Dead'n'Furious

Test Nintendo DS

Si comme nous, vous n'aviez jamais entendu parler de Dead'N'Furious avant de lire cette introduction, dites-vous bien qu'il y a une bonne raison. En effet, tels des petits filous, les développeurs de Dream Studios et Virgin Interactive ont essayé de refourguer leur titre sous le manteau sans passer par la case "Communication". Dommage que le subterfuge ait été découvert car après dix minutes de jeu, le résultat est sans appel : Dead'N'Furious est à mourir d'ennui.

Rob Steiner (le double maléfique de Rod Steiger) purge une peine au pénitencier de Ashdown Hole. Une nuit, il se réveille et constate que sa cellule est ouverte. Chouette se dit-il. Mais alors qu'il erre dans les couloirs silencieux de l'immense prison, il se rend compte qu'il n'est point seul. Le lieu est infesté de zombies qui semblent tous s'être donnés le mot pour un petit en-cas de minuit. Pas cool, se dit le Rob qui, dans son malheur, trouvera néanmoins un pistolet aux munitions infinies trônant par terre. Et devinez quoi ? Notre pauvre bougre va s'en saisir pour se frayer un chemin parmi cette marée de corps putrides afin d'essayer de sortir de ce cauchemar au plus vite. L'histoire est plantée, vous pouvez commencer à pleurer.

Mélange de Resident Evil, House Of The Dead (le jeu hein, pas la version produite par Uwe Boll), et de Time Crisis, Dead'N'Furious bouffe à tous les râteliers en essayant de se trouver parmi cette foule de références. Dommage qu'en parallèle, il ne nous offre qu'une aventure lénifiante, voire larmoyante, qui n'attend même pas la fin du premier niveau pour nous montrer ses limites. Si le principe du "j'avance sur des rails et je tire" est peu commun sur DS, il n'en reste pas moins, dans le cas présent, très limité car engoncé dans une construction peinant à se renouveler un minimum. Il faut dire qu'avec quatre armes (pistolet, pied-de-biche, fusil à pompe et uzi), un bestiaire limité (différents zombies, quelques insectes et autres rats ainsi qu'un boss clôturant chaque niveau) et une durée de vie réduite synonyme de quatre stages décomposés en trois sections, on a bien du mal à comprendre pourquoi on achèterait ce jeu qui ne cherche à aucun moment à faire évoluer le matériau de base. Si au moins Dead'N'Furious utilisait correctement les possibilités de la console, on pourrait se laisser tenter mais il n'en est rien.

En effet, l'écran du haut sert simplement à afficher des informations concernant notre santé et nos armes, sélectionnables grâce à la croix de direction, alors que l'action se déroule sur celui du bas. Le joueur, lui, devra simplement utiliser son stylet pour tirer sur les ennemis apparaissant à intervalles réguliers ou pour recharger son arme en glissant les balles vers le chargeur vide. Le hic est que ceci prend du temps et qu'on se fait souvent toucher lors de ce "Reload". On passe alors son temps à recharger et si le tout s'améliore grâce à trois Power-Up augmentant la rapidité de chargement, les dégâts de nos armes tout en nous offrant un tir automatique, la difficulté devient vite frustrante. On pointera également du doigt la mise en scène pathétique simplement basée sur l'attaque de monstres de plus en plus nombreux à éliminer avant d'affronter le boss final. Réutilisant tous les poncifs du genre, n'ayant rien d'autre à offrir qu'une aventure soporifique, quelques artworks en guise de bonus et un mode multi peu intéressant nécessitant de surcroît deux cartouches, le soft de Dream Studios sent tellement fort la naphtaline qu'on serait tenté de l'enterrer avant même d'en avoir découvert le contenu.

Logan, le 10 décembre 2007