Naruto : Ninja Destiny - European Version

Test Nintendo DS

Après la sortie d'un Ninja Council plus que décevant, nous attendions avec impatience que l'adaptation européenne de Shinobi Retsuden rende justice au célèbre Naruto sur DS. Las, cet épisode en 3D se révèle pire que le précédent.

Si les jeux vidéos DS inspirés des aventures animées de Naruto se bousculent au pays du Soleil Levant, il semblerait que l'Occident soit condamné à hériter des pires d'entre eux. N'en déplaise aux innombrables fans du manga, ce n'est pas Ninja Destiny qui donnera une bonne image du jeune Uzumaki aux néophytes. Malgré ses graphismes en 3D et son gameplay soi-disant proche des versions Gamecube, ce jeu de baston poussif a de quoi rebuter les âmes les mieux disposées à l'accueillir favorablement. Le mode Histoire tout d'abord nous impose une succession de combats scriptés, illustrés par des dialogues sans saveur. Le scénario à quatre sous est bien en peine de retranscrire l'esprit de la série et il ne faut pas plus d'une demi-heure pour faire le tour de l'aventure. On se rabat donc très vite sur le mode Combat qui permet au moins de choisir son personnage parmi les seize qu'offre cette édition européenne. Malheureusement, l'expérience se résume à remporter une poignée de duels sans introduction ni épilogue. Que reste-t-il alors ? Les matchs wi-fi contre un ami possédant une cartouche ou le mode Libre. A moins que l'on trouve suffisamment de courage pour refaire l'affligeant mode Histoire dans l'espoir de débloquer un personnage caché...

Ce manque de contenu, cependant, aurait éventuellement pu être excusé par un gameplay solide et une réalisation honnête. Or Ninja Destiny ne dispose ni de l'un ni de l'autre. Les combats sont affreusement mous. Entendez par là que votre personnage se déplace en 3D avec une lenteur incroyable et qu'il enchaîne ses coups avec l'énergie d'un gastéropode asthmatique. Dès lors, on use et abuse de la touche de téléportation pour prendre de vitesse son adversaire et on mise tout sur les furies qui causent des dégâts proprement ahurissants (au moins la moitié de la barre de vie). Sachant que les furies peuvent être déclenchées plusieurs fois par round, les combats se résument essentiellement à placer ces coups disproportionnés dès que possible. Il suffit pour cela de remplir rapidement une jauge de chakra à l'aide des deux attaques de base, de se téléporter, et d'appuyer sur A pour lancer une séquence imparable. Inutile de préciser que l'intérêt des affrontements s'en trouve affreusement plombé. Comme si ça ne suffisait pas, les développeurs ont introduit un système d'objets que l'on peut utiliser en touchant des icônes sur l'écran tactile. L'idée de départ était bonne mais en pratique, elle ruine le peu de crédibilité qu'il restait au titre. Il est possible en effet de restaurer sa barre de vie, de devenir invincible, ou de booster ses chakras d'un simple coup de stylet. Si je vous dis que votre adversaire ne dispose pas de tels artifices, vous comprendrez aisément qu'en solo, il est pratiquement impossible de perdre un seul combat en difficulté standard.

Alors bien sûr, on retrouve dans ce Ninja Destiny de nombreux personnages de l'anime Naruto. Sasuke, Sakura, Temari ou Gaara répondent bien présents. Ils bénéficient même d'une nouvelle modélisation en 3D plutôt sympathique. Néanmoins, contrairement à ce que certaines vidéos ou images laissaient espérer, la réalisation globale n'a rien de transcendant et les huit arènes disponibles sont étrangement vides. Du côté du son, c'est carrément la catastrophe avec des musiques japonisantes insupportables ponctuées par des bruitages affligeants. Décidément, on a bien du mal à trouver des qualités à Ninja Destiny en dehors de l'effort qui a été fait au niveau de certaines animations et de quelques furies. Il semblerait, une fois n'est pas coutume, qu'une licence célèbre ait encore servi de prétexte à la production d'un jeu médiocre sur DS. Il y a tellement de bons titres japonais qui attendent d'être distribués chez nous que l'on ne peut s'empêcher de râler quand on reçoit ce genre d'adaptation ne répondant qu'à une évidente intention de faire de l'argent sur le dos des fans.

Dharn, le 12 février 2008