State of Emergency 2

Test Playstation 2

Le premier State Of Emergency ayant fait son petit effet il y a quelques années, DC Studios remet le couvert avec un second volet toujours aussi violent et politiquement incorrect. Pourtant, bien que le titre soit plus soigné que son aîné, plus complet et également plus jouable, il se veut moins convaincant et surtout plus frustrant. La déception tient en un seul mot : difficulté.

Si on devait rapprocher State Of Emergency 2 d'un jeu autre que le premier opus, on se tournerait sans nul doute vers Freedom Fighters : même ambiance de guérilla urbaine, même principe de complémentarité entre les membres d'une équipe, même volonté d'égratigner les gouvernements, etc. Cependant, là où le soft de Io Interactive profitait d'une ambiance fabuleuse (entre autre servie par les musiques du grand Jesper Kyd), le soft de DC Studios reprend la formule du précédent épisode en aspergeant son bébé d'ultra violence. C'est un choix et si le fait de découvrir certains scriptes, synonymes de personnages tabassant des cadavres à coup de pied, peut choquer, il faudra faire avec vu que toute l'aventure sera jalonnée de tels plans saupoudrés de quelques éclatements de tête, de corps explosant sous l'impact de balles, j'en passe et des plus sanglants. Mais tout ceci ne suffit pas à faire d'un jeu un bon jeu et ça les développeurs l'ont compris, d'où l'idée d'inclure des tas de petites idées à même de consolider un brûlot vidéoludique qui ne demande qu'à trôner aux côtés d'un The Warriors dans votre logithèque.

Ainsi, le corps de Emergency 2 se compose de trois modes distincts. Le premier vous propose l'aventure principale alors que le second, Arcade, est constitué de 15 défis débloquables au fur et à mesure de votre progression dans le mode Histoire. Ces challenges renvoient à des phases de jeu spécifiques (snipe, pilotage d'hélicoptère, de char, de hors-bord...) et vous permettront d'avoir accès à quelques bonus. Enfin, le Multijoueur (pour 2 à 4 personnes en splitté) profite de défis tels le Match à mort, l'Attaque du drapeau, Dernier debout ou le mode Combat dans lequel les affrontements se disputent à l'arme lourde. Sans épiloguer pendant des heures, le multi de State Of Emergency 2 manque un peu de profondeur, d'originalité mais a le mérite de rallonger la durée de vie, surtout si vous trouvez des potes acceptant de lever le poing avec vous dans ce chaos ambiant. C'est d'ailleurs cette atmosphère révolutionnaire qui donne tout son charme au mode solo et ce dès les premières secondes de jeu...

... Qui débute lors de l'exécution de Roy Macneil. Très ironiquement, ladite exécution sert de show médiatique à une chaîne de télévision qui, par le biais d'une coupure pub, nous permet de passer du rôle de spectateur à celui d'acteur en prenant le contrôle de Mac. Une fois de plus, on remarquera à ce stade le côté dénonciateur du soft représentée par une voix nous demandant de choisir notre mode d'exécution. Heureusement, vous n'aurez pas le temps de voir le résultat vu que c'est le moment que choisiront vos anciens camarades pour vous sortir de là. Un fusil à pompe en main, la vendetta va pouvoir débuter et avec elle la promesse de délivrer des centaines de prisonniers en furie et de rétablir la démocratie dans une société tombée sous le coup d'une dictature mégalomaniaque. Vos objectifs de départ, outre le fait de vous familiariser avec la maniabilité, seront aussi le moyen de rencontrer Eddy Raymonds alias Bull. Ce dernier sera ensuite jouable à tout moment, tout comme trois autres membres qui viendront grossir les rangs de votre escouade. Cette possibilité ne sera pas à négliger sachant que chaque personnage aura des capacités propres. Par exemple, avant de sortir de prison, vous devrez défoncer quelques portes en utilisant la force de Bull qui décochera un coup de poing une fois que vous aurez réussi une petite séquence spécifique où il vous faudra appuyer alternativement sur R1 et L1.

A ce stade, le jeu semble équilibré tant en terme de scénario que de maniabilité qui se veut souple et agréable. Le nombre d'armes se monte à 18 et nous convie à switcher entre un fusil à pompe, un lance-roquettes, des flingues, une mitraillette, des grenades, des mines, etc. Mais ce ne sont que les prémisses du massacre, la suite de l'aventure s'étoffant au fur et à mesure grâce à un recrutement de soldats, des interrogatoires, du pilotage de véhicules. Le hic, c'est qu'avant d'arriver là, vous allez devoir faire montre d'une intense maîtrise de soi tant le jeu est difficile. Impossible de dire si c'est pour masquer une faible durée de vie mais malgré les quelques trousses de soin gracieusement offertes ou les checkpoints, on s'arrache les cheveux en recommençant des dizaines de fois certains passages. Et encore, en faisant attention, en avançant pas à pas, en utilisant à bon escient les capacités des divers personnages, il arrivera souvent de mourir et de devoir reprendre encore et encore de longs passages remplis de soldats armés jusqu'aux dents.

Le plus embêtant dans cette histoire est qu'il aurait simplement fallu plusieurs niveaux de difficulté ou davantage d'objets de soin pour trouver une juste mesure. Malheureusement, DC Studios a choisi une toute autre voie qui vous oblige à connaître par coeur certains endroits pour avoir une infime chance de les passer. Si vous arrivez à franchir ce côté élitiste, vous aurez devant vous un jeu d'action musclé plutôt bien fichu. Bien que les principaux mouvements se résument à sprinter ou se pencher pour détruire des armes de sécurité, un système d'ordres fera son apparition une fois que vous aurez plusieurs soldats sous votre coupe. Calqué sur celui de Freedom Fighters, chaque bouton du pad sera rattaché à une action afin que vos membres se défendent, attaquent, se replient ou vous suivent. Ce ne sera pas de trop pour survivre et bien suffisant pour apporter un peu plus de diversité par rapport à son aîné qui s'enlisait un peu trop dans des phases de jeu cycliques. Par contre, on signalera une IA des adversaires quasi inexistante, les gardes restant souvent immobiles lorsqu'on leur tire dessus, et des coéquipiers réagissant parfois avec deux heures de retard alors qu'on se prend des balles de toute part. En définitive, on ne peut qu'être déçu par cette fichue difficulté plombant lourdement un soft qui aurait pourtant pu avoir sa place dans nos chaumières grâce à un gameplay étendu et une action soutenue, trop peut-être, justement. A priori, la révolution n'aboutira pas cette année et devra attendre un autre putsch.

Logan, le 24 avril 2006