Tak : The Great Juju Challenge

Test Playstation 2

Occultée par les poids lourds du jeu de plates-formes/action qui sévissent actuellement sur consoles, la série des Tak est sans doute passée relativement inaperçue auprès des joueurs malgré ses qualités. Sans parvenir pour autant à faire preuve d'un grand génie dans cette catégorie, ce troisième volet s'inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs en proposant un contenu on ne peut plus classique mais toujours efficace.

Plus ou moins original dans son approche scénaristique, Tak : The Great Juju Challenge l'est beaucoup moins dans son gameplay. Le pad en main, on a vite le sentiment de découvrir quelque chose de déjà joué maintes et maintes fois, et il faut être vraiment friand du genre plates-formes 3D pour se laisser envoûter par la magie "chamanique" de ce titre. C'était déjà le cas dans les deux premiers volets, et même si la série reste de qualité, il n'y aura guère plus que les plus jeunes d'entre nous pour ouvrir de grand yeux ébahis devant les nouvelles aventures rocambolesques du petit guerrier indigène.

On retrouve donc une fois encore les membres de la tribu de Tak dans leur quotidien mouvementé au coeur de la jungle inextricable. Après avoir libéré la Juju de la Lune et survécu à un voyage mystique au coeur de ses propres rêves, Tak n'a plus vraiment l'occasion de s'illustrer en ces temps de paix. Afin de rompre son ennui, il décide alors de participer à une compétition exceptionnelle qui ne se déroule que tous les 60 ans, dans le but d'impressionner la déesse. Seulement voilà, ce tournoi qui oppose des participants venus des quatre coins du pays n'autorise que les paires de candidats, et Tak va devoir se trouver un partenaire pour tenter de remporter le Grand Défi. N'ayant pas énormément d'amis, il doit malgré lui se rabattre sur le très envahissant Lok, avec comme maigre consolation l'assurance de bénéficier d'un soutien musculaire toujours utile pour ce type de challenge.

Les adeptes des précédents volets se souviennent sans doute parfaitement de ce personnage bête comme ses pieds, mais aussi des autres protagonistes de la série que l'on retrouve à certains moments dans cet épisode. L'histoire est toujours placée sous le signe de la drôlerie, avec de nombreuses cut-scenes orientées vers un humour à la Rayman 3. Que l'on accroche ou pas à ce type d'ambiance, le plus gênant pour adhérer à ces dialogues pimentés est d'abord de les comprendre. On s'aperçoit en effet que le soft n'est absolument pas traduit dans la langue de Saint-Juste, seule la notice étant en français. Avouez que ça n'est vraiment pas terrible pour un jeu qui se veut clairement destiné aux plus jeunes, et où l'ambiance repose en grande partie sur les dialogues. Ces derniers ne sont même pas sous-titrés en anglais, tout comme la plupart des indications qui sont données uniquement de façon orale. Il est clair qu'une partie des joueurs devront faire appel à leur entourage pour surmonter certaines épreuves, et passeront complètement à côté du scénario à moins de consulter attentivement la notice. On y trouve en effet 25 pages de dialogues qui reprennent l'ensemble des répliques entendues durant les différentes cut-scenes du jeu. Une intention louable mais vraiment discutable, à l'heure où la quasi totalité des jeux sont traduits sur notre territoire.

Fort heureusement, l'aventure n'a rien de vraiment compliqué et il suffit généralement d'ouvrir les yeux et de regarder autour de soi pour résoudre la plupart des énigmes. Construit plus ou moins comme une succession de parcours d'obstacles, le Grand Défi vous projette dans la peau de deux personnages entre lesquels vous pouvez alterner à tout moment. Chacun possède bien sûr des aptitudes spécifiques qui permettront au duo de se tirer de bien des mauvais pas. Tak, par exemple, sait nager comme un poisson et s'entend bien avec les animaux. Ses pouvoirs magiques sont également très puissants et lui permettent de faire tomber la foudre sur ses adversaires. Dernière précision non négligeable, il est le seul à pouvoir revêtir le costume de poulet. Lok, de son côté, n'est pas seulement un guerrier hors pair. Il sait aussi parfaitement grimper aux arbres, escalader des falaises et donner de puissants coups de marteau. En plus de pouvoir revêtir le costume du homard, il est capable de soulever diverses choses et même de propulser son petit compagnon dans les airs. La seule faille dans sa cuirasse est sa peur phobique des piranhas.

Face à nos deux compères, on découvre trois équipes sorties de nulle part. La team Jibba Jibba est sans doute la plus fair-play et serait ravie de partager des tuyaux avec les autres, si seulement quelqu'un pouvait les comprendre. L'équipe des Gagamazones est clairement la plus fourbe car ce duo de jeunes femmes assez dévêtues n'hésite jamais à user de ses charmes pour distraire la concurrence. Enfin, les deux membres de la tribu de la Brume Noire sont prêts à toutes les pires bassesses pour sortir vainqueurs du challenge. Tous ces personnages rendent le déroulement narratif très amusant, mais on aurait bien aimé les voir plus présents dans les phases de jeu. Il reste pourtant un dernier adversaire auquel on ne pense pas forcément, c'est le temps. Chacun des niveaux que vous devrez traverser sera en effet chronométré, vous obligeant à foncer en permanence pour arriver au but le plus rapidement possible. Si le chrono permet de mettre un peu la pression sur le joueur, il faut savoir qu'on peut très bien choisir de l'enlever en cas d'échec si on préfère prendre son temps à explorer les niveaux. En marge des énigmes qu'il faut résoudre absolument pour avancer dans le jeu, on trouve aussi quelques défis supplémentaires optionnels plus ou moins intéressants. Dans l'ensemble, on regrette surtout le manque d'originalité du gameplay de ce nouveau Tak, même si les phases de jeu sont assez variées et que la jouabilité ne présente pas de véritable défaut. Notez que le plaisir de jeu est renforcé par la possibilité de faire l'aventure principale avec un second joueur, même si l'écran est alors splitté en deux. A vous de voir si vous avez envie d'investir à nouveau dans un titre divertissant mais encore une fois trop court sur la durée.

Romendil, le 17 février 2006