RTL Winter Games 2007

Test PC

L'année dernière se déroulaient les XXèmes olympiades d'hiver, à Turin. Des records tombaient, des récompenses pleuvaient, des vocations naissaient. Que reste-t-il, douze mois plus tard, de ces armées de sportifs au nez rougi par le froid, portant les couleurs d'une nation dont l'unique objectif est de bien figurer au tableau des médailles ? Eh bien, entre autres, RTL Winter Games 2007, un titre sans prétention aucune, sans licence non plus mais animé par un vif esprit de compétition.

Précisons d'entrée, sans échauffement préalable, que cette production 49 Games n'est en aucun cas le dérivé d'un Torino 2006 arrivé un peu en retard et qu'il ne s'appuie sur aucune licence officielle, pas même au niveau de l'identité des participants(es). Les moyens déployés pour son développement ont donc davantage servi à proposer une jouabilité légèrement différente de ce que proposent les jeux multi-épreuves qu'à s'offrir des noms prestigieux. Un choix délibéré, plutôt logique d'ailleurs, même s'il n'aurait pas été désagréable d'incarner le bientôt retraité Raphaël Poirée ou la récente championne olympique Florence Baverel-Robert. Quoi qu'il en soit, voilà bien là un titre qui fait le tour des disciplines les plus connues et plébiscitées de ce sport souvent un peu sous-médiatisé, ne vivant qu'à travers des événements majeurs. Et comme il n'est pas toujours aisé de maîtriser une paire de skis, une luge ou une lourde pierre en granit poli, rien de tel qu'un gameplay arcade pour intéresser néophytes comme initiés dans des parties trouvant leur réel intérêt en multi.

On retrouve dans ce RTL Winter Games 2007 10 disciplines pour 15 épreuves distinctes : ski alpin (descente, super-G, slalom et slalom géant), curling (trois modes), bobsleigh (à deux ou à quatre), luge, saut à ski (deux pistes), biathlon et patinage de vitesse (sur 500 ou 1500 mètres). Un contenu plutôt exhaustif et assez varié pour dépayser un minimum lors du passage d'une épreuve à l'autre. Paradoxalement, il ne faut guère plus de trois quarts d'heure pour voir le bout d'une compétition faite de treize épreuves (il est parallèlement possible de n'en choisir que sept). Tout s'enchaîne très vite et ne vous laisse pas le temps de vous entraîner, de vous tester, d'apprendre à connaître le terrain lorsque cela est nécessaire. Reste alors le mode campagne qui n'est en fait qu'une succession de défis à réussir et dont la difficulté augmente sensiblement au fil des succès, des parties uniques et des compétitions personnalisées. Celles-ci vous offrent la possibilité de choisir l'ordre et le nombre des disciplines du tournoi (jusqu'à seize), tout en ayant l'opportunité de faire intervenir telle ou telle épreuve plusieurs fois. Idéal pour monter de toutes pièces un ensemble d'épreuves dans lesquelles on se sent à l'aise, surtout lorsqu'il est question de défier un, deux ou trois autres humains. En effet, c'est en optant pour le multijoueur que l'on prend le plus de plaisir, malgré, il faut le noter, une IA suffisamment irrégulière pour qu'on associe son comportement à celui d'un humain.

En terme de gameplay, si certaines disciplines nécessitent plusieurs dizaines de minutes de pratique intensive pour en maîtriser l'intégralité des subtilités, il faut avouer que l'on s'est bien gardé, du côté des développeurs, de livrer des bonnes ou mauvaises surprises de dernière minute au joueur. Si quelques originalités font leur petit effet (la gestion de l'effort plutôt poussée pour le biathlon, le balayage tactique au curling ou encore le parallélisme des skis lors d'un saut d'une centaine de mètres), on est suffisamment assisté pour n'avoir à gérer qu'une partie de l'effort. Par exemple, lors de la descente en luge ou en bobsleigh, la trajectoire est automatisée et l'objectif est de la corriger lorsque la situation l'exige. Idem pour ce qui est du patinage de vitesse durant lequel on n'influe pas une seconde sur le choix des trajectoires du patineur mais seulement sur le tempo qui doit être le sien dans les lignes droites et les virages. Un minimum de touches est en ce sens utilisé, limitant les risques de chutes ou d'erreurs grossières. Mais après tout, l'inverse eut été surprenant pour un jeu très arcade... Cependant, pas de quoi diminuer la fierté qui est la nôtre au moment de la remise des médailles et de la constitution du podium, récompense ultime. Cerise sur le gâteau, les hymnes officiels sont joués, comme si vous y étiez.

Vous l'aurez compris, le jeu distribué par Nobilis n'a rien de révolutionnaire. Pourtant, dans le but d'éviter les simples pressions d'une touche destinée à lancer les débuts d'une épreuve et la course de notre avatar, quelques idées ont émergé pour rendre les départs amusants mais aussi stressants. Nous prendrons l'exemple du patinage de vitesse (un bon départ est conditionné par un matraquage alternatif de deux touches différentes) ou encore du bobsleigh (la poussée se fait en pressant une touche lorsqu'un voyant lumineux parcourt les extrémités d'un cercle). Mention spéciale au biathlon et au fait qu'un skieur fondeur fatigué aura du mal à ne pas trembler et à se concentrer au tir sur cibles. Il est donc primordial de niveler son effort en fonction de la distance restant à parcourir, de la difficulté du tracé et de la position occupée. Si ce n'est pas le cas, il est toujours possible de retenir brièvement sa respiration avant d'appuyer sur la gâchette, ce qui là aussi, pompera un peu d'énergie au skieur. Une bonne idée, comme l'est de manière générale le jeu, même si l'on regrettera au final l'absence d'un mode online qui aurait considérablement dynamisé les épreuves et rendu les performances plus exceptionnelles encore.

Rivaol, le 14 février 2007