Robert D. Anderson & the Legacy of Cthulhu

Test PC

Alors que Bethesda nous avait surpris avec un très intéressant, bien qu'imparfait, Dark Corners Of The Earth, Homegrown s'approprie à son tour le mythe de Cthulhu en misant également sur le genre FPS/aventure. Dommage que cette fois, les ténèbres annoncées par Lovecraft surplombent ce projet, qui pour rester dans le sujet, prend l'eau de toutes parts.

100% conçu par des fans. Cette feature qui s'étale de toutes ses lettres au verso de la boîte de The Legacy Of Cthulhu semble être là pour rassurer les amateurs du romancier américain qui hésiteraient à mettre les deniers sur la table afin d'acquérir la dernière adaptation vidéoludique en date de l'auteur de Providence. Malheureusement, ce n'est pas aujourd'hui que vous éprouverez un quelconque sentiment d'angoisse (à part en se rendant compte du gâchis que vous avez devant les yeux) puisque la réalisation globale du jeu ici présent ne dépasse jamais le convenable. En somme, il y a tellement matière à critiquer qu'il est difficile de savoir par où commencer. Peut-être par le fait qu'il ne soit pas possible de configurer les touches du clavier ou de modifier les paramètres graphiques. En effet, une fois le titre installé, vous ne pourrez rien faire d'autre que de choisir l'un des 15 chapitres du jeu (idée complètement idiote soit dit en passant) et débuter l'aventure avant de vous faire flinguer 15 secondes plus tard, la difficulté progressive n'étant qu'un vague concept dans le cas-présent. Le pire vient du fait que les graphismes sont constitués de zones d'ombres où on ne voit strictement rien, d'innombrables bugs graphiques et de textures hideuses au possible, certains couloirs étant aussi jolis qu'un économiseur d'écran Windows. Difficile dans ce cas de s'immerger dans cet univers pourtant si fascinant.

Le plus embêtant dans l'histoire vient du fait que le jeu n'est pas pourri jusqu'à l'os, la bande-son étant fort correcte tout comme quelques très beaux artworks à débloquer. Malheureusement, en dehors de ça, rien ne sauve le bébé de Homegrown qui se borne à dégoûter le joueur en lui faisant vivre un cauchemar de chaque instant au sens propre comme au sens figuré. Dans tout ça, on peut certes utiliser une douzaine d'armes (pistolet, fusil à pompe, magie noire...) mais comme les soldats allemands restent sur pied après avoir reçu six balles de magnum dans le buffet, on se rend vite compte que ça ne sert à rien. Cette sensation de désespoir est encore plus vivace lorsqu'on meurt après avoir reçu une volée de mitrailleuse lourde au détour d'un couloir, ceci nous obligeant à subir des temps de chargements extrêmement longs avant l'apparition du game over puis le rechargement du niveau en cours. Au final, je ne suis même pas certain qu'il soit très important de vous parler de l'IA désastreuse des soldats (les ennemis restant la plupart du temps plantés comme des piquets) ou du multijoueur pour 8 schizophrènes qui se limite à 4 arènes. Non, vraiment pas très important.

Logan, le 23 juillet 2007