History Channel : Battle for the Pacific

Test Wii

Quelques semaines après le PC, la PS3 et la Xbox 360, la Wii accueille à son tour une version d'History Channel : Battle For The Pacific. Très différente de ses consoeurs en termes de structure, elle partage néanmoins avec elles un goût prononcé pour la médiocrité. Voilà donc une leçon d'histoire dont nous nous serions bien passés.

Développé par Magic Wand, et non pas par Cauldron comme ce fut le cas pour les autres versions, Battle For The Pacific sur Wii ne partage avec ses frères d'armes que son sinistre contexte. Tendrement accompagné d'un logo History Channel qui fait joli sur la jaquette, ce FPS classique nous gratifie d'une succession d'images d'archives en noir et blanc faisant office de cinématiques et retraçant la guerre du Pacifique et la victoire symbolique d'Iwo Jima. Voilà à-peu-près tout ce que le soft est capable de faire pour se montrer à la hauteur de son beau label à connotation intellectuelle. Précisons tout de même que comme pour les autres versions, cet aspect "éducatif" ne parlera qu'aux anglophones, les séquences vidéo n'étant disponibles qu'en anglais non sous-titré. Hop, ça c'est fait.

Si l'idée de voir un autre développeur que Cauldron oeuvrer sur cette galette a gonflé votre coeur d'espoir, autant vous le dire tout de suite, Battle For The Pacific sur Wii s'avère bien pire que ses congénères. Placée sans ménagement dans la peau musclée du Lieutenant Farell (qui n'a aucun lien de parenté avec Colin, entendons-nous bien), la vict... le joueur devra tout simplement gagner la guerre à lui tout seul, en étripant joyeusement une multitude de benêts à képis amateurs de grenades et d'éplucheurs à soldats. A vous donc la joie de traverser des niveaux linéaires en vous traînant comme un koala unijambiste. Dès les premières secondes, on observera avec désespoir des graphismes datés superbement mis en valeur par quelques méchantes saccades ainsi que des cut-scenes en mousse. Bon, il est évident que les graphismes d'un jeu ne font pas tout, mais tout de même, cela peut parfois aider. D'autant que dans le cas qui nous intéresse, rien ne semble avoir été fait dans les autres domaines pour empêcher le titre de se vautrer lamentablement dans la fange.

Le gameplay de Battle For The Pacific s'avère être d'une platitude désolante, plombé par une lenteur affligeante, une IA médiocre, ainsi que par une prise en main qui, bien que calquée sur les autres FPS Wii, se montre terriblement délicate à maîtriser. On utilisera en effet la Wiimote pour pointer et déplacer le curseur sur les cibles, le bouton B pour tirer et la croix directionnelle pour changer d'arme. Mais la visée, déjà très imprécise, plonge gaiement dans le pâté dès lors qu'on aura l'audace d'épauler notre pétoire. La vue s'en trouvera à moitié obstruée par le fusil, et on aura alors beaucoup de mal à aligner une cible, d'autant que le moindre mouvement imprimé à la Wiimote se trouve immédiatement retranscrit par un geste brusque à l'écran. Ajoutez à cela le fait que les nombreux ennemis se montrent très résistants et que la cadence de la plupart des armes sur lesquelles vous mettrez la main est ignoblement lente (si on cherche là le réalisme, comment se fait-il qu'un simple soldat puisse encaisser six bastos avant de succomber ?), et vous obtiendrez un soft abominablement frustrant. Seul le Nunchuk s'en tire convenablement puisqu'il ne sera sollicité que pour gérer les déplacements et se mettre à genoux.

Et puis, pour être bien sûr que vous passiez un sale quart d'heure, les développeurs n'ont pas jugé pertinent de vous permettre de paramétrer les contrôles. Vous pourrez certes vous rabattre sur la manette classique pour tenter d'avancer plus facilement, mais cela n'enlèvera rien à la nature fondamentalement inintéressante d'un soft qui accumule, sans les maîtriser, tous les poncifs du genre. C'est ainsi que Battle For The Pacific sur Wii adopte la structure classique du FPS sans âme. Les niveaux sont linéaires et les quelques phases destinées à nous sortir de notre macabre routine n'ont pas le moindre intérêt. Comptez ainsi sur de bonnes vieilles séquences de rail-shooting toute molles où l'on devra dégommer des avions ou des vedettes. Ou que diriez-vous de niveaux d'infiltration qui n'en ont que l'apparence, et où vous vous ferez régulièrement descendre par une sentinelle capable de faire mouche à travers 300 mètres de jungle ? Sans interaction digne de ce nom avec l'environnement, sans possibilité de sauter ou de dévier un tantinet du trajet mortel prévu pour vous par Magic Wand, vous n'aurez plus alors qu'à pleurer toutes les larmes de votre corps. Seule consolation : la pensée que les douze missions du jeu ne vous retiendront pas plus de trois ou quatre heures. C'est toujours ça de pris.

Hiro, le 31 mars 2008