Tony Tough 2

Test PC

Vous vous souvenez de Tony Tough, le minuscule détective privé à l'imperméable jaune et à l'humour aussi cynique que le maître Woody Allen lui-même ? On a découvert le personnage en 2003 alors qu'il menait l'enquête pour démasquer l'effroyable voleur de bonbons d'Halloween. Cette suite est l'occasion de le retrouver dans une autre affaire, bien antérieure à la première puisqu'elle se déroule pendant les tendres années du brave Tony.

Il faut reconnaître que le premier Tony Tough était plutôt singulier dans son genre. Bien qu'il puisait son inspiration à la source, c'est-à-dire dans l'immense héritage laissé par les Lucasarts de la grande époque, dont il reprenait une réalisation cartoon en 2D ainsi qu'un humour omniprésent, le jeu avait déconcerté de nombreux joueurs. D'une part à cause de la personnalité du héros, portant un regard amer sur tout ce qui l'entoure, mais aussi par son déroulement, limitant l'investigation au seul parc d'attractions de la ville. En clair, on tournait pas mal en rond à la recherche d'indices pas forcément simples à déceler. Le cas de Tony Tough 2 est sensiblement le même puisque le jeu entretient encore beaucoup de points communs avec son aîné, parmi lesquels une unité de lieu et un humour réellement à part. La différence, c'est que la recette fonctionne difficilement dans ce second volet bien moins attachant que le premier.

Comme dit un peu plus haut, Tony Tough 2 prend place alors que le héros traîne encore ses fesses sur les bancs de l'école. Nous sommes en 1953, dans la petite bourgade de Washington, en plein coeur du Nouveau Mexique. Le jeu se concentre sur la vocation naissante de Tony pour les enquêtes et sur son envie dévorante de devenir détective privé. On le suit donc à travers ses premières "affaires", et plus particulièrement alors qu'il enquête sur la disparition de la petite voisine. Le jeu ne quitte pas la minuscule ville de Washington qui remplace pour ainsi dire le parc du premier volet. Quelques rues, à peine plus de maisons... Le monde de Tony n'est pas très grand et on en fait rapidement le tour. Le héros peut se balader presque librement dans la ville mais beaucoup de portes sont condamnées et l'empêchent de passer. Certaines s'ouvriront plus en avant dans le jeu, d'autres pas. C'est d'ailleurs en se promenant et en fouinant un peu partout que l'apprenti détective rassemblera des objets qu'il devra bien souvent utiliser ailleurs en détournant leur fonction première.

Si la collecte d'objets occupe une part importante du gameplay, Tony Tough 2 est aussi largement axé sur la parlotte avec les rares personnes encore en vie à Washington. Les dialogues sont pour ainsi dire sans fin et n'arrivent généralement pas à captiver l'attention du joueur. La faute à un humour tellement décalé qu'il en devient presque prévisible mais surtout à un doublage raté. Impossible en effet de supporter la voix française de Tony. Déjà spéciale dans le premier jeu, elle devient carrément irritante dans cette suite. L'acteur au micro force volontairement sur le côté nasillard de la chose et livre une performance assez insoutenable, même pour lui puisque pour certaines répliques, on sent clairement un relâchement au niveau de la voix. Le reste des personnages ne pose heureusement pas tant de problèmes et le doublage se montre plutôt correct dans l'ensemble. Pour l'humour par contre, rien à faire, ça ne passe pas. Le jeu pousse un peu loin son délire du "décalé à tout prix". Voir un gamin demander à un adulte si son entreprise propose des services sexuels, ça ne passe pas, désolé.

Et puis bon, si ce n'était que ça. Mais Tony Tough 2 n'est pas non plus un modèle au niveau de la réalisation. La 3D n'est pas vraiment fine et les animations sont insuffisantes pour donner vie aux personnages. Le jeu souffre également d'un grave problème dans sa mise en scène. Les cinématiques se déclenchent au mauvais moment, rendant l'histoire impossible à suivre. C'est bien simple, à chaque début d'acte (le jeu est ainsi divisé en plusieurs scènes), on assiste à la même cinématique à laquelle d'autres viennent parfois s'ajouter, pour ensuite intégrer d'autres séquences qui n'ont rien à faire là, le tout avant de nous remettre dans le jeu, au moment où on l'avait quitté. Bref, on ne comprend absolument rien à l'intrigue, ce qui ne motive pas non plus à s'investir plus que ça. Dommage, on plaçait pourtant pas mal d'espoirs dans ce Tony Tough 2.

Jihem, le 15 novembre 2006