelles des titres précédents. Un épisode indispensable pour tous ceux qui ont suivi la série, sans objection aucune.

Cinq mois après la sortie du quatrième volet des Ace Attorney, nommé Apollo Justice, Capcom se décide enfin à nous livrer le volet conclusif de la trilogie Phoenix Wright. Trials and Tribulations arrive donc dans nos DS avec un peu de retard, mais les fans de la première heure sauront sans aucun doute apprécier de retrouver leur avocat préféré. Quant à ceux qui sont passés à côté des deux premiers volets, ils sont fortement invités à les achever avant de se lancer dans celui-ci. Les clins d'oeil sont en effet nombreux et le jeu contient bon nombre de personnages aussi bien principaux que secondaires des opus précédents.

Dans les faits vous incarnez Phoenix Wright, un jeune avocat exerçant son métier pour la troisième année consécutive. Votre but est de défendre des cas qui au premier abord paraissent désespérés mais qui, grâce à vos déductions et vos enquêtes, se révéleront tout à fait défendables. Contrairement aux deux épisodes précédents, ici adieu le Phoenix peureux, accueillons chaleureusement un avocat un poil plus sûr de lui. Vous êtes entouré d'une myriade de personnages issus des deux chapitres précédents qui eux aussi ont évolué et tiennent une place prépondérante dans les nouvelles intrigues. En vrac nous pouvons citer Maya, Mia, Pearl, l'inspecteur Dick Tektiv ou encore ce bon vieux juge, fidèle au poste. D'autres seconds couteaux ressurgissent également, mais laissons la primeur aux joueurs invétérés de les (re)découvrir. Le but du titre n'a pas changé d'un iota : au cours d'une aventure textuelle, il vous est demandé de résoudre des affaires plus ou moins compliquées et ça, d'une main de maître. Au bout du troisième épisode votre réputation n'est plus à faire et les clients viennent justement vous voir grâce à votre renommée.

Le système de jeu est simple et efficace. Sur l'écran supérieur défilent les images illustrant l'enquête en cours ainsi que les dialogues les accompagnant. L'écran du bas vous permet de faire défiler le texte et d'afficher également votre inventaire ou d'effectuer toute autre action contextuelle. Les nouveautés apparues dans Apollo Justice : Ace Attorney, comme la vue 3D des indices, ont disparu car rappelons que même s'il sort après, Trials and Tribulations précède en fait Appollo Justice dans la chronologie de la série. L'histoire est découpée en cinq enquêtes (quatre si l'on considère que la quatrième enquête n'est que le prélude de la cinquième) qu'il vous faut résoudre dans l'ordre, celles-ci devenant de plus en plus longues et complexes. Elles se déroulent plus ou moins toutes de la même façon et se découpent en deux phases distinctes. D'une part les enquêtes dans lesquelles vous devez rassembler les preuves, trouver des témoins et les interroger. D'autre part le procès où vous allez devoir confondre le coupable en dénichant les failles dans les déclarations afin de faire acquitter vos clients. Comme d'habitude la première enquête est assez courte et fait office de tutorial pour apprendre les bases aux novices. On se retrouve face à notre punching-ball de toujours, Me Boulay qui est là pour s'en prendre plein les dents. L'enquête qui ouvre Trials and Tribulations se situe dans le passé, cinq ans avant les évènements du premier opus et nous fait incarner Mia Fey, le mentor aujourd'hui décédé de Phoenix, que nous devons d'ailleurs défendre lors d'une sombre histoire de meurtre.

Le Magatama et les verrous-psychés sont de retour et ajoutent du piment aux enquêtes. Le premier est une pierre magique faisant apparaître des cadenas symbolisant les obstacles que vos interlocuteurs dressent entre vous et les informations qu'ils détiennent. À vous de les faire sauter en leur amenant les preuves irréfutables nécessaires au déliement des langues. Une jauge d'erreur sur l'écran se videra si vous apportez la mauvaise preuve, tandis qu'elle se remplira allègrement si vous brisez les verrous-psychés. Au cours du procès, une jauge d'erreur similaire est présente et se videra plus ou moins en fonction des erreurs de jugement que vous ferez. Trials and Tribulations est donc une excellente conclusion à la saga Phoenix Wright et nous livre une aventure de longue haleine levant le voile sur bien des mystères. La présence d'un nouveau procureur charismatique qui semble connaître notre héros nous pousse à tenter d'en savoir plus. Entre quinze et vingt heures de jeu sont nécessaires pour boucler le titre, ce qui est plutôt raisonnable et semblable à ses aînés. Il va sans dire que nous tenons là un très bon titre qui saura combler les attentes des joueurs.

Ben, le 06 octobre 2008