Ghost Squad

Test Wii

Sorti en 2004 sur l'une des ces fameuses bornes d'arcade dévoreuses de piécettes dont Sega a le secret, Ghost Squad, shooter policier et fils spirituel de Virtua Cop, nous arrive finalement sur Wii pour de superbes fusillades endiablées. Admirablement secondé par le Wii Zapper, que vous pourrez d'ailleurs obtenir dans le même package, le titre ne semble rien avoir perdu de sa superbe et se prête toujours aussi bien aux massacres organisés d'infortunés membres de la pègre. Otez la sécurité, il est maintenant temps de blaster dans tous les coins.

Qu'il est agréable de se laisser emporter dans la tourmente sans avoir à se soucier de ses déplacements et de la recherche constante d'un obstacle derrière lequel se planquer ! Qu'il est doux de n'avoir qu'à sulfater à tout va dans un titre totalement arcade aux forts relents de série B ! Vivent le bourrinage primaire et les shooters décomplexés qui réveillent le chasseur néandertalien qui sommeille en chacun de nous ! Armé d'un Wii Zapper flambant neuf, ou peut-être déjà sali par la sueur de mains rendues moites et tremblantes par de trop nombreuses sessions de jeu passées en compagnie de Link ou des abominations d'Umbrella, le joueur devra cette fois rejoindre les rangs de la célèbre Ghost Squad. La Ghost Squad, un nom qui sent bon le steak grillé et qui désigne une unité aussi secrète que fictive, formée par l'ONU pour se charger de missions peu conventionnelles en toute discrétion. Enfin, ça, c'est tout de même vite dit, puisque les trois missions du jeu ne font franchement pas dans la dentelle. Il y sera effectivement question de loger des pruneaux dans tout un tas de répugnants malfrats, même si on devra régulièrement éviter de descendre des otages. Chaque mission ne prend guère plus d'un quart d'heure à traverser, et si j'entends déjà certains joueurs hurler leur haine à la lune, je ne saurai que trop leur conseiller de poursuivre plus avant leur lecture afin de préserver leurs cordes vocales et les fragiles tympans des voisins.

Car oui, à l'instar des vieux shoot d'arcade, Ghost Squad ne propose en effet que trois petites missions. Mais la structure aux multiples embranchements, à la difficulté variable, des niveaux en question fait qu'on aura plaisir à les parcourir à de nombreuses reprises. Et au fond, si l'on se livre à quelques calculs savants, on s'aperçoit en fait que Ghost Squad propose près de seize versions différentes de chaque stage. Le titre offre donc un contenu sensiblement plus conséquent qu'il n'y paraît au premier abord, même si on ne s'attendra bien évidemment pas à passer des dizaines d'heures dessus pour autant. Quoi qu'il en soit, secourir le président américain, kidnappé en plein vol sur l'Air Force One, ou prendre d'assaut un gigantesque chalet perdu au beau milieu des bois constituent d'excellents moyens de se défouler et d'expulser la rage accumulée au cours d'une journée de boulot. Le jeu est intense, l'action sans temps morts, et le gameplay, bien que forcément très basique, parfaitement adapté à la Wiimote et au Zapper. Cela dit, notez tout de même qu'une fois votre Wiimote bien calibrée, vous devrez tout de même prendre garde à ne pas trop vous éloigner ou vous rapprocher de l'écran, sous peine de rendre la triangulation de départ inopérante. Il ne sera donc pas question de partir vous planquer derrière le divan pour éviter les tirs. Rien de véritablement gênant, mais autant en prendre conscience tout de suite.

Au-delà de ça, sachez que le jeu a conservé le système de progression de l'original, en vous proposant de créer votre profil, puis de gagner de l'expérience en terminant les missions et en améliorant votre score, le tout afin de débloquer de nouvelles armes aux caractéristiques bien marquées. Le jeu en comprend 25 différentes, du fusil de sniper permettant d'atteindre une cible postée derrière un mur en passant par les fusils à pompe ou les mitrailleuses. Bref, tout est là pour que vous puissiez assouvir votre soif de plomb, de la manière qui vous convient le mieux. Pour sa sortie sur Wii, Ghost Squad se paie même le luxe de proposer deux nouveaux types de parties inédits : les modes Ninja et Paradise qui transforment respectivement les ennemis du jeu en ninjas ou en jolies bimbos affublées de bikinis de combat. Tout un programme. Mais le véritable intérêt du jeu réside incontestablement dans son mode multi qui permet maintenant à quatre fous de la gâchette de parcourir les missions ensemble. Un véritable bonheur et une source de rigolade intarissable. Et si vous êtes du genre hardcore gamer, sachez que vous pourrez même comparer vos scores à ceux des autres joueurs, grâce à des classements en ligne. Bref, vous l'aurez compris, malgré des bases qui pourraient presque paraître aussi squelettiques que poussiéreuses, les petits gars de Sega sont tout de même parvenus à nous offrir un titre solide et accrocheur. Comme quoi, avec un peu d'efforts et de générosité, c'est toujours dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes.

Hiro, le 23 janvier 2008