Alexandra Ledermann : Aventures au Galop

Test Gameboy Advance

De toutes les productions GBA, la console de la petite soeur par excellence, celles sur l'équitation tiennent un rôle plus important qu'il n'y paraît. Ponts entre ce jeune public féminin et le jeu vidéo, elles doivent avant tout satisfaire un aspect pédagogique sans négliger le divertissement. Alexandra Ledermann, qui en est à son deuxième coup d'essai sur GBA, a-t-elle trouvé l'équilibre ?

Après son arrivée loufoque sur la vénérable portable de Nintendo sous forme de jeu de gestion économique, la médaillé de bronze à Atlanta accole son nom à un titre bien plus classique. Plus simple et plus sincère aussi, aurait-on envie de dire. Le scénario n'est pas le condensé de superficialité aperçu sur la version DS : ici, la donzelle de pixels est une vacancière lambda qui accepte de s'occuper du cheval d'une amie partie pour quelques temps. Les parents de la miss sont malheureusement opposés à cette idée : c'est trop facile, ça, ma fille, et qui c'est qui va payer ? Une solution se présente cependant : confier le bourrin à un club qui le logera et le nourrira à condition que vous vous chargiez de la gestion et de l'entretien du canasson. Et vous pourrez même l'emmener sur les chemins du dressage et de la compétition de sauts. Ce pitch, si il n'a rien de très original, est un reflet beaucoup plus pertinent du public susceptible d'acheter le titre.

Sorti de ce bon point, ces Aventures Au Galop présentent les mêmes carences si caractéristiques de la série mais on sent néanmoins poindre un effort dans la conception. Ainsi, la phase de l'entretien, si elle reste tout aussi limitée (passer quelques coups de brosse, remplir les écuelles) ne prend que deux minutes par jour. Pas assez pour réellement nous gêner. Dommage que les développeurs croient encore en la pertinence de ce changement de journée imposé après le moindre exercice physique du canasson. L'opération est rapidement redondante. Après avoir veillé au bien-être de l'équidé, trois possibilités s'offrent à vous : le dressage, la balade ou le saut d'obstacles. Le premier de ces exercices est difficile à assimiler. Il vous faut réguler, le long d'un parcours divisé en tronçons, l'allure du cheval, puis exécuter des figures, c'est-à-dire des trajectoires précises. Le manque de repères dans l'interface et l'absence d'explications est vraiment regrettable, d'autant plus que cette gymnastique est assez technique et réussie. La balade n'a aucun intérêt, si ce n'est de prendre en main la conduite de l'animal avant d'aller se frotter à la compétition dans le saut d'obstacles. Laquelle s'avère évidemment très simple d'accès, lente, minimaliste, mais, encore une fois, cohérente avec un public qui cherche ses marques pour simplement utiliser sa console.

Autour de ces axes principaux, le titre s'attache à offrir un brin de personnalisation au joueur. D'abord par le biais du système d'expérience, qui prend en compte vitesse, résistance et puissance du bourrin. Pour quelques points gagnés, de nouveaux items viennent remplir votre stalle, l'endroit ou vous chapeautez la petite vie du cheval. Alors, d'un côté, les apports de ces montées en puissance ne sont pas du tout tangibles, mais de l'autre, les nouveaux objets d'entretien apparaissent rapidement et régulièrement. A boire et à manger, donc. La personnalisation de son canasson est par contre vraiment trop simpliste pour être acceptable. On ne peut même pas changer le nom de l'animal. Dernier effort des développeurs et petite réussite : l'éditeur de circuits d'obstacles. Il est bien pensé. Certes, ça ne va vraiment pas chercher loin puisque vous disposez de seulement cinq éléments de "level design" mais c'est amplement suffisant pour que tout un chacun puisse reconstituer à peu de choses près le même parcours que son propre club d'équitation. On finit avec la réalisation et la finition, qui alternent le bon, un visuel propre et relativement bien animé, avec du médiocre, une bande-son AB productions et un manuel très mal localisé (des absences de traductions par-ci par-là) et trop succinct. Dans l'ensemble, le titre est sans peine meilleur que la première version GBA mais reste dramatiquement cantonné à un public pour qui l'exigence est une notion encore très vague.

Aiste, le 05 janvier 2007