Mega Man Battle Network 6 : Cybeast Falzar

Test Gameboy Advance

L'homme au bras bionique ne connaît décidément aucune baisse de régime puisqu'il est de retour sur GBA dans un sixième épisode de Megaman Battle Network. Et comme il en a désormais l'habitude, le héros de Capcom s'autorise une sortie en deux versions, suivant la mode des Pokémon.

Inaugurée en décembre 2001, la série des Battle Network se situe en marge des épisodes habituels de Megaman, laissant de côté l'action/plate-forme au profit du RPG. Depuis, nous avons droit chaque année à une nouvelle aventure du héros bionique, mais ce n'est qu'à partir du quatrième opus que Capcom a eu l'idée de décliner chaque épisode en deux versions. C'est donc bien sûr le cas de ce sixième volet, et on aurait pu s'en réjouir si les deux moutures n'avaient pas été aussi similaires. Par conséquent, que vous optiez pour la version bleue intitulée Cybeast Falzar, ou la version rouge/jaune intitulée Cybeast Gregar, vous aurez affaire quasiment au même jeu, à très peu de choses près. N'allez donc pas investir naïvement dans les deux titres en question.

Le scénario du jeu fait une fois de plus intervenir le personnage de Lan Hikaru, un jeune garçon qui n'est certes pas très bon à l'école mais qui peut prétendre au rang de meilleur chasseur de virus de Cyber City. Toutefois, Lan ne serait rien sans l'appui de son fidèle compagnon Megaman qui est en réalité une entité virtuelle dite Net Navi, et qui lui sert d'avatar pour se battre dans le vaste réseau du Net. A ces bases déjà mises en place dans les précédents volets, s'ajoute une histoire inédite qui fait intervenir les Cybeasts, deux créatures légendaires, l'une ressemblant à un loup, l'autre à un rapace, respectivement nommés Gregar et Falzar, qui menacent la sécurité du Net.

L'aventure se déroule donc dans deux univers parallèles : le monde réel et le monde virtuel. Le passage de l'un à l'autre se fait lorsque Lan connecte son Net Navi au réseau, et vous êtes généralement libre de passer de l'un à l'autre à tout moment. En règle générale, les phases d'action se déroulent uniquement dans le monde virtuel, les moments passés en compagnie de Lan étant plutôt consacrés à l'exploration de Cyber City, l'interrogation des habitants et la recherche d'indices pour faire avancer l'intrigue. Etant avant tout un RPG, le soft comporte en effet beaucoup de dialogues qui ralentissent un peu le rythme de l'aventure mais qui sont indispensables pour comprendre ce que l'on attend de vous. On peut donc reprocher une fois de plus à Capcom de ne pas avoir pris la peine de traduire les textes en français, ce qui risque de frustrer énormément les jeunes joueurs ne maîtrisant pas très bien la langue anglaise. Ces derniers devront obligatoirement se référer à la notice s'ils veulent bien saisir le système de jeu, à moins qu'ils connaissent déjà les précédents volets de la série. Après 6 épisodes, il serait temps que l'éditeur comprenne l'importance du scénario dans un RPG s'adressant principalement à un jeune public.

On ne va pas s'attarder sur le gameplay propre à la série des Battle Network, étant donné que celui-ci n'a pas beaucoup évolué depuis ses débuts. Pour résumer, les rencontres se font de manière aléatoire et donnent lieu à des combats où vous avez la possibilité de vous déplacer pour éviter les tirs ennemis. Pour frapper, vous devez choisir un certain nombre de cartes d'action que vous utiliserez ensuite directement sur la zone de jeu. Le système est plutôt bien pensé et brille surtout par son dynamisme, d'autant que le gain constant de nouvelles cartes permet de renouveler régulièrement ses stratégies. Ce nouvel opus fait toutefois intervenir des notions complètement nouvelles qui méritent quelques explications.

La première nouveauté réside dans le Cross System qui renvoie directement aux tout premiers opus de Megaman. A savoir que lorsque vous éliminez un boss (ou Link Navi), vous avez ensuite la possibilité d'utiliser ses talents, ce qui modifie l'apparence du héros en combat. Ainsi, vaincre Heat Man vous permet ensuite de bénéficier de sa puissance de feu dévastatrice face à certains Link Navis, et ainsi de suite. En plus d'être un véritable clin d'oeil aux fans, ce système permet de mieux personnaliser son schéma de jeu et de moins s'en remettre au hasard du tirage des cartes. La seconde nouveauté réside dans le mode Beast qui vous autorise à recourir aux pouvoirs des puissants Cybeasts. Dans la version bleue, par exemple, vous héritez des pouvoirs de Falzar pour affronter Gregar, et inversement dans l'autre version. Là encore Megaman change d'apparence et obtient de nouvelles capacités lorsqu'il se transforme en Cybeast. Mais ce n'est pas tout, car les deux systèmes peuvent également se combiner pour encore plus d'efficacité.

Des nouveautés intéressantes malgré le fait qu'elles constituent quasiment les seuls changements opérés depuis le précédent volet. Inutile de préciser que ce titre est à conseiller avant tout à ceux qui n'ont encore jamais eu l'occasion de découvrir le concept de Megaman Battle Network. Les autres seront forcément déçus de constater qu'après 6 épisodes, si peu de choses ont changé. On ne note aucune amélioration technique, et le fait que chacune des versions comporte 5 Link Navis différents ne suffit pas à justifier l'achat des deux moutures. Qui sait, peut-être aurons-nous même droit à une compilation de ces deux titres sur DS, comme ce fut le cas pour l'épisode 5.

Romendil, le 20 juillet 2006