Operation : Vietnam

Test Nintendo DS

Contrairement à d'autres supports, la DS n'a pas encore accueilli beaucoup de jeux de guerre, et encore moins de titres inspirés par le Vietnam. Du coup, l'arrivée d'Operation Vietnam, petit titre sans prétention de Majesco, ne passe pas inaperçue en dépit d'un potentiel ludique en demi-teinte.

En pleine mission de reconnaissance, l'hélicoptère de Sarge et de ses hommes est abattu, laissant la petite escouade seule dans une jungle truffée de Viêt-congs. Voila pour le pitch qui n'a pas besoin de plus pour mettre en place l'action d'Operation : Vietnam. L'équipe est constituée de quatre hommes. Sarge, c'est le leader qui sait se faire respecter. A ses côtés, on trouve Hooper, décrit comme une vraie tête brûlée spécialisée dans les armes lourdes. Puis, il y a Doc, le médecin et Scopes, le tireur d'élite. A eux quatre, ils devront survivre dans la vingtaine de niveaux de jeu face à des soldats Viêt-congs surentraînés. Le joueur ne dirige qu'un personnage à la fois, les autres membres de l'équipe suivent automatiquement et ouvrent le feu sur l'ennemi lorsque cela est nécessaire. A tout moment, il est possible de changer de soldat pour profiter des compétences de chacun. Les médikits seront par exemple plus efficaces lorsque ce sera le Doc qui les utilisera tandis que Hopper disposera d'une puissance de feu accrue. De son côté, Scopes sera le candidat idéal pour ouvrir le chemin. En effet, grâce à son fusil à lunettes, il pourra abattre des régiments entiers d'ennemis avant de se faire repérer. Malheureusement, aucun mode multijoueur n'est à signaler et il faudra donc se contenter d'un mode solo faisant s'enchaîner les niveaux les uns à la suite des autres.

Un système d'ordres assez rudimentaire a été implanté pour apporter un semblant de stratégie au titre. Trois ordres peuvent ainsi être donnés à chaque homme. Soit vous leur demanderez de vous suivre, de s'arrêter ou d'attaquer. Ca ne va pas chercher plus loin que cela. Dans les premiers niveaux, vous n'aurez pas vraiment besoin de vous servir de ces ordres, si ce n'est pour faire s'arrêter un membre de l'équipe sur une case bien précise afin d'ouvrir une barrière. Plus tard, les ordres seront cependant bien plus importants devant la puissance de feu offerte par l'ennemi. Généralement, on mettra alors le Doc en retrait avant d'aller nettoyer les zones en avançant petit à petit avec l'un ou l'autre de l'escouade. Au sein de chaque niveau, on pourra trouver des médikits, des grenades ou des fumigènes, ces derniers servant à lancer une attaque aérienne au napalm. On trouvera aussi des médailles de soldats morts au combat. En les récupérant et en obtenant un score suffisant à la fin de chaque zone, on débloquera des niveaux bonus.

Sur le fond, Operation : Vietnam a donc tout du petit jeu sans prétention qui n'avance peut-être rien de neuf, mais qui fait bien son boulot en sachant nous distraire quelques heures. Dans la forme, on s'éloigne pourtant de cet idéal. En effet, la jouabilité d'Operation : Vietnam est une totale aberration, comme si les développeurs avaient cherché à augmenter artificiellement le niveau de difficulté de leur jeu. Ainsi, l'écran tactile ne sert qu'à donner des ordres à l'équipe et pas à viser comme on aurait pu le penser. En fait, le viseur d'un personnage est toujours placé droit devant lui. Du coup, pour viser un ennemi, il faut courir vers lui, comme dans les vieux jeux des années 80. C'est vrai que cela confère un charme désuet au titre, mais cela le rend aussi plus inconfortable à manier. En pleine bataille contre cinq ou six Viêt-congs, il faut constamment courir dans toutes les directions pour parvenir à se débarrasser de tout le monde. Pas très pratique, même si l'aide à la visée facilite grandement les choses. Operation : Vietnam fait donc une erreur tactique sur sa jouabilité ce qui nuit parfois au sympathique moment de détente promis au départ. Les plus vieux sentiront tout de même vibrer leur fibre nostalgique avec des niveaux très dirigistes qui se terminent une fois sur deux par un combat contre un gros tank armé faisant office de boss. Ceux-là pourront à la limite se laisser tenter vu le petit prix auquel est vendu Operation : Vietnam.

Jihem, le 28 novembre 2007