The Legend of Spyro : A New Beginning

Test Gamecube

A la manière des stars déchues que l'on voit régulièrement ressusciter à la télé et tenter un come-back généralement perdu d'avance, Spyro revient pour la sixième fois cracher du feu sur consoles. Véritable emblème de la fin des années 90, le petit dragon n'a pas encore trouvé sa place dans les années 2000 avec des épisodes plus décevants les uns que les autres. L'heure du renouveau a pourtant sonné. Bien trop tard, malheureusement.

On ne va pas perdre de temps en détours inutiles et on va le dire dès à présent : ce nouveau Spyro est nul. Oui, je sais bien que c'est un peu cru dit comme ça, mais je vous assure, cette nouvelle déclinaison du dragon violet est absolument nulle. D'abord parce qu'elle n'est pas amusante, ensuite parce qu'elle ne respecte aucune - et je dis bien aucune - des caractéristiques de la série, enfin parce qu'elle est mal réalisée. Laissez-moi vous expliquer. Tout débute par la mise en place de l'intrigue. On y apprend vite que Spyro est une sorte de Moïse, appelé à libérer les siens des griffes du maléfique dragon Cynder. Sauvé de justesse alors qu'il n'était encore qu'un oeuf, puis abandonné sur la rivière, Spyro sera recueilli par une famille de libellules, ce qui l'amènera à devenir le meilleur ami de Sparx, l'insecte qui l'accompagne dans chacune de ses aventures. Spyro finira par découvrir un jour qu'il n'a rien d'une libellule mais qu'il est un vrai dragon, un dragon violet qui plus est, et donc qu'il possède un avenir exceptionnel puisqu'il devra affronter Cynder pour le réduire à néant. Ce n'est qu'après avoir été initié aux pouvoirs des souffles élémentaires (feu, électricité, glace et terre) auprès de quatres maîtres dragons que Spyro pourra espérer battre le Maître Noir. Bien. L'histoire de ce volet est un poil plus sombre que les précédentes, mais rien encore de bien gênant dans la découverte du titre.

Les premiers pas sont par contre assez déconcertants. A la manière d'un beat'em all, des barres d'énergie font leur apparition pour indiquer le niveau de santé de Spyro mais aussi des ennemis touchés. On trouve également une jauge pour limiter l'utilisation des pouvoirs spéciaux - comprenez l'utilisation des flammes et autres rayons de glace et d'électricité. Pour recharger ces jauges ou améliorer l'efficacité des pouvoirs, il faudra récupérer des gemmes en tuant des ennemis ou en brisant des cristaux éparpillés un peu partout. A propos de gemmes, notez que Gros-sous, l'ours qui vous rackettait systématiquement dans les volets précédents, a totalement disparu, de même que Chasseur, Blinky et tous les autres personnages clés. Seuls Spyro et Sparx reviennent ici, perdus au milieu d'un univers qui ne leur convient plus franchement. Largement axé sur le combat (les phases de plates-formes sont quasiment inexistantes), ce volet marque clairement une rupture avec le passé de la série. Finis donc les niveaux ouverts ou la chasse aux gemmes, place à des séquences de combats totalement soporifiques dans lesquels Spyro mettra à profit son enseignement. Le joueur pourra ainsi tenter les quelques techniques et autre combos appris, ou simplement faire n'importe quoi avec les touches de la manette, ce qui fonctionne aussi bien. Les niveaux sont également très peu nombreux et on ne compte que deux pauvres phases de vol, là encore bien différentes de ce qu'on connaissait du dragon. Ces séquences sont simplement présentes pour nous permettre de détruire des vagues d'ennemis qui se jettent sur nous, mais rien d'amusant, là non plus.

Niveau réalisation, c'est aussi la catastrophe. Accusant bien des lacunes au niveau graphique, le titre devient même injouable par une profusion d'effets spéciaux qui arrivent de toutes parts. Dès qu'un combat s'engage et que le dragon crache quelques flammes, c'est fini : l'écran est envahi de fumée et d'explosions qui cachent littéralement l'action. D'où cette idée persistante que les affrontements se règlent à l'aveugle sans jamais se servir des combos, ce qui est est finalement assez gênant pour un titre qui mise tout son gameplay là-dessus. Râté, lassant et répétitif, voilà donc comment définir ce nouveau Spyro. Cabrel avait raison, "c'était mieux avant".

Jihem, le 30 octobre 2006