Les Sims 2 : Mes Petits Compagnons

Test Nintendo DS

Quand les Sims 2 ont rendez-vous avec Nintendogs, cela donne Mes Petits Compagnons. Et quand un gameplay désespérément plat a rendez-vous avec une réalisation approximative, cela donne un jeu complètement raté. Qu'on se le dise !

Certains éditeurs aiment à croire qu'il suffit d'introduire quelques animaux dans une licence célèbre pour s'attirer les faveurs d'un public toujours plus nombreux. C'est déjà la seconde fois, en effet, qu'EA nous impose des chats ou des hamsters dans un épisode des Sims 2 sur DS. Remarquez, on ne peut pas vraiment lui en vouloir quand on sait que l'industrie vidéoludique tout entière drague désormais les joueurs occasionnels à grand renfort de party-games et de simulations animalières. Et puis, les bougres ont raison : les boules de poils, ça fait vendre ! Si les bestioles en question s'intègrent en plus dans un univers aussi connu que celui des Sims 2, c'est même le carton assuré. Pourtant, dans le cas qui nous intéresse, si le succès est au rendez-vous, il sera loin d'être mérité.

Tout épisode des Sims qui se respecte commence invariablement par la création d'un avatar et, comme d'habitude sur DS, celle-ci s'expédie en quatre coups de stylet. Un visage, une coupe de cheveux, un pull, un pantalon, et c'est plié. Bien entendu, le joueur n'a toujours aucune possibilité de choisir son appartement ni même d'en modifier l'agencement. Tout juste si l'on peut remplacer le mobilier qui nous entoure par quelques éléments vendus à prix d'or dans la boutique. Pas si grave, me direz-vous puisque l'essentiel du jeu se concentre sur les animaux. Il faut dire que notre personnage, en bonne Sim-poire qu'il est, a accepté de s'occuper du spa de son oncle en son absence. Bien mal lui en a prit ! Il n'est pas sitôt arrivé qu'il se retrouve déjà avec une bestiole dans les pattes et des clients plein le rez-de-chaussée. Et puis l'appartement à tonton, c'est une véritable ménagerie. En plus des animaux qu'on nous confie, on y trouve un lapin, un hamster, un oiseau, un serpent, un cochon d'Inde... La bonne nouvelle, c'est qu'on a pas vraiment besoin de s'occuper d'eux (si on oublie de les choyer, ils se contentent de bouder). La mauvaise, en revanche, c'est que les interactions sont une fois de plus très limitées. On lance une baballe au chien, on regarde le hamster se cacher sous sa cabane, on affuble son serpent d'un bonnet ridicule. Lassant et plutôt daté comme concept. Et ce ne sont pas les mini-jeux proposés qui vont nous distraire. Dans le Chercheur d'Os, par exemple, il suffit de cliquer sur son chien (ou son chat !) quand il remue la queue pour déterrer soit un sac de Simflouz soit une chaussure. Si notre compagnon déterre trois chaussures, c'est perdu. Passionnant. Plus original, le Charmeur de Serpent met le micro à contribution pour générer des notes de musique en soufflant dessus comme dans une flûte. Hélas, le rythme est tellement lent et le gameplay tellement maladroit qu'on abandonne la partition au bout de trois mesures. On se dit alors qu'avec un peu de chance, les activités du spa seront plus engageantes. Eh bien pas du tout !

Le spa est le seul et unique endroit que l'on peut visiter en dehors de notre appartement. Il s'agit d'une sorte de salon de beauté et de remise en forme pour animaux de compagnie fortunés. Tout commence par une évaluation des besoins de la bête qu'on nous apporte. Est-elle sale ? A-t-elle des puces ? Autant de questions métaphysiques qui trouveront leur réponse à l'aide du stylet dans une phase de diagnostic simpliste et ennuyeuse à mourir. Une fois ce calvaire passé, les soins proprement dits commencent. On comprend alors que le diagnostic avait finalement au moins un mérite : il était court. Car non seulement, les activités de soin (shampoing, douche, etc) sont toutes plus soporifiques les unes que les autres mais elles sont aussi interminables. Frotter avec le stylet, cliquer au bon endroit, frotter encore, cliquer... Que l'on soit adulte ou enfant, que l'on aime les animaux ou pas, au bout du quatrième ou cinquième animal, on meurt d'ennui. Or, il faut en accueillir un maximum si l'on espère effectuer quelques achats à la boutique et s'occuper un peu de soi. Enfin, s'occuper de soi, c'est vite dit (et surtout vite fait). Les besoins sont limités à la faim, la fatigue, le prout et le social. De plus les jauges descendent très lentement au point que le réalisme passe totalement à la trappe. Bref, on n'est pas dans un vrai Sims. On n'est pas dans un vrai Nintendogs non plus. Par contre on est dans un vrai navet, ça c'est certain...

Dharn, le 29 août 2008