The Fate Of Hellas : La Destinee de la Grece Antique

TEST PC

Comme son nom ne l'indique pas, Fate Of Hellas est une extension stand-alone à Ancient Wars : Sparta, ce qui signifie que le jeu se suffit à lui-même et que vous n'aurez pas besoin de l'original pour y jouer. Ca tombe bien : ce dernier était pétri de défauts, qui se voient pour certains corrigés, sans que Fate Of Hellas ne parvienne à faire valoir assez d'arguments pour sortir de la masse.

Faut-il avoir à ce point honte de son hérédité pour vouloir la dissimuler de la sorte ? C'est la question que l'on se pose devant la boîte de Fate Of Hellas : La destinée de la Grèce Antique. Il s'agit bien d'une extension stand-alone à Ancient Wars : Sparta, qui avait reçu un accueil glacial de la part de la presse en raison de ses nombreuses imperfections. Mais rien, absolument rien sur la jaquette, dans la notice ou une fois le jeu lancé n'évoque cette parenté. Il faut dire qu'entre-temps, le jeu de World Forge a changé d'éditeur, passant des mains de Playlogic à celles de JoWood. Ce dernier a donc communiqué sur le jeu comme s'il s'agissait d'un tout nouveau titre de stratégie en temps réel, préservant ainsi toutes ses chances. Ce procédé douteux est d'autant plus regrettable que cette extension propose des améliorations qui viennent gommer certains défauts rédhibitoires du jeu d'origine.

La principale nouveauté est l'arrivée des Macédoniens, qui viennent compléter les trois factions déjà présentes dans le jeu d'origine (Spartes, Perses et Egyptiens). On ne parlera cependant pas de "nouvelles unités", puisque la particularité du jeu est de ne pas proposer de modèles de soldats prédéfinis, laissant le joueur créer et équiper ses troupes comme il le souhaite. En revanche, les Macédoniens possèdent une identité graphique spécifique et historiquement respectueuse : bâtiments, tenues vestimentaires et pièces d'armures sont au confluent du style grec et des apports asiatiques. Conduits par Alexandre, ils bénéficient d'une campagne intéressante qui les voit combattre sur deux fronts – perse et grec – et reconstitue certaines batailles célèbres comme la prise de Milet. Hélas, il est bizarrement impossible d'incarner les Macédoniens en mode escarmouche ou multijoueur. Cette carence est vraiment déplorable. Heureusement, Fate Of Hellas propose une autre campagne inédite, dans laquelle le joueur prend à nouveau en main le destin des Spartiates. Mais on reste vraiment sur sa faim au niveau du contenu, car si l'on fait les comptes, les deux nouvelles campagnes de 7 missions chacune ne font pas le poids en regard des 30 missions du jeu d'origine. Certes, la difficulté a été revue à la hausse, mais le rythme est aussi beaucoup plus rapide, occasionnant une perte nette en termes de durée de vie.

Quelle est donc la raison de cette accélération du rythme par ailleurs bienvenue ? C'est simple : le joueur peut désormais affecter autant d'unités qu'il le souhaite au travail dans les mines d'or (auparavant, ce nombre était limité). La récolte de cette ressource s'en voit donc accélérée, permettant à l'aspect stratégique de souffrir beaucoup moins de l'aspect économique. Concrètement, même si les adversaires se montrent particulièrement agressifs avec de fréquentes incursions d'escouades bien équipées, on arrive à mettre sur pied une grosse armée plus rapidement. Au rayon des améliorations proposées par cette extension, une autre était particulièrement attendue : celle du doublage, qui avait injustement enfoncé Ancient Wars dans le ridicule à sa sortie. Si les voix des trois camps d'origine n'ont malheureusement pas été retouchées, les nouveaux doublages en français sont nettement plus crédibles. Le moteur graphique a pour sa part bénéficié d'un léger lifting. Revers de la médaille : les ralentissements n'en sont que plus nombreux – même sur une grosse machine – en particulier dans les affrontements opposant des armées importantes. Autre défaut dont on aurait aimé ne plus avoir à parler : le pathfinding. Il est toujours aussi catastrophique et devient une source récurrente d'agacement dès que l'on commence à perdre stupidement des unités. Il nuit notamment aux batailles navales, aussi impressionnantes que frustrantes dans la mesure où déplacer ses navires est un calvaire.

Au final, si Fate Of Hellas propose quelques améliorations notables par rapport à son prédécesseur, il pêche encore trop par bien des aspects pour convaincre les amateurs du genre. C'est vraiment dommage, car il est truffé de bonnes idées originales et bien exploitées (l'équipement des soldats, la gestion des montures, la pose de pièges...) qui lui confèrent une certaine personnalité.

Nous informons nos lecteurs que la protection Securom dont est doté le DVD nous a empêchés de lancer le jeu sur certains PC de la rédaction.

Pixelpirate, le 23 avril 2008