Go Diego ! Mission Safari

Test Wii

Tout le monde connaît désormais Dora l'exploratrice. Mais connaissez-vous Diego, son cousin mexicain de 8 ans qui travaille au Centre de Sauvetage des Animaux ? Vif et intrépide, il utilise ses nombreux gadgets pour protéger la nature, et en profite parfois pour initier à l'anglais ses jeunes téléspectateurs. Bref, le héros idéal pour un jeu destiné aux tout-petits. High Voltage et Nickelodeon se sont donc associés pour développer ce Go Diego ! Mission Safari, qui cible aussi bien les habitués du dessin animé que tous les jeunes joueurs à partir de 3 ans. La jouabilité a notamment été étudiée en collaboration avec des spécialistes de la petite enfance pour être la plus intuitive possible.

Dans les faits, le jeu s'avère comme promis extrêmement accessible : le jeune joueur est constamment guidé par les conseils oraux de Diego, ainsi que par la présence d'indications visuelles qui le renseignent sur les contrôles à utiliser. L'aventure consiste pour l'essentiel en des niveaux de plates-formes dans lesquels Diego évolue en utilisant la palette d'actions à disposition : il peut sauter, grimper aux échelles, s'accrocher aux lianes, utiliser des trampolines... Le dynamisme de l'action est toutefois terni par la lenteur de l'animation : on a l'impression, notamment lors des sauts, d'évoluer dans des environnements à faible gravité. D'un autre côté, cela peut permettre aux jeunes joueurs de mieux assurer leurs trajectoires. On aura par contre du mal à excuser l'inertie de la caméra, qui peine à suivre l'action lorsque Diego est propulsé dans les airs. Pour le reste, la jouabilité ne souffre d'aucun reproche : le jeu n'utilise en tout et pour tout qu'un seul bouton, et implique parfois d'agiter dans un sens ou dans l'autre la télécommande Wii. Le tout est amplement à la portée de petites mains mal assurées.

On reste bien plus réservé sur l'aspect ludique du titre, trop dépendant d'un scénario en peau de chagrin. Revenons d'abord sur ce dernier : il est adapté d'une série d'épisodes de Diego intitulés Mission Safari, dans lesquels le jeune garçon parcourt la Tanzanie en compagnie de Zuma (un jeune Africain) et d'un bébé jaguar, pour sauver des animaux ensorcelés par une vilaine sorcière : les éléphants ont été changés en pierre, les zèbres ont perdu leurs rayures, etc. Diego doit donc parcourir plusieurs environnements (brousse, jungle, caverne...), matérialisés par autant de niveaux de plate-forme. Durant son parcours, il peut interagir avec certains éléments du décor pour récupérer de la nourriture, ou encore délivrer des bébés animaux qu'il faudra ramener chez eux. Au terme de chacun des niveaux, Diego retrouve un des animaux victimes de maléfices : il lui rend alors son apparence en utilisant un tambour magique, et lui confie la nourriture et les bébés récupérés. Un gameplay basique qui se répète hélas à l'identique tout au long du jeu. On sait bien que les plus petits s'y retrouveront, eux que les schémas répétitifs ont tendance à rassurer et à satisfaire. Mais tout de même, on aurait apprécié davantage de variété, d'autant que la longueur trop importante des niveaux et l'extrême répétitivité des actions à accomplir rend le jeu bien ennuyeux à parcourir à la longue.

Sans doute conscient de cette faiblesse, les développeurs ont essayé d'étoffer le gameplay de diverses manières. Tout d'abord, entre deux niveaux, le jeu propose une petite course (à dos d'hippopotame, accroché à un deltaplane...) sous forme de parcours d'obstacles. Basiques et anecdotiques, ces phases ont au moins le mérite d'apporter un peu de variété, et plairont sans doute au public visé, d'autant qu'elles sont jouables à deux depuis le mode "Course Safari". Plus concluante, l'intégration dans le jeu de courtes phases reprenant certains moments clés de la série animée : l'appareil photo de Diego apprend à l'enfant à identifier certains animaux avant de partir en mission, et le sac magique l'invite, une fois par niveau, à choisir parmi trois objets celui qui est adapté à la situation. Ces séquences sont anecdotiques, mais sont malgré tout les seules à revêtir la dimension éducative qui caractérise le dessin animé. La fidélité à la série TV se retrouve au niveau sonore comme visuel. Les thèmes musicaux et les voix des personnages seront familiers des enfants, tandis que les graphismes cel shadés leur donneront l'impression d'évoluer dans le dessin animé. Pour autant, il faut bien tout le pouvoir d'imagination fertile de nos chères têtes blondes pour apprécier l'aspect visuel du titre, ses faiblesses techniques étant réelles et renvoyant plusieurs années en arrière, à l'époque où Mimi Cracra et Petit Ours Brun se partageaient la vedette...

Pixelpirate, le 11 juin 2008