Warhammer : Mark of Chaos : Battle March

Test PC

Grands absents de Warhammer : Mark of Chaos, orcs et gobelins sont bien décidés à réparer cette erreur en faisant une entrée fracassante sur le champ de bataille. Voici donc les peaux vertes au centre d'une première extension baptisée Battle March.

Fin 2006, Mark of Chaos proposait quatre races jouables issues de l'univers du jeu de plateau Warhammer : l'Empire, le Chaos, les hauts elfes et les skavens. C'est plutôt bien si on considère que de nombreux jeux de stratégie ne proposent que deux ou trois factions. Mais un manque de taille avait tout de même chagriné un tantinet les fans : la waaagh, c'est-à-dire la horde des orcs, gobelins et autres aberrations de la nature. Stupides, indisciplinés et bagarreurs ; insouciants en défense mais dévastateurs en attaque, les peaux vertes sont incontestablement une des armées préférées des joueurs de Warhammer Battle.

Ca tombe bien, puisqu'ils sont au centre de la nouvelle campagne solo de Battle March. Celle-ci nous place dans la peau (verte, forcément) de Gorbash, puissant guerrier orc chargé de lever une armée pour le compte de ses alliés elfes noirs, dirigés par la sorcière Lilaeth. Accompagné de son fidèle chaman Wazog, Gorbash va donc devoir commencer par unifier les tribus de son peuple avant de déferler sur à-peu-près tout ce qui se trouvera sur son chemin. Cette campagne est assez agréable à jouer, avec des missions très variées, au niveau des environnements comme des adversaires ou des objectifs. Certaines nous font contrôler une véritable armée tandis qu'une autre nous mettra à la tête d'une poignée d'assassins elfes noirs s'infiltrant en ville. Bref, le plaisir est au rendez-vous tout au long de la vingtaine de missions proposées. Quelques défauts mineurs viennent ternir un peu ce tableau, comme les cinématiques fenêtrées ou les chargements interminables, mais ça reste anecdotique. Le point fort de cette campagne inédite est évidemment les deux nouvelles factions. La waaagh bénéficie de nombreuses unités directement issues du jeu de figurines : chevaucheurs de sangliers, squigs, fanatiques gobelins de la nuit... Sans oublier les chamans et leurs puissants pouvoirs. Les elfes noirs ont un maniement plus subtil, moins basé sur la force brute. Arbalétriers, assassins, sorcières... Ce camp préfère le combat à distance, dans l'ombre. Il y en a donc pour tous les goûts. Seul petit regret concernant les armées : l'absence des nains, qui sont présents en tant qu'ennemis mais pas comme faction jouable à part entière.

Au niveau du gameplay, rien n'a changé ou presque. Comme beaucoup d'extensions, Battle March se contente de reprendre le fonctionnement du jeu original sans y apporter de changements. On retrouve donc la formule de Mark of Chaos : pas de ressources, gestion du moral, unités regroupées en régiments, phase d'amélioration entre chaque bataille, etc. Et des héros aux compétences diverses, équipés d'objets et affrontant les héros adverses dans des duels au sommet. Voilà pourquoi en janvier dernier, après quelques heures passées sur une version preview, j'écrivais que Battle March était "l'archétype même de l'extension destinée aux fans, sans aucune prise de risque, au gameplay absolument inchangé, sans innovation". Un constat qui se révèle peut-être légèrement erroné aujourd'hui. Car la version finale est arrivée avec une petite surprise : un mode Domination du monde ! Bon, d'accord, ce n'est pas très original, beaucoup de STR ayant déjà sacrifié à cette mode ces derniers temps. Mais c'est tout de même un bon point. En deux mots, il s'agit de prendre le contrôle d'un maximum de régions (ici appelées domaines) sur une carte du monde constituée des maps des autres modes multi. Les domaines conquis apportent différents bonus. Lorsqu'il y a conflit territorial, ça se règle de la manière classique en temps réel sur le champ de bataille. Ce mode n'est donc qu'un bel enrobage, qui ne bouleversera pas les parties. En plus, il n'est jouable qu'en multi en ligne, même pas en LAN et encore moins en solo. Bref, ce mode surprise est finalement décevant et ne viendra pas sortir cette extension de la moyenne des "bien, sans plus".

Captain Obvious, le 19 mai 2008