Dream of Mirror Online

Test PC

Les MMORPG Free to play (téléchargeables gratuitement et jouables sans abonnement) se font de plus en plus nombreux sur le marché, signe de la viabilité des modèles économiques basés sur un item shop. Les grands gagnants, ce sont les joueurs, qui bénéficient d'un choix de plus en plus large en la matière. Bien que non localisé, Dream of Mirror Online, disponible sur le portail européen Gametribe, rencontre un succès que nous ne pouvions ignorer.

Dream of Mirror Online (DOMO de son petit nom) vous entraîne dans un univers qui s'inspire des légendes de la Chine ancestrale, et plus particulièrement celles relatives au Miroir de Kunkun. Il s'agit d'un artefact conçu à l'origine pour sauvegarder, en les reflétant, les créations du monde réel. Bien que veillé par Douze Rois, le Miroir de Kunlun a commencé à dysfonctionner : le monde parallèle qu'il régit n'est plus le reflet du monde réel ; de nouvelles formes de vie étranges commencent à y apparaître. Vous êtes donc sollicité, dès votre entrée dans le jeu, par un des Douze Rois, qui vous confie pour mission de rétablir l'équilibre des reflets.

La phase de création de votre personnage vous propose de choisir entre quatre races : les Félins sont taillés pour le combat, les Sprites compensent leur petite taille par leur dextérité, les Sylphes excellent dans les arts magiques et les Humains sont, comme d'habitude, les plus polyvalents. La personnalisation de votre avatar n'est pas très poussée, mais au moins pourrez-vous modifier sa morphologie et lui choisir une belle coupe de cheveux. Vos premiers pas dans l'univers de DOMO annoncent la couleur : le jeu sera (justement) très coloré, très sucré, très "kawai". Le style visuel est un mélange de cel shading pour les personnages, au design très manga, et de textures cartoonesques à la World of Warcraft pour les environnements. Bien qu'il facilite l'intégration des personnages dans le décor, l'aspect technique du jeu déçoit, la 3D souffrant d'un cruel manque de polygones. Mais le charme finit par opérer en raison d'une dimension artistique réussie. De toute manière, il ne faut pas avoir de problème avec les cochons volants ou les grenouilles géantes pour apprécier DOMO : le bestiaire semble en effet tout droit sorti du Voyage de Chihiro.

Il est d'autant plus regrettable que l'univers soit si générique et dénué de personnalité. Chemins forestiers, lacs paisibles et canyons escarpés se succèdent sans jamais vous surprendre. La plupart des zones qui constituent le monde de DOMO souffrent surtout d'un level design fort peu convaincant : exit les parcs à monstres typiques du genre, et bonjour les couloirs à monstres à la Granado Espada (pour ne pas citer Guild Wars). Il est en effet impossible de gravir les collines ou d'aller batifoler dans l'eau, le jeu restreignant souvent votre soif d'exploration à des chemins truffés de créatures de toutes sortes. Sans doute ce level design décevant était-il destiné à justifier la présence d'une fonction de vol : accessible dès le niveau 15, elle vous permet de fendre les airs en chevauchant votre arme. Mais là encore, la liberté n'est qu'illusoire, étant donné que vous ne pouvez atterrir qu'à certains endroits balisés et qu'il est impossible de parcourir l'univers de DOMO d'une seule traite, celui-ci étant découpé en plusieurs zones reliées par des portails. L'option devient donc beaucoup plus anecdotique que dans un Fly for Fun.

En dépit d'un univers qui risque de vous laisser sur votre faim, DOMO parvient à procurer un vrai plaisir, qui tient essentiellement, comme dans bon nombre de MMO asiatiques, dans le développement de votre personnage. Vous débutez en tant que simple citoyen, mais avez la possibilité, une fois le niveau 10 atteint, de choisir une des douze professions proposées par le jeu : Swordsman, Doctor, Shaman, Thief, Martial Artist, Hunter, Mercenary, Musician, Wizard, Fencer, Dancer et Merchant. Il faudra pour cela vous acquitter d'une petite quête spécifique à chaque classe. Pour donner un exemple, mon personnage ayant choisi d'être mercenaire s'est vu proposer une tâche originale : maîtriser trois armes différentes en combattant suffisamment longtemps avec chacune d'entre elles pour faire baisser leur durabilité. A l'instar d'autres jeux du genre, DOMO donne la possibilité de changer de profession à tout moment pour tenter d'en monter une nouvelle, tout en conservant certains bénéfices de la précédente. Cette possibilité de mixer les classes donne une latitude importante au développement de votre personnage.

Cette liberté compense en partie le nombre restreint de compétences liées à chaque profession, qui aurait tendance à rendre les combats quelque peu répétitifs. Ces derniers se résolvent de façon très simple : il suffit de cliquer sur un ennemi pour voir votre personnage l'attaquer à répétition. Chaque coup porté avec succès fait monter une jauge de combo, vous permettant une fois pleine de déclencher un coup spécial. Vous pouvez également utiliser les compétences de classe mentionnées plus haut, mais seulement de temps en temps, car elles disposent un cooldown plus ou moins long et vident progressivement votre réserve de MP (points de magie). Notez qu'en effectuant une quête spécifique ou en allant dépenser quelques deniers dans l'item shop, vous pouvez bénéficier d'un familier susceptible de vous apporter un soutien bien utile dans les combats. Car s'il reste possible de soloter dans DOMO, il est fortement conseillé de jouer en groupe. J'ai eu le malheur, à titre personnel, d'aller affronter seul le Flying Frog King, passage obligé dans la fameuse quête du vol. Ce fut l'occasion de ma première mort et de la perte d'expérience qui lui est liée.

En réalité, et c'est là son originalité principale, DOMO tente régulièrement de vous extraire de vos longues séances de grind solitaire pour vous obliger à tisser des liens sociaux. Tout, ou presque, est fait pour vous inciter à interagir avec les autres joueurs. Former un groupe est obligatoire pour certaines quêtes et conseillé pour les autres, tant les différentes classes du jeu sont vraiment complémentaires. Il vous est également possible d'établir avec les autres joueurs différents types de relations : amis, maître et disciple ou amants. Chacune procure des avantages concrets qui sauront vous convaincre de faire le premier pas vers l'autre. Bien entendu, il vous est également possible de fonder des guildes. Certains argueront que les possibilités de relations hostiles sont beaucoup moins développées (je pense notamment au mode pvp anecdotique), mais c'est l'esprit du jeu qui veut ça. Notons enfin que le système d'artisanat nécessite lui aussi des interactions entre joueurs : six métiers de récolte différents sont proposés (Meditation, Fishing, Forestry, Farming, Mining et Herding) mais il est indispensable de se spécialiser dans l'un d'eux et de faire appel aux autres si besoin.

Les matériaux récoltés sont des ressources indispensables pour qui s'adonne à l'alchimie. Cette science permet de crafter ses propres potions, armes ou équipements à partir des recettes trouvées sur les monstres ou dans des jarres bleues disséminées çà et là. Le système, peu complexe, permet de produire une vaste palettes d'objets de très bonne facture. Les matériaux récoltés servent aussi à upgrader votre arme : celle-ci acquiert de l'expérience parallèlement à la vôtre, et peut être améliorée une fois un certain quota d'XP atteint. Vous pouvez aussi la booster en lui associant des pierres magiques nommées Onyx (très recherchées), mais cette dernière option nécessite hélas d'avoir recours à l'item shop. Il faudrait encore quelques paragraphes pour évoquer l'ensemble des possibilités de Dream of Mirror Online. Mais je préfère vous les laisser découvrir par vous-même. Car malgré ses quelques défauts, ce MMO dispose de suffisamment d'atouts pour mériter votre attention, sa gratuité n'étant que la cerise sur le gâteau. A noter qu'il est en anglais mais qu'un patch de traduction de l'interface en français peut être facilement trouvé sur le net.

Pixelpirate, le 26 septembre 2008