Ed Edd'n Eddy : Scam of the Century

Test Nintendo DS

Le sous-titre de Ed, Edd'n Eddy : Scam Of The Century peut se traduire en français par "l'arnaque du siècle". Si le jeu ne mérite certainement pas un jugement aussi sévère, force est de constater qu'il ne marquera pas les mémoires.

Ed, Edd'n Eddy est un dessin animé diffusé sur Cartoon Network depuis belle lurette. Bénéficiant d'un design stylé, reconnaissable au premier coup d'oeil, cette production canadienne fut en outre l'une des dernières à utiliser la technique de la cel animation. L'intrigue tourne principalement autour de trois pré-ados, prêts à toutes les forfaitures pour récupérer quelques jawbeakers (des bonbons anglo-saxons particulièrement durs, comme leur nom le suggère). Aux côtés de Eddy, le chef du groupe, on trouve toujours Ed et Edd. Si le premier est une véritable brute, le second, surnommé Double D par ses comparses, joue traditionnellement le rôle de l'intello. Une dizaine d'autres personnages viennent mettre un peu de piment dans les différents épisodes mais jamais un adulte n'a fait son apparition dans un seul d'entre eux.

Ce jeu de plates-formes pour DS propose une série de 4 niveaux propres à chacun des héros de la série. Il sera également possible de débloquer trois mini-jeux en récupérant des pièces d'argent au gré de nos pérégrinations. Hélas, trois fois hélas, on se rend vite compte que malgré le design plutôt réussi de l'ensemble, Ed, Edd'n Eddy : Scam Of The Century ne casse pas trois pattes à un canard. Tout d'abord, quel que soit le personnage que l'on ait sélectionné, le premier niveau de son aventure est consacré à un tutoriel. On aurait préféré que cet apprentissage des commandes fasse l'objet d'une section à part au lieu d'empiéter sur le déroulement du jeu. D'autant que la jouabilité varie à peine d'un personnage à l'autre. Ensuite, le gameplay des séquences de plates-formes, maladroitement repompé sur les classiques du genre, montre bien vite ses limites. Un saut, une attaque et une super attaque pour parcourir des niveaux grouillant de monstres, on connaît la recette par coeur sauf qu'ici le résultat est particulièrement décevant. Ainsi, s'il est possible de ramasser quatre ou cinq objets qui soignent et remplissent la jauge de Power, il faudra utiliser le stylet pour s'en servir. Même remarque pour les super-pouvoirs des personnages qui ne se déclenchent qu'en frottant l'écran du bas. Quand on est poursuivi par un boss enragé et que l'on doit sauter toutes les 3 secondes pour éviter ses tirs, imaginez combien il est pratique de lâcher les boutons pour saisir son stylet. Par ailleurs, le level-design est vraiment mal pensé. Les monstres par exemple, bien que peu variés (un chien, une araignée, etc), sont trop nombreux et souvent placés de telle façon qu'ils coupent la trajectoire de sauts importants. On est ralenti en permanence et on finit plus d'une fois au fond d'un gouffre après avoir heurté un simple corbeau. Que d'efforts les jeunes joueurs devront fournir avant de voir le bout des trois aventures qui ne sont même pas récompensées par une séquence de fin digne de ce nom !

Déçus par la plate-forme, ils pourraient penser que les mini-jeux débloqués à la sueur de leur front rattraperont peut être le coup. Las, le premier d'entre eux est aussi ennuyeux que moche. Il s'agit simplement de pointer, avec son stylet, les boutons qui apparaissent sur le dos de Ed avant qu'ils n'éclatent. Passionnant. Le second, une sorte de tetris-like du charcutier, est tout aussi désespérant. Il faut juste aligner des jambons ou des saucisses au stylet pour les faire disparaître. Soporifique. Pour dire tout le vrai, nous n'avons pas eu le courage de récupérer les 25 pièces nécessaires à l'achat de la troisième épreuve. Au fond, on peut supposer que l'on n'a pas perdu grand-chose. Dommage, l'ambiance de ce petit jeu sans prétention était plutôt sympathique et le design des protagonistes restait fidèle à l'anime. Cependant, les lacunes au niveau du gameplay et le manque d'inspiration qui caractérise des mini-jeux sans âme ne laissent aucune chance à Ed, Edd'n Eddy.

Dharn, le 01 février 2008