Dragon Blade : Wrath of Fire

Test Wii

Dragon Blade, voilà un nom banal et passe-partout pour un jeu qui ne restera probablement pas dans les annales du jeu vidéo. Avec sa réalisation dépassée et son gameplay exaspérant, les arguments de ce titre sont aussi navrants que les sensations de jeu qu'il a à nous offrir. Et pendant ce temps, la Wii n'a toujours pas trouvé de beat'em all digne de ce nom.

L'histoire est celle de Dal, un jeune guerrier qui, pour restaurer la paix, est contraint de défier les dragons maléfiques qui ont anéanti son monde. En tant que dernier descendant de Jandral, le seul roi ayant échappé aux traîtrises de ces vils serpents, Dal doit trouver le moyen de rassembler les fragments d'une épée qui renferme l'âme du dragon du feu Valthorian. Ancien seigneur des dragons, Valthorian avait sacrifié toute son énergie pour servir la cause des Hommes. Mais ce crime impardonnable aux yeux des autres dragons lui valut d'être déchu puis trahi par les roi mortels en qui il avait placé toute sa confiance. Vaincu, Valthorian vit son esprit scellé dans une épée magique dont les fragments furent éparpillés à travers le monde. Mais l'espoir renaît lorsque Dal entre en possession d'un fragment qui lui confère des pouvoirs illimités.

Après cette narration un peu longuette mais néanmoins digne d'intérêt, le jeu se fait beaucoup moins loquace et le scénario n'évoluera quasiment plus tout au long de l'aventure, se résumant à défier les rois félons et les dragons les uns après les autres. L'objectif principal est de progresser sur les terres ennemies afin de réunir chacun des fragments permettant de restaurer la Dragon Blade. Chaque fragment obtenu correspond d'ailleurs à une partie du corps du dragon Valthorian : la main droite, la main gauche, la tête et la queue. La seule et unique originalité du soft réside donc dans l'utilisation de ces membres en tant qu'armes magiques et secondaires. Le reste du temps, Dal se contentera de manier l'épée en bon bretteur, les pouvoirs du dragon nécessitant une puissance de feu qui est loin d'être inépuisable.

Dragon Blade n'est pas le premier beat'em all à baser son gameplay entièrement autour de la Wiimote, mais le résultat n'est hélas pas très convaincant. Les mouvements effectués par le joueur avec la télécommande sont reproduits sous la forme de frappes verticales et horizontales, auxquelles il faut ajouter la fente. Les coups portés de bas en haut permettent d'amorcer des enchaînements aériens assez limités, du moins lorsque les commandes veulent bien répondre correctement. Car la réactivité n'est pas le fort de ce titre et la plupart des coups passent bien souvent à côté de leurs cibles. Le seul moyen d'avancer dans les niveaux est donc de multiplier les esquives pour ajuster au mieux son placement par rapport aux ennemis. Autant dire que le plaisir de jeu en prend un coup, d'autant que les zones ouvertes où le joueur se retrouve cerné par une multitude d'adversaires sont nombreuses. Dans ces cas-là, l'épée et les esquives avouent leurs limites et vous obligent à recourir d'urgence aux pouvoirs du dragon pour faire le ménage d'un seul coup, ce qui nuit énormément à l'intérêt des combats.

Dans son approche, Dragon Blade s'apparente finalement beaucoup à Soul Calibur Legends, mais ce dernier avait le mérite d'offrir un level-design un peu plus inspiré ainsi qu'un mode coopératif. Ici, point de multijoueur à l'horizon, et il n'y a pas d'autre alternative que d'enchaîner les niveaux dans l'ordre, en espérant ne pas bloquer contre un boss surpuissant. L'action se résume alors à recommencer autant que nécessaire pour apprendre le schéma à mettre en place afin de porter un coup sans se faire réduire en miettes, ce qui devient rapidement usant. De plus, le héros n'évolue quasiment pas et on aurait bien aimé disposer d'une panoplie de frappes plus variée et beaucoup plus large. A certains moments, les duels les plus importants peuvent se solder par une "chance d'attaque dévastatrice", ce qui correspond tout simplement à une série d'actions contextuelles à valider en appuyant sur les touches indiquées à l'écran. Il peut s'agir aussi de mouvements à faire avec la Wiimote, mais dans l'ensemble l'idée n'apporte quasiment rien au jeu car même la mise en scène est peu inspirée. On ne s'enthousiasmera donc pas vraiment pour ce titre cumulant tous les défauts possibles et imaginables et qui illustre tout ce qu'on ne voudrait plus voir à l'heure actuelle dans un beat'em all.

Romendil, le 04 janvier 2008