Souris City

Test Gameboy Advance

Fin novembre de l'année dernière, les salles obscures se voyaient envahies par une multitude de rongeurs animés par les soins des studios Dreamworks et Aardman. Souris City, puisque c'est le titre français du long métrage, beaucoup moins classieux que le titre original qu'on pourrait traduire par "emporté par la chasse d'eau" s'embarque aujourd'hui sur votre console portable préférée pour en grignoter les composants.

Le soft reprend bien entendu le scénario de son paternel pelliculé. Roddy est une souris de la haute qui vit dans le quartier huppé de Kensington. Les cheveux gominés, vêtu d'un costume Giorgio Armani qui ferait pâlir d'envie un Ricky Martin au faîte de sa puissance, Roddy mène une vie de patachon pleine de luxe, de volupté et d'abondance. Mais c'est sans compter l'arrivée de Sid, un rat d'égout qui s'est soi-disant égaré dans le coin. Déterminé à se débarrasser du gêneur malodorant, Roddy tente de lui faire croire que les toilettes ne sont qu'un jacuzzi au design moderne. Malheureusement pour lui, son plan machiavélique se retourne contre lui et il se retrouve à tournoyer frénétiquement dans les canalisations tel un étron à la pilosité surdéveloppée. Roddy va alors découvrir un monde dont il ignorait tout et vivre une incroyable aventure qui le changera à jamais.

L'histoire est d'ailleurs (re)contée par le biais de plans fixes obligatoires car empruntés au film et de petites animations réalisées avec le moteur du jeu. Le tout pour un résultat des plus convaincants. Ces animations sont amusantes et plutôt mignonnes et c'est exactement ce qu'on était en droit d'attendre pour un jeu adapté d'une oeuvre Aardman. Mais si je me permets de parler de la mise en scène en premier, c'est en fait qu'il n'y a vraiment que ça de remarquable dans le soft. Le titre en lui-même est bien trop classique et surtout ennuyeux pour susciter la moindre étincelle d'intérêt chez le joueur. L'humour et le charme des cinématiques ne se retrouvent pas dans le jeu lui-même. Souris City est en fait un titre de plates-formes des plus basiques avec quelques niveaux de shoot jetés au milieu.

En fait, on dira jeu de plates-formes faute de mieux pour décrire un soft dans lequel les combats sont incessants, et totalement dénués d'intérêt puisqu'il suffira bien souvent de matraquer sans relâche ni cérémonie le bouton B. Et ce n'est pas le fait de pouvoir choisir plus tard entre les deux personnages principaux, Roody et Rita qui changera la donne. On fait donc évoluer sa souris de prédilection dans des niveaux quelque peu labyrinthiques en ouvrant quelques portes, et on se fait surtout agresser en permanence par les nombreux ennemis qui pullulent dans les égouts. Limaces, cafards, mouches, araignées, rats et grenouilles se jettent constamment sur vous pour tenter de vous réduire à ingérer du Roquefort par intraveineuse jusqu'à la fin de vos jours. Les ennemis ne sont pas difficiles à vaincre, mais ils se succèdent parfois par vagues de 10 ou 15. Même si voir Roddy gesticuler comme un éventail pris dans une tornade est divertissant, appuyer sur le bouton B devient extrêmement lassant au bout de quelques niveaux. Ce n'est pas tant que le jeu est mauvais, mais simplement que rien n'est fait pour maintenir l'intérêt du joueur. Seuls quelques sessions passées aux commandes du Jammy Dodger, le bateau de Rita permettent de changer sensiblement le rythme de jeu. On se retrouve donc à tirer sur tous les ennemis à portée tout en cherchant à éviter les collisions avec les nombreux détritus qui encombrent les égouts alors que l'écran défile de droite à gauche.

Même si vous êtes blessé, vous n'aurez pas le moindre problème pour venir à bout du titre. Souris City est un titre destiné aux plus jeunes et cela se voit. Les développeurs ont peut-être même sous-estimé la capacité des petits gamers à appuyer sur le bouton B tant le titre est facile, au point que c'en est presque déconcertant. Tous les ennemis lâchent des bonus de vie au moment de leur trépas et de fait, Roddy et Rita se régénèrent donc constamment. Et si le joueur parvient malgré tout à mourir, en s'acharnant avec soin à ne pas riposter aux coups ou en se jetant avec précision et rigueur dans les eaux putrides des égouts, on lui propose tout simplement de continuer ou pas. Nul besoin de recommencer le niveau au début, on reprend tout simplement là où on en était. Et quand il s'agit de boss de fin, le jeu pousse même le vice jusqu'à ôter la moitié de la barre de vie du vil représentant des forces du mal si vous décédez en l'affrontant.

Hiro, le 02 janvier 2007