Tony Hawk's Proving Ground

Test Nintendo DS

Tony Hawk revient aux sources en reprenant les fondamentaux de la série. Après les descentes infernales de Downhill Jam, le maître de la planche à roulette nous invite à semer la zizanie en ville comme au bon vieux temps. Accrochez vos genouillères et préparez vos plus beaux combos, l'adrénaline est au rendez-vous !

Après un épisode Downhill Jam assez éloigné du concept d'origine, la célèbre série retrouve son identité avec Tony Hawk's Proving Ground. Tous les ingrédients ayant fait le succès des premiers Tony Hawk sont à nouveau réunis dans cette mouture très proche de l'American sk8teland sorti sur DS en 2006. Plus question de courses et autres épreuves de saut, ce qui compte ici c'est le style et les enchaînements de folie que les virtuoses de la planche vont réaliser dans des décors urbains ou des skate-parks. Totalement arcade, parfaitement irréaliste, Tony Hawk's Proving Ground persiste et signe dans le parti pris du fun à outrance. Le joueur pourra donc grinder sur des fils téléphoniques, faire des bonds de 20 mètres ou exécuter un 900° et retomber en nose manual sans aucune difficulté. Ca a l'air débile comme concept de départ mais pourtant ça marche ! Au bout de quelques minutes, on oublie complètement les invraisemblances des situations pour profiter au maximum des capacités surhumaines de son super-skater. Bien vite, enchaîner 14 ou 15 figures de style à la suite devient une seconde nature puis l'on se surprend à passer des heures à essayer de sortir le combo ultime. Bref, le skate façon Tony Hawk, c'est du grand n'importe quoi mais super fun.

Il y a quatre modes de jeu dans Tony Hawk's Proving Ground : classique, scénario, free skate et leçons. Ceux qui possédaient déjà American Sk8teland les connaissent déja. Le mode classique, hérité des tout premiers épisodes sur Playstation, propose de relever une liste de défis propres à chaque niveau. Il faut par exemple collecter des lettres éparpillées dans toute la ville ou exécuter un kickflip au dessus d'une voiture. On devra battre des records amateurs, pros ou déments. Enfin, l'habituelle cassette secrète est une fois de plus planquée dans les endroits les plus difficiles d'accès. Le mode Scénario nécessite de créer un personnage grâce à un éditeur très complet. On peut choisir son look, ses vêtements ou sa planche. Grâce au stylet, on réveillera l'artiste qui sommeille en nous pour personnaliser ces éléments à volonté. Il est même possible d'intégrer sa propre voix dans le jeu avec le micro. Notre avatar voyagera ensuite aux cotés de Tony le long de la Côte Est, se posant tantôt dans une ville, tantôt dans un port. Il y rencontrera des personnalités comme Tom Bargera ou de nombreux anonymes qui lui confieront des missions. Allant du simple ramassage de poubelles à l'exécution des figures les plus dangereuses entre deux toits d'immeubles, ces dernières sont variées et parfois drôlement corsées. Il est regrettable d'ailleurs que l'explication de l'objectif à atteindre ne soit pas toujours très claire, ce qui oblige à refaire un bon nombre de fois la mission avant d'en comprendre véritablement l'objectif. Au fil de l'histoire, au prix d'innombrables bleus et bosses, on débloquera de nouvelles possibilités de customisation pour son personnage ou son skate-park. Plus anecdotiques, le mode free-skate permet d'explorer les différents environnements en toute tranquillité tandis que le mode leçon permettra de devenir un véritable pro grâce aux conseils du maître.

Le gameplay de Tony Hawk n'a pas changé depuis les débuts de la série. Le bouton B déclenche les sauts et on sort les grabs et les flips à l'aide des boutons A et Y tout en maintenant la croix directionnelle dans la direction appropriée. Les grinds faramineux sont amorcés avec X et nécessitent de maintenir l'équilibre à l'aide d'une jauge. Même chose pour les manuals et les wallplants qui devront être surveillés pendant leur exécution sous peine de se prendre une pelle monumentale. Il existe quantité d'autres commandes et des combinaisons infinies. Dans les faits, les tricks s'enchaînent parfaitement et sont faciles à sortir quasi instinctivement pourvu que l'on se soit suffisamment entraîné. Le joueur acharné pourra élaborer des combos de fou furieux à effectuer dans tel ou tel environnement propice à leur exécution. Les coups spéciaux, très impressionnants, sont paramétrables à l'envie. On peut les déclencher sur une combinaison de touches ou en touchant l'écran tactile lorsqu'une jauge de spécial clignote. Ce spécial peut également servir à ralentir le temps. Fondamentalement orientée arcade, la jouabilité impeccable ne s'embarrasse pas de considérations réalistes. Nos skaters défient les lois de la gravité, grindent sur des centaines de mètres et retombent pratiquement toujours sur leurs roulettes. En d'autres termes, ils ne chutent pratiquement jamais. Tant mieux ! Le rythme de jeu reste ainsi très soutenu.

Quand on y réfléchit, on peut légitimement se demander qu'est-ce que ce Tony Hawk's Proving Ground apporte en terme de nouveautés par rapport à l'American sk8land. Il y a bien quelques améliorations en termes de graphismes qui ne sautent pas aux yeux, loin de là. La jouabilité a été améliorée, en particulier au niveau des collisions avec les murs qui ne donnent plus lieu à des rebonds automatiques. Les possibilités de customisation et la difficulté ont été revues à la hausse. Une nouvelle épreuve se déclenche durant certains sauts spectaculaires. Elle consiste à dessiner des formes géométriques sur l'écran tactile en suivant des instructions. Trop facile et trop rare, elle n'apporte rien de transcendant à l'expérience. Seul finalement le mode online a été réellement remodelé. Reprenant les acquis de Downhill Jam, il a été refondu pour proposer pas moins de 10 modes de jeu jouables à quatre simultanément. On peut désormais rejoindre un clan et consulter ses statistiques en ligne. Il est même possible d'insult... heu, de vilipender ses amis en ligne grâce au micro. Bref, le pied pour les joueurs CWF mais les autres ne trouveront au final pas grand chose de neuf à se mettre sous la dent depuis l'opus 2006.

Dharn, le 05 novembre 2007