City Life DS

Test Nintendo DS

La DS est une machine qui se prête bien à la gestion et notamment aux city-builders. Les éditeurs l'ont bien compris, en portant les ténors du genre sur la portable de Nintendo. Après Sim City et Anno 1701, c'est au tour de City Life d'arriver sur DS.

Monte Cristo étant déjà fort occupé à travailler sur son prochain city-builder, l'ambitieux Cities XL, le projet City Life DS a été confié au studio Wizarbox (So Blonde). Je vous rassure tout de suite, l'esprit du jeu original a été fort bien respecté malgré ce changement de développeur, et c'est donc une adaptation fidèle qui débarque aujourd'hui. Cette version n'est cependant pas exempte de défauts, je pense notamment à l'enrobage assez austère, qu'il s'agisse des graphismes un peu ternes ou de la bande-son désespérément absente. Mais bien que la réalisation laisse un peu à désirer, le coeur du jeu, son gameplay, demeure réussi et c'est bien l'essentiel.

En effet, City Life DS n'est pas une version au rabais et propose quantité de paramètres pour administrer correctement sa ville. Gérer l'énergie, les déchets, la circulation, l'emploi, en gardant un budget équilibré tout en limitant l'impact environnemental, c'est un sacré défi. Heureusement, les bases peuvent s'apprendre en douceur dans la campagne, qui sert en fait de gros didacticiel. Dans ce mode, vous incarnez non pas le maire mais l'un de ses assistants, qui va devoir réparer ses bêtises. Car le maire est un sacré gaffeur. Vous connaissez la série Spin City, dans laquelle Michael J. Fox puis Charlie Sheen incarnent l'adjoint du loufoque premier magistrat de New York ? C'est exactement ça, on sent l'inspiration dans cette phase initiatique. Une fois cette étape franchie, vous voilà prêt à gérer seul votre propre cité dans l'un des deux autres modes de jeu : défis, qui comme son nom l'indique propose une quinzaine de scénarios avec des objectifs précis à accomplir, et le mode libre qui permet de faire des jolis pâtés dans le bac à sable. Petit regret pour ce dernier : il faut choisir un terrain parmi ceux disponibles (répartis en trois environnements), on ne peut pas créer son propre terrain à l'aide d'un éditeur, ce qui aurait été un ajout sympathique.

Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir, car City Life DS possède tous les ingrédients d'un bon jeu de gestion. La maniabilité est bien pensée, de même que l'interface. On s'y retrouve rapidement et en quelques clics on fait sortir de terre des maisons comme des champignons. Il y a bien quelques petites incohérences, comme le commissariat qu'il faut aller chercher dans les "bâtiments de service" alors que la caserne des pompiers est dans les "infrastructures publiques", mais rien de bien méchant. Au total, il y a plus de 150 constructions possibles, qui répondent à tous les besoins des habitants grâce à leurs aires d'effet : santé, sécurité, éducation... Mais dans City Life, la population n'est pas homogène. Elle est répartie en diverses catégories directement issues de la version PC, comme les cols bleus, les démunis ou les alters. Ils n'ont pas les mêmes besoins, que ce soit en matière de travail ou de loisirs, il va donc falloir composer avec cette mixité sociale sans pour autant créer des conflits culturels... Un vrai casse-tête. Et si les résidents mettent de l'argent dans les caisses grâce aux impôts, ce n'est rien comparé à la manne apportée par les touristes, qu'il va bien falloir tenter d'attirer. Bref, vous l'aurez compris, il y a de quoi faire dans ce City Life DS. Il n'est pas parfait mais assure l'essentiel en proposant un vrai challenge à tous les amateurs de gestion urbaine.

Captain Obvious, le 05 septembre 2008