L'Age de Glace 2

Test Gamecube

Pour fêter dignement la sortie de l'Age de Glace 2 au cinéma, toute l'équipe du studio Eurocom a chaussé les après-skis et enfilé les parkas pour nous servir dans les temps l'adaptation officielle du long-métrage. Le succès sera-t-il au rendez-vous ?

Encensé par le public pour son génie et son humour rocambolesque, l'Age de Glace avait marqué les esprits dans le domaine de l'animation au point de rivaliser sans honte avec les productions Pixar et Dreamworks. Aujourd'hui, s'il est encore trop tôt pour dire si cette suite tant attendue est à la hauteur de son étonnant prédécesseur, il est déjà certain qu'une bonne partie du public va se ruer massivement dans les salles obscures pour prendre des nouvelles de Scrat et compagnie. C'est d'ailleurs principalement parce qu'il fait intervenir une galerie de personnages complètement dépareillés que l'Age de Glace parvient à nous faire rire, et la simple perspective de pouvoir les côtoyer dans un jeu vidéo a déjà de quoi nous allécher.

On se rappelle tous le caractère placide et généreux du mammouth Manny, les élans téméraires de Diego, le tigre à dents de sabre, et les jacasseries insupportables du paresseux Sid. Et pourtant, en marge de ce trio héroïque, celui qui aura su leur voler la vedette à tous en faisant l'unanimité auprès du public, c'est bien Scrat. Il n'est pas plus haut qu'un écureuil, pas plus charismatique qu'un rat d'égouts, il ne parle même pas et accumule les bourdes. Responsable à lui seul des pires cataclysmes, Scrat n'a de cesse de courir après ses précieuses noisettes pour les amasser, et tant pis si le ciel doit lui tomber sur la tête. Symbole vivant de la malchance, ce personnage ne pouvait qu'être le héros de cette nouvelle aventure, et personne ne s'en plaindra.

Sachant cela, le joueur s'imagine déjà qu'il va passer un perfide moment en faisant de Scrat son souffre-douleur le temps de quelques heures de jeu. De ce point de vue-là, on pourra trouver que le soft déçoit puisque, au lieu d'exploiter le background du personnage que l'on contrôle, celui-ci s'empresse de rejoindre le schéma classique de n'importe quel jeu de plates-formes en 3D. Ainsi, alors qu'on s'attendait à voir le petit rongeur subir les pires déconvenues, on se retrouve à sautiller à travers des environnements de jeu conventionnels où les gags sont inexistants. Poussé par son avidité, le héros n'a que faire des problèmes de dégel qui vont entraîner la fin de l'ère glaciaire et la disparition inéluctable de ses congénères. Tout ce qui compte pour lui c'est de faire la chasse aux noix, noisettes et autres glands qui semblent vouloir lui échapper et qui finissent toujours par lui filer entre les doigts.

Pour y parvenir, notre vaillant ami devra parfois livrer bataille et faire fuir ses opposants en les griffant au visage ou en leur lançant des cailloux pour les assommer. Des actions spéciales pourront également être exécutées à certains moments bien précis que vous pourrez anticiper en gardant un oeil sur les attitudes du héros qui indiquent plus ou moins ce que vous êtes censé faire. Il sera donc parfois nécessaire de creuser pour déterrer des trésors enfouis, ou encore de renifler d'éventuelles odeurs menant à des noisettes cachées. La panoplie de mouvements propre à Scrat se verra d'ailleurs élargie à l'occasion de plusieurs mini-jeux durant lesquels vous devrez par exemple faire le mort pour ne pas déranger Diego ou jouer au bowling avec des Pingouins.

La relative diversité des challenges proposés ne permet pourtant pas vraiment de rompre la monotonie générale, et on regrette un peu que les autres protagonistes du long-métrage n'aient pas été davantage mis en valeur. Seul Sid, le paresseux, s'en sort finalement assez bien, puisqu'il fait l'objet de séquences particulièrement amusantes. Vous devrez notamment l'aider à frimer devant ses admiratrices en exécutant une descente parfaite sur le flanc d'une falaise givrée. Le fanfaron profite du moindre saut pour enchaîner des figures acrobatiques, donnant ainsi à la course des airs de jeu de danse totalement inattendus. Malgré tout, et même si on passe un bon moment en compagnie de ces joyeux compères, on en sort avec le sentiment de s'être essayé à un produit inabouti ou en tout cas trop conventionnel par rapport à ce que l'univers du long-métrage pouvait proposer. Difficile de croire que les développeurs aient pu se trouver en manque d'inspiration avec un tel sujet.

Romendil, le 03 avril 2006