Ghost Recon Advanced Warfighter 2

Test PC

Après avoir sérieusement secoué les possesseurs de Xbox 360, les Ghosts de Scott Mitchell reprennent du service et se préparent à contrecarrer les plans des terroristes sur nos chers PC. Attention cependant, car Ghost Recon Advanced Warfighter 2 n'est pas un simple portage, mais bien une version spécifiquement développée pour les PC. Plus proche des épisodes originels, le titre se montre plus exigeant et plus tactique que son modèle, mais perd par la même occasion un peu de son aspect cinématographique.

La version a beau être différente de son homologue 360, elle n'en partage pas moins le même scénario. Ghost Recon Advanced Warfighter 2 reprend donc l'histoire de son prédécesseur exactement là où Scott Mitchell et ses hommes l'avaient laissée. La dépouille du général renégat Carlos Antiveros n'a pas eu le temps de refroidir que ses partisans tentent déjà d'en remettre une couche. Pour eux, la signature du traité de l'ASNA entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique n'est qu'une ruse des Américains pour faire de ce dernier un état vassal de l'Oncle Sam. Les terroristes tentent donc un deuxième coup d'état qui transforme bien vite la ville mexicaine de Juarez, proche de la frontière américaine, en gigantesque champ de bataille. Les Ghosts sont donc une nouvelle fois sollicités pour prêter main forte à une armée régulière mexicaine décidément bien malmenée. Là où ça se corse, c'est que les rebelles ont cette fois pour projet de s'en prendre directement aux Etats-Unis, histoire de donner un peu plus de poids à leurs arguments. Bref, d'un point de vue purement scénaristique, ce deuxième épisode se pose véritablement en prolongement du premier GRAW. Voilà pour l'originalité ! Mais qu'importe puisque les terroristes sont toujours là, prêts à lâcher des tonnes de plombs sur vous et vos hommes.

Mais en quoi cette version est-elle si radicalement différente du soft sorti sur 360 en mars dernier ? Eh bien, sachez tout d'abord que vous n'aurez plus le loisir de regarder l'uniforme rembourré de Scott, puisque le titre se joue à la première personne, comme dans le bon vieux temps. De fait, le système de couverture automatique se retrouve logiquement délaissé au profit des plus traditionnels déhanchés au coin d'un mur, histoire de n'exhiber que le strict minimum lorsque l'on vide son chargeur sur l'adversaire. Mais la principale différence se situe au niveau de la gestion de vos trois hommes de troupe. Cette fois, vous pourrez choisir de conserver votre escouade tel quel ou bien de donner des ordres à chacun de vos hommes, de manière complètement indépendante. Une nouvelle version de la carte tactique permet d'ailleurs de gérer vos troupes et de leur donner plusieurs ordres consécutifs et ainsi de préparer des assauts coordonnés. Il n'y aura donc plus besoin d'avoir vos gars dans votre champ de vision pour les envoyer au casse-pipe. Rien ne vous empêche en effet de vaquer à vos occupations martiales d'un côté tout en faisant s'activer vos 3 baroudeurs avec entre chacun d'entre vous, 100 mètres de flammes et de bâtiments en ruine. Le tout s'articule autour d'une interface de sélection particulièrement bien fichue même si un peu délicate à maîtriser dans les premiers temps. Bref, vous l'aurez compris, GRAW 2 sur PC se veut beaucoup plus tactique que son homologue console et vous offre un contrôle accru sur l'action.

L'ennui, c'est que vos chers troufions semblent avoir perdu quelques neurones dans l'opération. Encore moins réactifs que par le passé, prompts à se coincer dans les murs et flâner loin du front alors que les balles pleuvent sur votre humble personne, parfois plus réticents à obéir que de jeunes Labradors, les soldats de GRAW 2 PC réveillent les vieux démons de la série, démons qu'elle était en passe de bannir dans une autre dimension. Cela dit, un peu de préparation et quelques ordres basiques suffiront souvent à limiter la casse, d'autant que vos ennemis sont toujours aussi ignoblement stupides. Vous pourrez même compléter certaines missions en restant continuellement planqué en arrière. Et si par malheur l'un de vos troufions se fait vaporiser, la mission continuera malgré tout. "Scott, c'est triste, mais tu dois parvenir à l'objectif. Nous enverrons une équipe récolter les petits bouts sanguinolents de ton ex-camarade et posterons un petit chèque pour sa veuve". Cela peut paraître étonnant, mais le système se justifie tout à fait, la mission en cours devenant alors un peu plus délicate à effectuer. Mais quand une opération marche de bout en bout, le sentiment de satisfaction est total. Surtout lorsque l'on choisit l'un des 2 derniers modes de difficulté, dans un jeu qui en compte 5.

Si la structure de la campagne reste très semblable à ce qu'on avait pu voir jusque-là,en cela qu'elle fait se succéder les missions classiques de nettoyage, des séquences de plasticage en règle ou des opérations de sauvetage, on appréciera cependant la variété des situations de combat. Cette variété relative, on la retrouve logiquement dans les différents environnements proposés. On passera donc d'une zone montagneuse à une plaine désertique qui ravira les snipers de tout bord, avant de se livrer aux combats urbains dans une ville qui semble souffrir de plus en plus alors que la campagne progresse. Les niveaux de GRAW 2 sont globalement plus ouverts que dans le dernier épisode, et au traditionnel chemin linéaire, se substituent souvent des zones offrant plusieurs voies d'accès et autant de possibilités de jeu. Du coup, le joueur consciencieux et désireux de tirer profit de sa nouvelle interface de commandement, pourra élaborer des stratégies toujours un peu basiques mais certainement plus riches que dans GRAW premier du nom. Notez cependant que les niveaux n'ont plus rien à voir avec ceux de la version 360 et que seuls les objectifs à remplir restent communs aux deux versions.

Avec GRAW 2, la série confirme son désir de s'attirer les bonnes grâces du grand public. Le jeu se veut extrêmement spectaculaire, à la manière d'un énorme blockbuster américain où tout semble avoir été fait pour magnifier l'action. L'ennui, c'est que le titre se montre particulièrement gourmand, et qu'à moins de posséder une machine de guerre (disposant donc d'une configuration bien supérieure à celle présentée sur la jaquette), vous devrez faire avec d'importantes baisses de frame rate et des graphismes assez pauvres. Mais si vous êtes un nanti, vous pourrez découvrir des effets pyrotechniques d'une incroyable puissance visuelle et sonore, ainsi qu'une fumée criante de vérité, même si on ne parlera pas de photoréalisme. La moindre explosion prend des allures de show hollywoodien, et le moins que l'on puisse dire, c'est que le soft n'est pas avare en flambées en tout genre. Fans, réjouissez-vous car vous pourrez enfin demander le fameux raid aérien de vos rêves, en deux occasions certes, mais fichtre, vous et votre caisson de basse risquez de ne pas en sortir indemnes. Dans l'ensemble, les affrontements ont pris de l'envergure. Après cette débauche de superlatifs, on restera tout de même conscient que le moteur graphique du jeu est toujours le même, et si les effets de lumières ont beaucoup gagné en finesse, de même que la gestion des particules, on découvrira toujours quelques textures râpeuses et grossières qui jurent avec l'incroyable modélisation des Ghosts.

Bref, Ghost Recon Advanced Warfighter 2 en solo est une aventure intense, mais plus austère que sur 360, plus impersonnelle et plus froide. Les améliorations sont loin d'être révolutionnaires et s'accompagnent de petits pas en arrière dans certains domaines (l'I.A. notamment), mais le titre est toujours efficace. Et que serait GRAW 2 sans un mode multijoueur digne de ce nom ? Le soft offre à nos souris avides la possibilité de jouer la campagne à 4, en coopération, un autre mode coop étrange qui reprend les bases du précédent volet sur PC et simplifie le jeu. GRAW 2 propose également 9 maps spéciales sur lesquelles 32 joueurs pourront s'envoyer des tonnes de plombs et de shrapnels. Si les modes habituels de Combat, ou Combat En Equipe font leur inévitable come-back, ils n'ont pas non plus échappé au souffle «améliorationniste» des développeurs. Ainsi, un nouveau système de résurrection évitera, en théorie, que les joueurs ne se livrent au tristement célèbre massacre d'une équipe dans sa propre base. Le soft a donc de quoi séduire, malgré ses nombreux défauts et ses quelques bugs graphiques et il convaincra sans peine les amateurs du genre.

Hiro, le 20 juillet 2007