Les 4 Fantastiques

Test Gameboy Advance

Après avoir vu de quoi il en retournait sur les consoles de salon puis sur PC, c'est au tour de la GBA de recevoir les 4 Fantastiques qui ont bien perdu de leur superbe depuis les premiers coups de crayon du grand Jack Kirby en 1961. En somme, oubliez les scénarii de ce bon vieux Stan Lee, le design de m'sieur Jack et préparez-vous à vivre une aventure mollassonne remplie de super-zéros en tout genre.

Les 4 Fantastiques constituent sans doute un des groupes de super-héros les plus connus dans l'univers Marvel. Si les X-Men ont vu leur cote de popularité monter en flèche grâce aux deux films de Brian Singer (en attendant de voir ce que donnera le troisième épisode), nos Fantastic Four ont également eu droit à une reconnaissance de la part de la télévision et du 7ème art. Cependant, je doute que la génération actuelle connaisse la série animée de Hanna-Barbera et pour ce qui est du film de Roger Corman, autant éluder la question. Il était donc temps que l'équipe revienne au grand complet histoire de ne pas se faire oublier des foules et quelle meilleure occasion que l'actuel boum des super-héros à Hollywood pour tenter de faire une percée ? Maintenant, il est certain que plusieurs petites choses vont agacer les fans de la première heure. Entre le scénario qui se permet de gros changements (notamment en ce qui concerne Victor Von Doom alias Fatalis) ou quelques petits détails comme la gimmick vocale de la Torche qui n'est plus tout à fait la même (mon dieu, quel test de geek !!), il y aura de quoi faire. Néanmoins, si on a un peu de jugeote, on se dira que toute adaptation de comic book se doit de faire certaines concessions pour atteindre sa cible. Même si les deux Spider-Man de Raimi restent très fidèles au matériau d'origine, les X-Men ou la trilogie Blade se sont permis pas mal de libertés ce qui ne les empêche pas d'être d'excellents films, exception faite de Blade Trinity, mais ceci est une autre histoire. Bref, les 4 Fantastiques reprennent grosso modo le scénario d'origine et c'est fort logiquement que l'adaptation GBA suit le même chemin en ajoutant quelques super-vilains par-ci par-là.

Jeu d'action de son état, Les 4 Fantastiques, met en scène le quatuor en collant dans un beat'em all tout ce qu'il y a de plus classique. C'est en optant pour une 3D isométrique de bas étage que le jeu vous fera visiter la plupart des décors du film, du centre médical de Fatalis aux rues de Brooklyn en passant par un musée, une station de métro, une base, une station spatiale sans oublier le Baxter Building, autrement dit le QG des 4 fantastiques. Le but de l'aventure sera de foncer en ligne droite, d'anéantir vos ennemis, de matraquer les boss de fin de niveaux et de sauver le monde. Dans la théorie, rien de bien compliqué mais dans la pratique, c'est autre chose. Tout d'abord il faut savoir que vous allez pouvoir switcher comme bon vous semble entre les super-héros afin d'utiliser leurs compétences. La plupart du temps, les phases vous permettront de jouer une équipe de deux héros alors que des moments cruciaux feront intervenir l'équipe au complet. Le problème est que quel que soit le super-héros que vous dirigez, vous aurez tout le temps droit à une action des plus confuses avec une caméra très mal placée qui fait que vos personnages sont la plupart du temps cantonnés dans le bas de l'écran. Ensuite, l'IA déplorable fait que votre compagnon de jeu ne combattra pas la plupart du temps ou ira chercher toutes les fioles d'énergie et de vie et ce même si il n'en a pas besoin. Dans ce cas de figure, il faudra alors rapidement prendre le contrôle du héros le plus fort pour que celui qui est mal en point aille récupérer les items.

Comme je le disais plus haut, chaque héros dispose de pouvoirs spécifiques qui seront mis à contribution pour passer de petites énigmes. Malheureusement, si on peut facilement utiliser ces pouvoirs, nous n'échappons pas aux actions contextuelles afin de passer certains endroits. Ainsi, dès que vous verrez un 4 de couleur sur le sol, vous devrez placer le personnage adéquat sur le chiffre et appuyer sur un bouton pour qu'il effectue une action pré-définie. Johnny Storm pourra par exemple brûler une porte, Red pourra se transformer en pont humain, etc. En parallèle, vous pourrez malgré tout déclencher des attaques spéciales en combinant deux boutons. Dommage que lesdites attaques soient si peu nombreuses car hormis deux coups de base, on retrouve simplement une attaque spéciale ainsi que deux pouvoirs cosmiques. Ces derniers seront plus puissants que les coups spéciaux mais ils consommeront davantage d'énergie. Enfin, si vos 4 personnages ont chacun leur jauge d'énergie remplie et qu'ils se trouvent dans le même endroit, vous pourrez déclencher une attaque de groupe. Tout ceci nous donne au final des affrontements assez mous et peu précis du fait de cette fameuse 3D isométrique qui n'est pas idéale pour toucher vos adversaires. Les développeurs ont bien tenté d'inclure quelques astuces à l'image de petits puzzles à résoudre pour ouvrir des portes mais ceux-ci sont tellement basiques qu'ils en deviennent lassants.

Si on ne s'attardera pas sur la bande-son qui ne dispose que de deux accords, la médiocrité des graphismes fait peur à voir. C'est d'autant plus flagrant que certains niveaux sont beaucoup trop longs à boucler et qu'ils sont constitués des mêmes pièces ou couloirs qui s'étendent à l'infini. C'est d'ailleurs assez étrange vu que certains niveaux se bouclent en moins de 5 minutes (Brookyln) alors que d'autres semblent sans fin (le Musée). Le bestiaire a eu droit à un peu plus d'égards mais si on trouve plusieurs ennemis (robots, voyous, momies, raptors, Moloïdes...), le rendu à l'écran ressemble plus à une bouillie de pixels qu'à autre chose. Frustrant, surtout que la plupart des ennemis jurés des 4 Fantastiques sont de la partie. C'est en effet très sympa de retrouver Diablo, l'Homme Taupe, Blastaar ou le très puissant Annihilus mais si on peine à les reconnaître, à quoi bon ? Ne cherchez pas non plus votre bonheur du côté des effets spéciaux qui pointent quasiment aux abonnés absents. En parlant d'absents, j'imagine assez facilement que les joueurs le seront également car à moins d'être en manque de jeux peu jouables, peu intéressants et peu distrayants, je ne vois pas vraiment ce qui vous pousserait à acquérir un tel titre.

Logan, le 20 juillet 2005