Heroes of Might and Magic V

Test PC

Alors que le quatrième volet d'Heroes of Might and Magic avait divisé les amateurs de la série surtout à cause de ses héros surpuissants pouvant se déplacer sur le champ de bataille, le cinquième opus a pour but de mettre tout le monde d'accord. Il ambitionne aussi de convertir de nouveaux joueurs au genre très particulier de la stratégie tour par tour grâce à ses graphismes léchés et à son excellent didacticiel qui prend par la main les joueurs au début de la campagne solo.

Avant de parler du gameplay lui-même, de petites précisions s'imposent concernant le contexte dans lequel se déroule l'aventure. Déjà, il faut savoir que le jeu s'inscrit dans un univers heroic fantasy dans lequel l'Empire Griffin se prépare à fêter le mariage de l'empereur Nicolai et d'Isabel. Hélas, la cérémonie est interrompue par une attaque de démons. Ni une ni deux, Nicolai prend les armes pour lutter, et Isabel, ne pouvant rester les bras croisés, va tenter de parcourir la région sur son cheval pour former une armée et lutter contre les envahisseurs. C'est le point de départ de la première campagne solo du jeu où vous contrôlez la jeune femme sur son fier destrier à la recherche de troupes prêtes à l'aider. Le jeu contient par ailleurs cinq autres campagnes dans lesquelles vous contrôlez les autres factions du jeu. Chacune des six factions (Havre, Nécropole, Inferno, Académie, Donjon et Sylve) dispose d'ailleurs de ses héros particuliers, de ses unités et de ses bâtiments propres. Il faut donc jouer de façon différente selon le camp que vous avez choisi.

Le principe du jeu est assez simple. Vous vous retrouvez sur une carte où votre priorité sera de trouver des bâtiments capables de produire des ressources (carrières, fermes...). Si vous en capturez un, il produira de façon régulière des matières premières qui viendront s'ajouter automatiquement à celles que vous possédez déjà. Pour ce faire, il faut explorer la carte en déplaçant ses troupes qui sont représentées par le héros qui les commande (Isabel dans les premières missions). Au fil du jeu, vous pourrez avoir plusieurs héros sous votre contrôle. Lorsque vous tombez sur un bâtiment, vous pourrez le capturer en vous y rendant. Si personne ne le garde, la prise sera immédiate, en revanche, si des unités ennemies y sont stationnées, un combat s'engagera. La vue passe alors en mode tactique et on joue sur une carte quadrillée sur laquelle on peut déplacer ses unités comme des pions sur un jeu d'échecs. On voit son héros, mais aussi ses troupes qui sont triées par type (les archers, les fantassins...). La bataille se déroule en tour par tour. En l'espèce, le groupe qui peut agir est le prochain qui apparaît dans la barre d'initiative se trouvant au bas de l'écran. Il ne peut donc n'y avoir qu'un seul groupe qui attaque à la fois et il est nécessaire d'attendre son tour avant d'agir. Cela permet de bien réfléchir à ce que l'on va faire et de planifier une véritable stratégie. On est donc à mille lieues d'un STR classique genre Age of Empires. Ici, ce n'est pas la rapidité qui compte, mais bien la réflexion.

Il est nécessaire de bien différencier le héros des unités de base. Les héros restent en effet à l'arrière de la bataille : vous ne pouvez pas les déplacer comme les unités normales comme c'était le cas dans Heroes 4. En revanche, vous pouvez très bien leur donner des ordres. Si vous voulez qu'ils attaquent un groupe d'unités précis, ils s'exécuteront et reviendront tout de suite à leur place. Ils disposent aussi de compétences spéciales. Il peut s'agir d'un sort améliorant la protection de vos troupes, d'un sort d'attaque... Ces compétences s'acquièrent à chaque montée de niveau. Des points d'expérience sont gagnés après les combats et on peut ainsi, à l'image de ce que l'on voit dans un jeu de rôle, évoluer tout au long de la partie. C'est à vous de choisir dans une liste qui s'affiche à l'écran, les compétences que vous souhaitez acquérir. Chacun devra donc déterminer la façon dont il veut faire évoluer ses héros. C'est très intéressant car on dispose de pas moins de 200 compétences, compétences qui sont différentes et varient en fonction des factions. Le côté jeu de rôle est aussi renforcé avec la présence d'un inventaire et d'un équipement pour chaque héros. Il vous faudra dénicher des artefacts spéciaux pour pouvoir équiper correctement vos personnages avec boucliers, épées...

Outre les unités dont vous disposez d'emblée et celles qui peuvent se joindre à vous spontanément ou moyennant finances tout au long de l'aventure, il vous est possible de créer vous-même vos propres troupes dans les villes. Les cités sont en effet des lieux importants dans lesquelles vous pourrez construire un bâtiment à chaque tour. Les constructions sont de trois types : il y a tout d'abord celles qui peuvent produire des ressources, ensuite celles qui améliorent les défenses pour que votre ville résiste mieux en cas d'attaque, et enfin celles qui permettent de produire de nouvelles unités (caserne, archerie...). Vous imaginez tout de suite ce qu'il faut faire : tenter de prendre le maximum de villes et de bâtiments de ressources qui sont sur la carte pour tenter de couper les vivres à l'ennemi et ainsi le battre plus facilement. Un principe très intéressant en solo et qui devient carrément jouissif en multijoueur.

Car c'est bien à plusieurs que le titre dévoile vraiment tout son potentiel. Il est possible de jouer à 8 à tour de rôle sur le même PC, en LAN ou sur internet. Vous vous dites certainement que ça doit être ennuyeux à plusieurs un jeu où il faut attendre son tour pour jouer. Eh bien pas du tout. En effet, les développeurs ont trouvé un ingénieux système pour vous permettre de ne pas rester inactif lorsque ce n'est pas à votre tour : le mode fantôme. Chaque joueur dispose en effet d'un fantôme qu'il peut contrôler lorsque c'est le tour des autres joueurs. Le fantôme peut ainsi servir à visiter la carte, mais surtout à gêner ses adversaires. Il dispose de compétences qui lui servent à hanter les mines pour abaisser la production de ressources d'un joueur adverse, à diminuer les caractéristiques d'une armée ou à prendre le contrôle de créatures neutres. Bref, même si le fantôme ne joue pas un rôle prépondérant dans l'issue d'une bataille, bien exploité il peut tout de même gêner considérablement le joueur qui en est victime. Pour mettre fin à l'influence négative d'un fantôme adverse, le joueur doit envoyer son propre fantôme l'affronter. On peut donc assister à de véritables combats entre fantômes. Très original et vraiment novateur.

Le mode multijoueur comprend 10 cartes, c'est assez peu mais un prochain patch devrait doubler ce nombre et ajouter un éditeur de niveau. Chaque partie est paramétrable. Vous pouvez choisir d'activer ou non le mode fantôme, mais aussi de définir un temps limite à chaque tour. Hormis les modes classiques, une petite nouveauté fait son apparition : le mode Duel. Dans ce dernier, deux héros s'affrontent dans une arène. Il n'y a pas de notion de création d'unités ou de constructions. Au début de la partie, vous choisissez votre héros pour entrer directement dans un combat. Hélas, le mode Duel n'est jouable qu'à plusieurs et non seul, contrairement aux cartes multijoueurs tout à fait accessibles en escarmouche. Au final, ce Heroes Of Might And Magic 5 est un excellent titre qui gomme les errances de son prédécesseur. Bien réalisé, au gameplay parfaitement pensé, il saura convaincre les amateurs du genre et convertir quelques nouveaux. Bref, c'est du lourd et c'est du bon.

Super.panda, le 18 mai 2006