Spore Créatures

Test Nintendo DS

Spore, c'est un projet un peu fou qui veut nous faire vivre l'évolution d'une espèce depuis le stade cellulaire jusqu'à la conquête de l'univers. Un pari déjà ambitieux sur PC, mais impossible à tenir sur une console portable. Bien conscients de ce fait, les développeurs de Spore Creatures ont préféré repartir sur d'autres bases pour la DS, plutôt que de nous livrer une version au rabais. Grand bien leur en a pris.

Dans les grandes lignes, le principe de cette version portable reste tout de même identique à celui de Spore sur PC. Il s'agit de prendre en main la destinée d'une espèce en la faisant évoluer. La grosse différence, c'est que sur DS, il n'y a que la phase de créature, pas la précédente (le stade cellulaire) ni les suivantes (tribu, civilisation, conquête galactique). Un seul être à gérer, ça peut paraître bien maigre, mais il y a déjà suffisamment de choses à faire pour s'en occuper, comme nous allons le voir. Il faut dire que la vie n'est pas de tout repos pour une créature. Elle doit trouver la meilleure façon de survivre à son environnement : manger, se faire des amis, combattre les espèces hostiles...

Tout commence sur la planète Tapti, sous la forme d'un gougui, une sorte de larve. Un vague corps longiligne, une paire d'yeux et quelques écailles, rien de plus. Mais une volonté de fer, prête à s'élancer à la découverte du vaste monde en courant, enfin en rampant plutôt pour commencer. Notre petite bestiole n'est pas seule ici, et ne tarde pas à rencontrer une autre créature, qui semble pacifique. Pour s'en faire un ami, il faut d'abord le câliner, puis danser avec lui, ce qui donne évidemment lieu à un mini-jeu de rythme au stylet. En cas de réussite, la créature peut vous donner un de ses éléments : corps, bras, jambe, oeil, bouche ou queue. Tous ont leur utilité : les bras permettent de saisir des objets, la bouche sert à se nourrir... Il faut donc se dépêcher de retourner au nid pour monter tout ça, tel un jackie installant jantes et spoilers sur sa voiture, que dis-je sa fierté, la prunelle de ses yeux. L'éditeur est très bien fichu et permet de réaliser les délires les plus fous en quelques clics. On peut choisir la taille des différents éléments, les faire tourner, les colorer... A vous d'assembler à votre guise deux queues et trois paires de bras sur des pattes maigrichonnes, à condition de rester dans la limite des points de corps disponibles. Notez que si le monde de Spore Creatures est en trois dimensions, les créatures elles-mêmes sont plates, aussi épaisses qu'une feuille de papier.

De cet assemblage dépendront quelques caractéristiques : l'indice social, qui influe sur les capacités à faire ami-ami (comme les deux flics), les points d'attaque et de défense, la vue, bien pratique pour trouver des objets enfouis en sous-sol, ou encore le métabolisme, qui indique la faculté à digérer les aliments pour les transformer en vie. La plus importante de toute reste l'intelligence, dont la jauge augmente progressivement au fil des objectifs accomplis, ce qui permet de monter en niveau. Certains éléments peuvent aussi octroyer quelques bio-pouvoirs. Ainsi, une bouche spéciale permet de cracher du feu, tandis qu'une paire de bras confère un sort de soin. C'est une idée sympa, mais on regrette tout de même le faible nombre de bio-pouvoirs disponibles. Une plus grande variété n'aurait pas été du luxe pour donner un peu plus d'intérêt aux combats. En l'état, on se contente de donner des coups de stylet frénétiques à l'ennemi tout en cliquant de temps en temps sur l'icône d'un pouvoir pour le déclencher. On a déjà connu système plus passionnant. Mais bon, les combats ne sont pas au coeur de Spore Creatures, qui reste avant tout un jeu de gestion.

Accomplir des missions pour les autres espèces, découvrir de nouveaux territoires, tel sera donc le lot quotidien de votre créature. On pourrait craindre que ce principe devienne rapidement répétitif, mais les développeurs ont eu l'intelligence de distiller de petites nouveautés ponctuellement, qui viennent relancer l'intérêt dès que l'ennui commence à poindre. Par exemple, des types de pattes inédits viendront régulièrement vous offrir de nouvelles possibilités de déplacement, dans l'eau, dans le désert ou sur un sol épineux, ouvrant alors un accès vers de nouveaux lieux, un peu comme dans un Zelda. On peut aussi creuser le sol à la recherche d'items bonus, comme dans Animal Crossing. Le jeu mise d'ailleurs beaucoup sur la collectionnite des joueurs : il faut évidemment récolter le maximum d'éléments en provenance de toutes les créatures, mais également trouver les icônes cachées sur chaque planète, et remporter des badges, sorte de succès à débloquer en remplissant certaines conditions. Bref, tout ce qu'il faut pour scotcher les joueurs compulsifs que nous sommes devant l'écran de leur DS pendant des heures, d'autant qu'avec six planètes à explorer, il y a de quoi faire. Le pari est donc réussi pour Maxis, qui parvient à nous offrir un vrai jeu à part entière. Spore Creatures n'a pas à rougir face à son grand frère.

Captain Obvious, le 04 septembre 2008

  • Editeur : Electronic Arts
  • Développeur : Maxis
  • Type : Gestion / Simulation
  • Multijoueurs : Possibilité d'échanger des créatures en local ou en ligne
  • Sortie France : 4 septembre 2008
    (5 septembre 2008 aux Etats-Unis)
  • Version : Française
  • Classification : Déconseillé aux - de 7 ans
  • Web : Site web officiel
  • Existe aussi sur :
    Spore - PC Spore Hero - Wii Spore - Mac Spore Creatures - iPhone/iPod
  • Similaire à :
    MySims