Rainbow Six Vegas

Test Playstation Portable

L'année dernière, la série des Rainbow Six opérait un revirement tactique majeur en devenant plus accessible, plus énergique, plus belle et donc plus séduisante aux yeux du grand public. Fier d'avoir su redorer le blason d'une série vieillissante avec Vegas, Ubisoft s'est finalement attelé à une toute autre tâche : délivrer le même type d'expérience sur la console portable de Sony. Attention cependant, car si le petit UMD partage effectivement le nom et la jaquette de son célèbre grand frère, il n'en cache pas moins une nouvelle aventure, totalement distincte de celle de son aîné.

En effet, alors que Logan Keller et ses hommes tentent de contenir le gros de l'assaut des terroristes au sein même de la ville du péché, une deuxième équipe de Rainbow opère dans la périphérie. Malheureusement pour ces hommes, la mission part en sucette et deux des quatre membres de l'escouade d'élite tombent entre les mains des terroristes. Dès lors, les deux survivants n'auront d'autre but que de retrouver leurs collègues et de les arracher aux griffes de leurs kidnappeurs. Rainbow Six Vegas vous laissera donc incarner alternativement Brian Armstrong, le fusilier de l'unité, puis Shawn Rivers, le sniper. C'est ainsi que se profile la première grosse différence entre cette version portable et ses consoeurs sédentaires : Rainbow Six Vegas PSP n'est pas à proprement parler un jeu de shoot tactique, dans la mesure où vous ne contrôlerez pas les deux soldats en même temps et que ceux-ci se trouveront rarement au même endroit au même moment. Ce n'est pas dire qu'il n'y aura pas de complémentarité pour autant, mais dans l'ensemble, le soft se contente en fait, très habilement cela dit, de vous faire changer de perspective et donc de personnage à intervalles réguliers, quand la situation l'exige. Votre mitrailleur se retrouve pris en embuscade par une ribambelle de tireurs d'élite ? Le jeu vous fera alors contrôler le sniper, posté à un autre endroit, afin que vous puissiez aider votre pote à traverser la zone dangereuse.

Dans l'ensemble, le maniement de Rainbow Six Vegas se montre tout à fait accessible. On se déplacera en se servant du stick et on usera des boutons de façade pour orienter le réticule de visée. Pour venir compléter ce système, les développeurs ont ajouté un système de lock des ennemis qu'on déclenchera manuellement en appuyant sur la gâchette gauche (le tir étant affilié à celle de droite). Une fois la cible lockée, vous pourrez appuyer sur un autre bouton pour tenter le headshot. Attention toutefois, le sniper, Shawn, n'aura pas le droit d'utiliser le lock en question et devra donc viser ses cibles tout seul, comme un grand. Si ce choix semble étonnant, il s'avère somme toute logique puisque les sections de snipe seront par définition beaucoup plus statiques que les scènes d'assaut de Brian. A vous donc d'apprendre à viser correctement. Comme sur PC ou console de salon, sachez qu'on vivra le gros de l'action en vue subjective, mais dès qu'il faudra se mettre à couvert, le soft optera alors pour une vue à la troisième personne. Cette fois cependant, la mise à couvert se fait automatiquement exactement à la manière de Brothers In Arms DS. Il vous suffira donc de vous approcher d'un élément du décor pour voir votre avatar l'étreindre avec passion. De là, vous aurez la possibilité de vous pencher afin de continuer à tirer tout en restant protégé. Si le système est généralement fiable, on se retrouvera parfois collé à un mur alors qu'on n'aura rien demandé. On décèlera également quelques problèmes lors des actions contextuelles qui s'effectuent en appuyant sur les boutons de la croix. En effet, celle-ci sert habituellement à naviguer dans votre équipement et à zoomer, et si par malheur, vous mésestimez les distances entre une porte et votre personnage, vous vous retrouverez souvent avec une grenade à la main plutôt qu'avec la poignée de la porte en question. Cela dit, un peu d'entraînement devrait suffire à vous faire surmonter ces quelques désagréments.

Les Rainbow disposent bien entendu d'un matériel dernier cri pour mener à bien leur tentative de sauvetage. On pourra donc user d'une petite caméra serpent, qu'on glissera discrètement sous une porte afin d'observer son environnement et ainsi préparer une incursion. Un plus appréciable, d'autant que les ennemis ne se montreront pas très conciliants. En effet, l'I.A., bien que modeste, est un cran au-dessus de celle des troufions de SOCOM (vous me direz, ce n'est pas un exploit). Les combats seront donc intenses, fort heureusement, puisque Rainbow Six Vegas est avant tout un jeu d'action pure. Point de manoeuvre subtile pour aborder un casino par exemple, et d'ailleurs, point de casino du tout... En effet, Rainbow Six Vegas ne semble justifier l'emploi du nom de la ville américaine que lors des cinématiques. Le reste du temps, en jeu donc, vous vous contenterez de traverser une riche villa, des entrepôts sinistres, une station d'épuration et un aéroport. Mais si l'on pardonnera volontiers au soft son manque de glamour et de paillettes, on risque d'être un peu moins généreux envers se durée de vie. Et pour cause, l'aventure Rainbow Six Vegas ne s'étend que sur cinq niveaux, certes découpés en plusieurs sous-sections, mais qui ne vous occuperont guère plus de six heures. Outre un mode multijoueur sympathique mais malheureusement limité à quatre joueurs, ainsi qu'un mode «Chasse aux terroristes» divertissant mais limité, le jeu ne repose en fait quasiment que sur sa petite quantité de checkpoints pour allonger sa durée de vie faiblarde. Pire, le joueur n'aura pas l'occasion de s'approprier les armes des ennemis tombés au combat et devra se contenter de son stock de munitions de départ pour compléter la mission. Quelle frustration de se retrouver à court alors que seuls deux pelés se trouvent encore sur notre chemin !

Hiro, le 05 juillet 2007