Mercenaries 2 : L'Enfer des Favelas

Test Playstation 2

Déjà naufragé sur Xbox 360, PS3 et PC, on doutait que Mercenaries 2 puisse briller dans sa version PS2, qui plus est confiée à un autre studio de développement. Une production digne d'un jeu budget qui ne mérite guère qu'on s'y attarde.

Mercenaries 2 sur PS2 est donc un jeu vaguement différent des autres versions. Vaguement parce que dans l'esprit, il reste identique (oui bon, attendez, j'ai pas fini), ce qui change c'est évidemment l'aspect technique mais également l'architecture du jeu. Le level design change donc un poil même si on retrouve les mêmes lieux mais surtout certaines missions passent à la trappe. Ce qui était la troisième du jeu original devient la première et ainsi de suite, laissant la durée de vie réduire comme peau de chagrin. Pour le reste, on retrouve le même concept de jeu ouvert dans lequel vous choisissez d'incarner l'un des trois mercenaires du jeu parti en quête de vengeance après avoir été trahi par l'un de ses employeurs. La progression reprend le système de factions pour le compte desquelles vous devrez remplir diverses missions en échange d'informations sur votre cible principale et surtout de ressources militaires. Des ressources que vous pourrez également vous procurer en vous rendant dans les "magasins" de ces divers groupes ou même en les trouvant inopinément au gré de vos promenades.

Accablé sur les autres supports par sa redondance, sa réalisation parfois indigeste et surtout par son intelligence artificielle inexistante, Mercenaries 2 ne fera non seulement pas mieux sur PS2 mais poussera le vice jusqu'à perdre le peu de fun qu'il pouvait offrir ailleurs. La liberté de mouvements et la possibilité de faire voler en éclats la moitié du Venezuela conférait au titre un aspect défoulant qu'il perd totalement ici. S'il est toujours possible de détruire une partie du décor, l'effet n'a rien de sensationnel et l'excuse de l'âge avancé de la PS2 ne suffit pas. Ici, lorsque vous parvenez à faire exploser un bâtiment, il se retrouve couvert d'une épaisse fumée noire puis se contente de ne plus répondre à l'appel une fois que celle-ci s'est finalement levée. Le reste de la réalisation, pour sa part, fait peine à voir. Les réactions sont partagées entre ceux qui évoquent le premier Driver ou un jeu développé directement pour être distribué en gamme budget. Les textures sont d'une pauvreté qui justifierait l'apport d'une aide internationale, les modèles 3D sont de vagues polygones, la distance d'affichage est d'environ quatre mètres et l'environnement est aussi désertique que peu inspiré. Quant à l'IA, elle offre un spectacle tout aussi désolant que sur les machines de dernière génération.

Pour bien enfoncer le clou, vous pouvez encore tabler sur une prise en main assez chaotique plombée par des choix déconcertants. En effet, à titre d'exemple, pourquoi une fois entré dans un véhicule avec la touche Triangle peut-on en sortir en appuyant sur la touche L1 qui se trouve pile au-dessus de la touche de frein à main ? Bonjour les vols planés si vous glissez. Par ailleurs, le vide sidéral qui règne dans le jeu achève de briser l'illusion et les combats ne présentent aucun intérêt face à une ridicule poignée de soldats que l'on on soupçonne d'avoir été enrôlés de force dans une école de poésie pacifiste. Bref, si Mercenaries 2 était récupérable sur 360 et PS3, sur PS2, on nous sert un produit développé à la va-vite clairement destiné à surfer sur la marque.

Dinowan, le 08 septembre 2008