Far Cry Instincts

Test Xbox

Bien longtemps après son arrivée fracassante sur PC, Far Cry débarque enfin sur Xbox mais seulement après avoir subi une refonte complète, à tel point que c'est un tout autre jeu qu'on nous met dans les mains, même s'il a su garder le charme tropical de son cousin PC.

Far Cry, c'est un vrai goût de paradis, mais légérement parfumé à la poudre à canon. Car les îles tropicales, souvent paradisiaques réservent parfois de drôles de surprises, comme va l'apprendre Jack Carver, convoyeur de touristes embauché par une étrange cliente qui va rapidemment lui attirer de gros ennuis, du genre roquette dans la coque pendant une sieste méritée sur le pont. Le premier pas dans une histoire dont Carver ne sortira pas tout à fait indemne. J'éviterai dans ce test de passer mon temps à faire des rapprochements avec la version PC, d'abord parce que c'est pesant, ensuite parce que les deux jeux sont finalement si différents, que ça n'aurait plus vraiment de sens. Je me contenterai de préciser que dans l'idée, les développeurs ont tenté de conserver l'esprit du jeu avec ses alternances de décors ouverts suivis de couloirs étroits et son oscillation entre gros bouboum et furtivité. Car l'ami Jack sait jouer du couteau pour se débarrasser de ses victimes avec discrétion, tout autant qu'il sait faire feu au bazooka pour faire sauter tout un pan de montagne. D'ailleurs, tuer furtivement sera l'une de vos premières occupations en débarquant sur l'île. Une île à la végétation fournie dans laquelle il sera aisé de se cacher pour jouer au chat et à la souris et venir poignarder le mercenaire inattentif. Oui, un mercenaire, parfaitement, car la jungle environnante en est truffée depuis qu'un savant fou désireux de créer des monstres humains, les a embauchés comme gardes du corps. Ah ben oui, y a aussi un scénario hein, faut pas croire.

Voilà comment Jack Carver se retrouve en train de se promener joyeusement dans les bois, des bois touffus et accueillants, remplis de petits sentiers et de petites rivières, c'est très mignon. Un environnement que l'on a évidemment envie d'exploiter afin de nous cacher dans les fougères pour réaliser des stealths kills bien fourbes, d'autant plus que c'est l'une des promesses du jeu, cette liberté de choix. Dans la pratique, on doit s'avouer un brin déçu, car la furtivité ne sera que très rarement de mise dans le jeu, les ennemis étant souvent très nombreux et impossible à liquider un par un. Fréquemment pourtant, on pourra jouer à piéger une branche d'arbre et à attirer un mercenaire vers elle pour qu'il se fasse embrocher. Mais ses camarades alertés devront ensuite être liquidés de façon plus conventionnelle. Encore qu'il soit toujours possible de se dissimuler en profitant d'une IA un peu pataude quand il s'agit de vous retrouver dans un carré de quelques mètres. Mais que la furtivité soit finalement un aspect anodin du jeu ne doit pas le condamner. Quant à son IA, on lui pardonnera, car il a d'autres atouts. Pour commencer, son level design bien pensé et ses niveaux à la taille conséquente. Certes, on a perdu la liberté quasi totale qui régnait sur PC pour voir arriver une jungle plus linéaire mais subtilement travaillée de façon à ce qu'à aucun moment on ne puisse voir les rails qui nous guident. L'aire de jeu est aussi vaste que large et même si on suit un itinéraire tout tracé, on a toujours diverses façons de l'aborder, en grimpant sur les rochers, en rampant dans les herbes ou en marchant fièrement - et bêtement - au milieu du chemin. De plus, l'ambiance sait évoluer et en dépit du fait que l'on ait affaire à un seul type d'environnement, il sait se montrer sous diverses facettes : jungle paradisiaque ensoleillée ou subissant les assauts de la pluie tropicale ou enchevêtrement de silhouettes sylvestres noyées dans une brume oppressante. On a beau voir des arbres pendant 80 pour cent du temps, on ne s'en lasse pas. Et puis il faut dire que l'on fait quelques breaks avec des visites en intérieur, dans de tortueux laboratoires ou quelques obscures cavernes.

Une autre façon d'inclure des temps de jeu un peu "à part" consiste aussi à nous mettre des véhicules dans le mains. Bien plus que sur PC la conduite de véhicules (humvee, quad, canot, hydroglisseur etc.) donnera lieu à de véritables courses-poursuites très scriptées. Une remarque qui vaut d'ailleurs pour le jeu en général dont l'action se révèle plus scénarisée. Pas de panique, on n'est pas dans Medal Of Honor. Mais il est temps maintenant que je vous cause de ce qui fait vraiment la particularité de cette version Xbox : la beast master attitude de Jack Carver. Si dans un premier temps, on évitera de se promener sans surveiller de près l'état de ses chargeurs, il ne faudra pas attendre des lustres avant qu'il n'arrive une mésaventure commode à notre héros adoré : sa contamination par une substance qui va éveiller en lui quelques instincts primaires qui se développeront progressivement. Avec un odorat surdéveloppé, Jack pourra ainsi repérer ses ennemis avec précision, ce qui est toujours utile dans une jungle touffue, sa vue lui permettra également de ne pas se cogner dans le noir quant à sa force, elle l'autorisera à faire un véritable carnage dans les rangs ennemis.

A terme, son évolution finira par lui rendre accessible un état animal ultime qui le rendra encore plus rapide et brutal. Bien sûr, toutes ces capacités ne sont pas inépuisables et consommeront de l'adrénaline dont on pourra stimuler la présence dans notre sang en se reposant (oui, c'est paradoxal) ou bien en endurant des attaques. Pour répondre à la question que vous vous posez, oui, traverser une bande de mercenaires en leur balançant des mandales qui les envoient à 15 mètres, c'est assez jouissif. Presque trop, car c'est à partir du moment où les aptitudes du prédateur commencent à se développer un tantinet que l'on réalise à quel point Far Cry : Instincts est en fait un jeu bourrin. Seul contre une dizaine de mercenaires à l'IA statique, on enchaîne les coups de feu sur les coups de poings, c'est bestial, primaire, plaisant, mais parfois un peu à outrance. Il faut savoir que votre niveau de vie n'est pas figé, il suffit de parvenir à s'abriter pour le voir remonter. D'un côté c'est une idée intéressante puisqu'elle nous pousse à jouer avec le décors en allant nous coucher dans l'herbe entre deux carnages, d'un autre côté, cela donne parfois un avantage un peu trop prononcé dans les combats.

S'il est doté d'une campagne solo perfectible mais pas vilaine du tout, Far Cry Instincts entend également faire du bruit en tant que jeu multijoueur. A ce niveau, on aura pourtant l'impression de faire une maigre récolte avec seulement 4 modes de jeu dont 3 d'une banalité à toute épreuve puisqu'il ne s'agit d'un deathmatch et de son pendant social, le team deathmatch, auquel on ajoute un autre classique, le capture the flag, bien que le drapeau soit ici remplacé par un petit flacon. Mais - car il y a un mais dans chaque test comme il y a toujours une histoire d'"amour" dans toute série policière américaine - mais donc on trouvera également le mode prédateur dans lequel un joueur pourvu des capacités du prédateur affrontera seul des mercenaires et devra les empêcher d'activer un transmetteur capable de le tuer. Malheureusement, à l'heure du test il n'est pas possible de tester ce mode multijoueur aux caractéristiques alléchantes, qui pourra être pratiqué - comme ses petits copains - sur des cartes créées par la communauté des joueurs à l'aide l'éditeur de maps intégré au jeu. De quoi assurer un gros potentiel au titre du côté du Xbox Live.

Dinowan, le 27 septembre 2005

  • Editeur : Ubisoft
  • Développeur : Ubisoft Montreal
  • Type : FPS
  • Multijoueurs : 4 à 16 joueurs
  • Sortie France : 29 septembre 2005
  • Version : Française intégrale
  • Classification : Déconseillé aux - de 16 ans
  • Existe aussi sur :
    Far Cry Instincts - Playstation 2 Far Cry Instincts - Gamecube
  • Similaire à :
    Far Cry
    Halo 2