Ski Racing 2006 featuring Hermann Maier

Test PC

Discipline boudée par le monde vidéoludique, le ski alpin ne parvient pas à percer sur nos écrans. Ayant déjà tenté sa chance l'an dernier, Ski Racing revient une seconde fois, toujours soutenu par sa licence Hermann Maier. Quand la persévérance touche à l'entêtement.

Le message n'a pas dû être bien reçu l'an passé. Si on n'a pas aimé Ski Racing une première fois, ce n'est pas en nous le resservant quasiment à l'identique qu'on l'aimera plus cette année. Première déconvenue : les menus, qui offrent des choix toujours aussi restreints avec un coeur du jeu se situant dans la coupe du monde, secondé par un contre-la-montre, un mode courses libres et le classique multijoueur. On peut toutefois apprécier l'arrivée de la possibilité de jouer avec un joueur professionnel de manière libre, même si ça n'apporte pas grand-chose au jeu. Tout de même, les choix restent minimes et surtout austères puisque même les modes hors compétition ne laissent guère de place aux simples plaisirs de la glisse. Ski Racing se veut simulation, pour autant, il est dommage de ne pas permettre au joueur de relâcher la pression en proposant un ou deux modes de jeu un tantinet farfelus ou arcades, comme l'ont déjà fait avant lui d'autres softs réalistes. Cette austérité forcenée coupe le titre d'une partie du public.

Car le ski alpin est une discipline qui ne pardonne guère. La moindre erreur vous coûtera, comme c'est le cas dans une véritable descente, de précieuses secondes. Un virage trop large, trop serré, paf, du temps perdu ou une porte mal franchie. La sanction tombe. Avant d'espérer progresser, il faudra donc d'abord maîtriser les commandes, savoir quand prendre de la vitesse, être capable de minimiser les effets d'un saut tout simplement en l'anticipant, faire usage des carres à bon escient ou encore du boost, qui permet une accélération subite utilisée pour s'éviter une sortie de piste. Mais surtout, il faut connaître les pistes. C'est sans doute là que se situe la principale contrainte du jeu puisque pour être efficace, il est indispensable de savoir quand, où et comment réagir. Une contrainte que tout le monde n'est pas prêt à supporter.

L'autre gros reproche adressé au titre, dans sa première version, concernait ses commandes peu précises. Aujourd'hui, un effort semble avoir été fourni à ce niveau. Ceci dit, la trajectoire reste encore délicate à tenir et encore une fois, on retrouve cet aspect impardonnable du gameplay puisque la moindre hésitation se révèle fatale. Enfin en tout cas, il faut avouer qu'il y a du mieux. Ce qui n'est pas le cas de la réalisation qui se veut correcte mais sans efforts superflues. L'animation du skieur est toujours aussi raide et limitée et on déplore l'absence de traces convaincantes dans la neige, grossièrement représentées pas une grosse ligne évoquant plus le sillage baveux d'une limace. De même, les projections de neige sont loin de faire honneur à la poudreuse. L'absence de commentaires quelconques est également dommageable à l'ambiance qui se résume du coup aux seuls crissements des skis, un peu léger. Avec tout ça, Ski Racing 2006 signe encore une performance en demi-teinte. On attend toujours le Gran Turismo du ski. A la fois fun et réaliste.

Dinowan, le 08 décembre 2005