Scratches

Test PC

Véritable jeu d'aventure point & click, Scratches se propose de vous faire frémir avec son ambiance oppressante. Pour tout vous dire, rien qu'à voir le titre du soft, je tremblais déjà. Pourquoi ça ? C'est tout simple : j'ai été véritablement traumatisé dans mon enfance par les baskets à fermeture scratch, au point, aujourd'hui, de préférer les chaussures à lacets. Le titre me rappelle donc des souvenirs douloureux... Plus sérieusement, à l'image de The 7th Guest, Scratches nous propose de découvrir un vieux manoir empli de mystères.

Samedi 12 octobre. Michael Arthate, auteur à succès de romans d'épouvante, arrive dans la demeure qu'il vient d'acquérir. Il s'agit d'un splendide manoir victorien situé à 20 minutes de route de Rothbury, une petite ville au nord de l'Angleterre. Le joueur dirige évidemment cet écrivain et va tout d'abord devoir visiter les lieux, une visite un peu gênée par la panne d'électricité touchant la bâtisse. Très vite, la nuit tombe et d'étranges bruits se font entendre. Vous allez devoir mener l'enquête sur ces phénomènes, ce qui va vous amener à vous intéresser aux anciens occupants du manoir : la famille Blackwood. Une famille dans laquelle un drame à eu lieu il y a de ça plusieurs années. Le mari a en effet été jusqu'à tuer son épouse avant de se donner la mort. Pour quelles raisons ? Le manoir est-il commandé par des forces occultes ? L'arrivée de notre personnage aurait-il réveillé des secrets enfouis ? C'est à vous d'éclaircir ces nombreuses zones d'ombre. Le principal point fort du jeu est bien là : c'est l'ambiance qu'il parvient à imposer grâce à son scénario mais aussi à ses textures sales et baveuses et à sa bande-son inquiétante.

Au début de l'aventure, les éléments dont vous disposez sont assez peu nombreux. Pour vous faire une idée plus précise, il va falloir fouiller la demeure de fond en comble à la recherche d'indices susceptibles de vous éclairer : vieilles lettres, clés ouvrant des portes closes, livres... Pour cela, vous vous déplacez en vue subjective en avançant écran par écran, un peu comme dans les premiers Myst. Vous disposez aussi d'une vue panoramique vous permettant de tourner la tête dans n'importe quelle direction pour chercher les nombreux objets à ramasser et ceux avec lesquels vous pouvez interagir. Et c'est d'ailleurs là qu'intervient la principale difficulté du soft. En effet, Scratches ne fait pas partie de ces jeux qui proposent de nombreux puzzles à résoudre. C'est la bonne utilisation des items qui sera votre principal souci. Les rares moments où l'on peut être bloqué arrivent lorsqu'il nous manque un item. Cela occasionne d'ailleurs un peu d'énervement quand on doit passer toutes les salles du manoir et ses environs au peigne fin.

Ces séquences où l'on tourne un peu en rond à la recherche de l'item manquant auraient pu être minimisées si on avait eu droit à un journal récapitulant les actions déjà accomplies et celles qui nous restent à faire. Hélas, il n'y en a pas et il vous faudra donc être très attentif lors des rares discussions que vous aurez avec des tiers (au téléphone exclusivement, car vous êtes seul dans le manoir) pour ne pas laisser passer un indice important. A propos d'indice, un des éléments sympa du jeu c'est la possibilité qui nous est donnée dans les options d'activer ou non l'aide. Si vous l'activez, elle se matérialisera au coeur de l'aventure par des indications qui apparaissent au bas de l'écran. Par exemple, si vous oubliez dans une chambre à coucher un élément important, lorsque vous allez sortir de la pièce, vous aurez droit à une phrase dans le genre "il me semble que j'ai oublié quelque chose". Une aide précieuse pour les personnes novices en matière de jeux d'aventure. Au final, c'est néanmoins un petit sentiment de déception qui domine. Non pas que le jeu soit mauvais, mais plutôt parce que les développeurs ont manqué d'ambition. Pas assez long, trop linéaire, trop classique dans ses mécanismes et dans son scénario, Scratches ne parvient jamais à tutoyer les sommets et demeure simplement un petit jeu d'aventure sympathique sans plus.

Super.panda, le 16 juin 2006