Zendoku

Test Nintendo DS

Zendoku n'est certes pas le premier titre de sudoku à voir le jour sur console portable, mais il est bien le seul à sortir du lot en combinant originalité et efficacité. Sa grande force vient du fait qu'il s'agit en réalité d'un puzzle-game conçu essentiellement pour les affrontements en versus, et qui, à partir des règles de base du sudoku, réussit à imposer son propre système de jeu.

La plupart des gens qui, du jour au lendemain, cessent de jouer au sudoku, ne le font généralement pas parce qu'ils ont le sentiment de perdre leur temps mais plutôt par lassitude. Le concept a beau être très intéressant, il est probable que le caractère passif de ce jeu de logique finisse par ennuyer même les plus enthousiastes au départ. Voilà pourquoi Zendoku arrive à point nommé pour nous présenter le sudoku sous sa forme la plus dynamique qui soit, au travers d'un puzzle-game qualifié de "sudoku battle action".

Concrètement, l'intérêt de ce titre est d'adapter les règles de base du sudoku aux parties à deux joueurs, de façon à les rendre propices aux affrontements en face-à-face. A partir de là, si on considère le sudoku comme un vrai puzzle-game et non pas comme un simple jeu de logique, on comprend facilement pourquoi le soft a besoin d'un mode multijoueur pour être valable à long terme. Bien sûr, si vous êtes plutôt du genre à privilégier les parties d'un Tetris en solo au détriment des bons vieux duels, vous risquez peut-être de ne pas y trouver votre compte, mais vous passeriez à côté de quelque chose de grand. Zendoku a en effet le mérite de faire de ces matches en versus son mode de jeu principal, reléguant les parties libres au second plan. Un choix très pertinent puisqu'il permet de percevoir tout de suite l'intérêt du jeu, sans s'endormir devant des grilles classiques en temps limité. Malgré tout, ceux qui recherchent ce type de défis auront tout de même la possibilité de le faire en passant par le mode Zen du titre d'Eidos, où ils pourront également choisir de jouer de façon habituelle avec des chiffres ou bien de s'essayer au système des symboles.

D'autres softs du même genre avaient déjà tenté d'introduire la notion de dessins ou de symboles, histoire de varier un peu la donne, mais Zendoku, lui, nous l'impose carrément. On pourrait s'en insurger car cela nous oblige à nous familiariser avec ces derniers avant de parvenir à les utiliser aussi rapidement que les chiffres de 1 à 9 sans avoir à réfléchir trop longtemps, mais on se rend compte dans la pratique que ça ne dénature en rien l'efficacité de l'ensemble. Après quelques parties, on n'y fait d'ailleurs même plus attention, et on jongle avec ces sumos, ces dragons et ces pandas comme s'ils avaient toujours été là. Le soft baigne en effet dans une atmosphère assez particulière puisqu'elle s'inscrit dans le thème des arts martiaux. Tous les personnages que l'on peut choisir ont pour objectif d'apprendre à maîtriser un style de combat différent, leur niveau étant indiqué par leur grade. Ce dernier augmentera à chaque nouveau duel remporté, sachant qu'il faudra les faire évoluer individuellement dans le mode Quête. Et comme les personnages à débloquer sont plutôt nombreux, on ne peut pas dire qu'on soit lésé en terme de durée de vie.

Ce mode Quête constitue bel et bien l'argument majeur du soft, avec le multijoueur, puisqu'il permet de livrer des matches en versus contre un CPU de plus en plus habile. La progression est même scénarisée et nous présente la rencontre entre chaque belligérant sous forme de courts dialogues. Une fois le combat lancé, il faut faire en sorte de terminer sa grille de sudoku pour terrasser l'ennemi, en évitant que votre propre jauge de vie ne tombe à zéro. Mais dans Zendoku, on ne se contente pas de remplir les cases en essayant d'aller le plus vite possible, on doit aussi jouer de manière agressive pour ralentir son adversaire en l'attaquant. Pour cela, il suffit de compléter une ligne, une colonne ou une région, afin d'envoyer un malus qui se traduira par une gêne dont l'autre joueur devra se débarrasser avant de pouvoir continuer. Si c'est vous qui recevez une attaque, vous devrez vous défendre de la même façon en résolvant l'un des mini-jeux susceptibles d'apparaître à l'écran à ce moment-là. Il faudra par exemple détruire une rangée de blocs, couper des cordes, chasser une nuée de parasites, tourner un verrou, dérouler un manuscrit, ou encore éteindre des bougies. Sur DS, ces épreuves prennent tout leur sens grâce à l'écran tactile et aux mouvements à effectuer au stylet, sans oublier les fois où il faut souffler dans le micro. Cette version est donc parfaitement intuitive et ergonomique pour ce qui est des mini-jeux, mais aussi idéale pour interagir sur la grille. Il est même possible de faire des combos pour amplifier la puissance des attaques, mais aussi de renvoyer celles qu'on vous envoie en plaçant le symbole fétiche de votre personnage sur la grille avant que le malus ne vous arrive dessus.

Le système a surtout le mérite de vous pousser à prendre des risques pour accélérer le rythme de la partie afin de prendre votre adversaire de vitesse, quitte à faire quelques erreurs qui, de toute façon, vous aideront à progresser bien mieux que si vous remplissiez tranquillement votre grille en solo. En plus de la réflexion imposée par le remplissage de la grille, il faut donc aussi se concentrer sur la bonne stratégie à mettre en place pour vaincre sans jouer les kamikazes. La moindre erreur de placement sur la grille entraînerait non seulement la baisse de votre jauge de vie, mais aussi le remplissage automatique de plusieurs cases sur la grille de l'adversaire. D'un autre côté, ce genre de prise de risques peut vous aider à réunir plus rapidement les conditions nécessaires au déclenchement de vos attaques, quitte à mal commencer la partie pour terminer de manière écrasante. Un vrai dilemme ! Vous aurez compris que les duels en mode Quête sont vraiment sympathiques, et c'est encore mieux en multijoueur où il est possible de jouer en face-à-face ou en coopération. Les parties libres vous permettent néanmoins d'opter pour 5 niveaux de difficulté différents sur des puzzles en temps limité, d'autant que le soft bénéficie d'un générateur de grilles infinies. Espérons que le prix attractif de Zendoku incitera les amateurs à s'y intéresser, car il a vraiment tous les atouts pour vous faire passer de très bons moments.

Romendil, le 20 avril 2007