Spider-Man : Allié ou Ennemi

Test Playstation Portable

Sorte de version light de Spider-Man Allié Ou Ennemi, la mouture PSP ne dispose plus d'autant d'atouts que ses grandes soeurs. De fait, de rang de petit beat'em all sympathique, le titre devient un jeu d'action lambda, poussif, à la difficulté mal réglée.

Spider-Man : Allié Ou Ennemi est un titre plutôt étrange par bien des côtés. Une sorte de beat'em all pour les tous petits, ou du moins ceux qui ne connaissent Spider-Man que par la version Ultimate du personnage. Ainsi, les développeurs ont opté pour un design qui se veut bien plus proche de la caricature que du trait d'un John Romita ou d'un Todd McFarlane pour ne citer que ces derniers. Le résultat a de quoi surprendre d'autant plus que le titre ne se prend pas une seule seconde au sérieux en alignant à intervalles réguliers des dialogues saupoudrés d'humour (pas drôles pour un sou mais ceci est une autre histoire). Néanmoins, malgré ce postulat de départ duquel aurait pu découler un concept un brin plus déjanté, Next Level Games s'est fendu d'un jeu d'action très banal où la progression renvoie à celle de centaines d'autres jeux du même genre avant lui.

Tout commence par une pluie de météorites, celle-là même qui nous a amené ce cher Venom. Des débris s'étant écrasés un peu partout dans le monde, le colonel Nick Fury, dépêche notre tisseur préféré pour aller faire le ménage. Mais cette fois, Spidey ne sera pas seul face à l'inconnu puisqu'un compagnon d'infortune, dirigé par la console ou un ami, prendra également part à l'aventure. En fait, outre son design très carré et le côté parodique de l'oeuvre, la force du soft est de proposer une onze personnages secondaires qu'il est aussi possible d'incarner. Ainsi, à l'instar des versions consoles de salon, vous pourrez choisir le personnage qui vous intéresse avant chaque mission. Par contre, le quartier général du S.H.I.E.L.D. s'est étrangement fait la malle et vous n'aurez ici droit qu'à un menu d'inventaire par le biais duquel vous pourrez booster les caractéristiques de vos héros, débloquer des attaques spéciales ou des compétences pour Spidey sans oublier différents bonus à reluquer. On note aussi dans cette version l'apparition de quelques mini-jeux ainsi que deux modes inédits : Electro et Carnage.

Bien que le jeu reste jouable, les défauts ne manquent pas, à commencer par l'IA absolument lamentable du personnage vous accompagnant. Comme je le disais plus avant, il est possible de switcher d'un personnage à l'autre à tout moment mais ceci ne résout en rien un flagrant manque d'intelligence de notre partenaire quand il faut agir. Le plus étrange est que tout se passe bien quand nous sommes encerclés d'ennemis mais que face à un ou deux adversaires, le second personnage ne réagit plus du tout. De plus, la difficulté est plus importante sur PSP que sur les autres versions, ce qui a le désavantage de gaver rapidement le joueur d'autant que les combats sont d'un ennui flagrant (et c'est un euphémisme), notamment à cause d'ennemis lambda bien trop résistants.

On retiendra aussi un manque dans la gamme de mouvements disponibles, ceux-ci ne permettant que de frapper ou d'user d'un coup spécial. Enfin, on trouvera étonnant qu'il ne soit possible de soulever que de petits objets et d'avoir encore moins de super-pouvoirs à disposition. pour compenser, de petites énigmes bien naze à base d'interrupteurs à actionner ou de caisses à pousser ont fait leur apparition. On reprochera aussi au jeu quelques combats contre des boss toujours découpés de la même façon et s'étirant inutilement en longueur ou une durée de vie minimaliste malgré les soucis de difficulté évoqués plus haut. Exit également les lieux secrets et le mode Duel, ceci destinant Allié Ou Ennemi à une longévité réduite à peau de chagrin. En somme, cette version PSP a bien du mal à convaincre et se range dans les adaptations bâclées uniquement disponibles pour permettre à l'éditeur et au développeur de gagner un peu plus d'argent.

Logan, le 06 novembre 2007