Crashday

Test PC

Des courses folles, des modes totalement déjantés, des bolides armés jusqu'aux dents. Le principe de Crashday se veut fun avant tout. Il faut dire que c'est ce que beaucoup de gens recherchent : des titres simples à prendre en main, immédiatement accessibles auxquels on peut jouer sans prise de tête. Mais ce que les développeurs de Crashday ont visiblement oubliés, c'est qu'il ne suffit pas de mettre tout plein de modes marrants pour qu'un soft soit plaisant à jouer, le gameplay doit suivre sinon, c'est l'échec assuré.

Et c'est un peu le gros reproche que l'on pourrait faire au titre d'Atari qui, même s'il est prometteur sur le papier, baisse immédiatement dans notre estime une fois que l'on commence à y jouer. Le contenu lui-même n'est pas à mettre en cause, ni même la réalisation qui, bien qu'inférieure aux ténors du genre, n'est pas catastrophique. C'est la conduite qui grève une grande partie du plaisir que l'on aurait pu prendre. Pourquoi ? Parce qu'elle est à mille lieues de ce que le jeu veut véhiculer : l'accessibilité, le fun. En fait, on ressent beaucoup trop le poids des voitures si bien qu'on a plus l'impression de piloter des 33 tonnes que des bolides de courses. Dans les virages, on ne peut pas déraper comme on le voudrait, on se contente de ralentir ou de freiner et de prier pour que la direction réponde bien à nos sollicitations. Bien moins intéressant que des titres comme Need For Speed qui lui au moins, bénéficie d'un gameplay assumé et parfaitement au point.

Autre bizarrerie du jeu : la gestion de la destructibilité des décors. Même si on apprécie le fait de pouvoir dézinguer les poteaux et autres panneaux, il arrive que l'on soit surpris de ce qui est destructible et de ce qui ne l'est pas. Ainsi, il m'est arrivé de pouvoir passer sans problème au travers d'une grosse porte en fer alors qu'une misérable clôture en bois stoppe net ma monture. Tant qu'à faire, les développeurs auraient dû aller au bout de leur délire en permettant au joueur de tout détruire. Il s'en suit un sentiment d'un jeu bancal qui ne sait pas trop sur quel pied danser. Quand on fait le choix de proposer quelque chose de fun, on va jusqu'au bout ! Déception aussi concernant l'impression de vitesse totalement absente, excepté peut-être lorsqu'on emploie la nitro, et encore, on a déjà vu beaucoup mieux. Nitro qui, soit dit en passant, est absolument indispensable pour espérer gagner certaines courses qui sont d'une difficulté assez prononcée. Ne comptez pas avancer dans le jeu de manière aisée car on est confronté à des épreuves délicates assez tôt.

Au niveau des modes de jeu, le gros morceau est évidemment le mode carrière. Dans celui-ci, vous devez enchaîner les épreuves pour gagner de l'argent et débloquer des circuits. Au fil de votre progression, vous pourrez acquérir de nouvelles voitures plus performantes et les améliorer en achetant des pièces. Cet aspect reste néanmoins embryonnaire. On ne peut pas personnaliser et tuner sa voiture (qui sont toutes fictives) comme on le souhaiterait. A signaler que vous n'aurez pas que des courses classiques à réussir pour avancer puisque des modes plus délirants ont été implémentés. C'est par exemple le cas du "stunt" réclamant de faire des figures en empruntant les tremplins disposés sur la piste. Plus vous sautez haut, plus vous faites des figures risquées avec un bel atterrissage et plus vous gagnez de points. A l'image du film Speed, le mode "bomb run" consiste à maintenir votre vitesse élevée sous peine de voir votre voiture exploser. Facile en ligne droite, mais nettement plus délicat lorsque des virages se profilent à l'horizon.

D'autres modes rappellent ce que l'on peut voir dans les FPS. Il y a par exemple un deathmatch et un CTF qui feront la part belle à l'utilisation des deux armes (seulement) mises à votre disposition : la mitrailleuse et les missiles. Là aussi on ne peut que regretter le manque d'imagination des développeurs qui auraient pu, pourquoi pas, disséminer des caisses contenant de nouvelles armes sur le terrain pour ajouter un peu de piment aux affrontements. En l'état, ça laisse vraiment un goût d'inachevé. Signalons aussi un mode très pesant : celui où l'on doit tenter de détruire les adversaires sans utiliser d'armes, le dernier en vie étant déclaré vainqueur. Le problème, c'est que le seul moyen d'arriver à ses fins, c'est de percuter les ennemis ce qui mettra aussi en péril l'intégrité de votre voiture. Pire, en solo, tous les concurrents se liguent contre vous et ne tentent pas de se percuter entre-eux. Inutile de dire que si vous fuyez tout le temps, la partie peut durer éternellement et qu'il faudra aller au contact à un moment ou à un autre. Ce mode est certainement le moins agréable à jouer et vous serez contraint de vous y frotter en carrière si vous voulez avancer. Signalons aussi la présence de quelques mini-jeux tel qu'un concours de sauts en longueur consistant, comme vous vous en doutez, à parcourir la plus grosse distance une fois le tremplin franchi. Bon, on y joue cinq ou six fois et puis basta. C'est en multijoueur que Crashday devient presque intéressant. Huit personnes peuvent s'affronter en LAN et sur internet. Ce serait agréable si le gameplay était à la hauteur. Pour terminer, signalons la présence d'un éditeur de cartes permettant de créer très facilement des circuits. Bref, malgré un contenu qui ne peut pas être pris en défaut grâce à la présence de nombreux modes de jeu, Crashday pâtit de sa jouabilité sans intérêt.

Super.panda, le 23 février 2006