Pro Evolution Soccer 6

Test Nintendo DS

Fichtre ! Les joueurs DS auront dû attendre près de quatre mois pour voir PES 6 fouler de fraîches pelouses de la console portable. Un décalage qui n'est pas anodin dans le sens où l'on s'aperçoit très vite que cette version n'a pas profité d'une attention et d'un soin égaux à ceux de ses consoeurs. Konami ne mise donc finalement pas une cacahuète sur une simulation footballistique sur DS. C'est bien dommage.

En dehors du fait qu'il est plus tard que trop tard pour commercialiser un jeu de foot, quel que soit le support, il faut bien avouer que le retard pris par l'opus DS sur les autres supports n'est pas perçu d'un bon oeil dans la mesure où la console de Nintendo est un marché encore à conquérir en la matière - FIFA, seul concurrent, ayant franchement déçu. Pourtant, Konami, pris de court semble-t-il par le développement de sa célèbre série sur consoles de différentes générations, tente le coup et mise tout ou presque sur la réputation du jeu pour attirer les possesseurs DS avides d'offensives bien construites. Mais sans conviction. En effet, si l'on prend le risque presque légitime de le comparer à la version PSP, PES 6 DS ne propose qu'une ébauche de contenu et ne profite à aucun moment ou presque de ce qui fait l'originalité de la console : l'écran tactile et le stylet. On a dû se poser la question, chez Konami, de comment implanter des fonctionnalités originales au jeu sachant qu'il garde sa nature de simulation. Manifestement sans réponse.

Dans la mesure où porter un jeu sur DS est à peu près impossible, toute l'interface et tout le contenu sont spécialement développés pour le jeu et s'articulent autour de modes de jeu et possibilités exclusifs. Qui dit exclusif ne dit pas forcément original ou bien choisi. Au menu, matchs amicaux, entraînement basique, coupe Konami (à quatre, huit ou seize équipes), réseau (à deux joueurs avec une ou deux cartouches) et un semblant de Ligue des Masters répondant au nom de "Tour du monde". En terme d'équipes jouables, les mines blanchissent très vite après avoir constaté que les clubs sont à 95 % aux abonnés absents mis à part les quelques survivants que sont Arsenal, le Celtic Glasgow, les Glasgow Rangers, l'Inter Milan, Manchester United, le Milan AC, Parme, le FC Porto, l'AS Rome. Par manque de place, sans doute. En revanche, on ne pourra pas reprocher au jeu d'être incomplet en ce qui concerne les équipes nationales puisque les habituées de la série répondent à l'appel. Terminons le tour d'horizon en précisant qu'un mode modifier est bien au rendez-vous et propose de changer les noms des pays et les noms, numéros, tailles, couleurs des cheveux et couleurs de peau des joueurs. En revanche, pas de transferts ou de créations possibles.

Dans le mode Tour du monde, le joueur débute avec l'équipe originale de LM composée des désormais célèbres Castolo, Minanda et compagnie et doit franchir des paliers sous forme de groupes composés d'équipes nationales issues des différentes confédérations. L'objectif est donc de terminer à chaque fois en tête du groupe afin d'atteindre la dernière des onze poules. Toutefois, la compétition ne se fait pas intégralement avec les joueurs par défaut puisqu'on peut acquérir les meilleurs éléments adverses en remportant les matchs, puis en se rendant dans le "Gacha-set". Qu'est ce donc ? Eh bien tout simplement un distributeur de joueurs, une tirette comme on en voit dans les fêtes foraines. Il suffit d'y plonger une pièce (les pièces se gagnent au fil des victoires et des bonnes performances) et d'attendre qu'une boule en sorte pour découvrir l'identité du joueur acquis. Il est ensuite possible (ou non, c'est au choix) de lui attribuer une place dans l'effectif, au détriment d'un autre membre. Au total, il faudra donc venir à bout d'environ 60 sélections pour en voir le bout, ce qui constitue, vous le devinez, la plus grande partie de la durée de vie du jeu, finalement très limitée en solo voire même en multi.

Quoi de neuf du côté du gameplay ? Malheureusement, rien. Ce serait sur GBA qu'on n'y verrait pas la différence. La seule fonctionnalité de la console utilisée pendant le match est l'écran tactile qui sert à régler la mentalité offensive/défensive de l'équipe sur une échelle de cinq valeurs. Le reste du jeu se veut très classique mais offre tout de même de bonnes sensations et une variété d'actions et de constructions d'offensives assez poussée pour un jeu sur console portable. Toutefois, une Nintendo DS n'est pas ce que l'on pourrait appeler le support idéal pour PES, la faute à des gâchettes pas forcément bien situées et pourtant indispensables. Notez d'ailleurs que le seul mouvement technique s'effectue (avec la configuration par défaut) avec la touche L, il s'agit du passement de jambes. En dehors de cela, on notera une IA un peu en manque d'inspiration, un paquet de ralentissements aux abords de la surface de vérité, une absence totale d'ambiance sonore, une vue unique, des coups de pieds arrêtés imprécis... Malgré toutes ces tares, un point important relève le niveau du jeu. Il est en effet possible de préparer minutieusement sa formation à l'aide des mêmes outils que sur les autres supports. On échappe donc aux tactiques préétablies et à l'impossibilité de modifier les positions du onze de départ. C'est toujours ça de gagné.

Rivaol, le 22 février 2007

  • Editeur : Konami
  • Développeur : Konami
  • Type : Sport
  • Multijoueurs : jusqu'à 2 joueurs en Wi-Fi
  • Sortie France : 22 février 2007
  • Version : française intégrale
  • Classification : Pour tous publics
  • Web : Site web officiel
  • Existe aussi sur :
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