Madagascar

Test Nintendo DS

A l'image des jus de fruits Joker, tout le monde semble avoir droit à son Madagascar. Conjointement aux versions de salon, le jeu arrive donc sur DS dans une version spécialement dédiée à la portable avec notamment une utilisation de l'écran tactile qu'on ne trouvera pas sur GBA. Forcément...

Madagascar, c'est une île au large des côtes africaines, mais c'est aussi un film d'animation préparé par les studios Dreamworks. L'histoire est celle d'un groupe d'animaux qui souhaite quitter son zoo pour partir à la découverte de ce que l'on nomme le monde libre. Le plan initial était de suivre un commando de pingouins bien décidés à rejoindre l'antarctique, mais rien ne se déroule tout à fait comme prévu, et les quatre évadés atterrissent sur la plage de Madagascar. Une nouvelle vie commence pour eux, reste à savoir, s'ils s'y adapteront sans mal. Le scénario déjà bien loufoque est rehaussé par un casting de choix avec dans les rôles principaux Marty, un zèbre rêveur, Alex, un lion plutôt cool, Melman, une girafe hypocondriaque et Gloria, une hippopotame championne de natation. Les quatre copains vont aussi rencontrer une troupe de lémuriens fêtards comme pas possible, mais fréquemment attaqués par une bande de fossas affamés. Evidemment, il va falloir aider les primates, car après tout, ils sont un peu les héros de l'histoire...

Si on retrouve sur DS les mêmes environnements que sur PS2, Xbox et GameCube, à savoir le zoo new-yorkais, la ville, le bateau ainsi que toutes les zones au coeur de la jungle, le jeu n'a pas la même approche. Au lieu de nous imposer un personnage en particulier pour dévaler un stage, la cartouche nous laisse le choix entre les quatre amis. Mieux, on peut switcher à la volée entre chacun pour profiter de leurs compétences respectives. Au départ, chaque animal ne peut effectuer qu'une ou deux actions, pas plus, et on se trouve plus ou moins limité à sauter et à avancer. Je reconnais volontiers que les débuts du jeu ne sont donc pas très folichons. On sent bien que des zones nous sont interdites pour l'heure et qu'il faudra repasser plus tard avec d'autres mouvements. On progresse alors à cent à l'heure et sans trop de plaisir dans l'unique but d'avancer suffisamment pour gagner de nouveaux pouvoirs. En fait, on file même tout droit jusqu'au bout des treize niveaux sans perdre de temps, en se disant qu'on reviendra dans chacun d'eux, en étant mieux préparé pour la chasse aux pièces, seule vraie motivation du jeu. C'est un peu le problème de Madagascar. Si comme moi, vous aimez terminer un jeu entièrement en récoltant tous les objets d'un niveau, vous vous retrouverez sans cesse confronté à un maudit item que vous ne pourrez attraper car vos animaux ne seront pas capable de l'atteindre à ce moment précis. Du coup, au lieu de chercher absolument à trouver une méthode de l'avoir, on bâcle clairement le jeu une première fois, juste pour obtenir tous les mouvements. On y revient alors par la suite, et c'est là qu'on commence réellement à s'amuser en cherchant le moyen de récupérer chaque pièce. Cette façon de faire est clairement mise en place pour rallonger artificiellement la durée de vie, pas énorme pour autant. C'est un peu dommage d'en arriver là, on aurait certainement préféré une meilleure répartition des compétences au fil de la progression. Enfin bon...

Puisque je vous bassine depuis tout à l'heure avec les pouvoirs, voilà un petit aperçu de ce que vous pourrez faire avec chaque animal. En plus de donner des coups de sabots assez puissants pour détruire des murs, Marty peut courir à vive allure, pratique pour traverser des ponts croulants ou pour terminer des niveaux chronométrés. Alex, lui, peut rugir pour faire fuir certains ennemis. Il apprendra aussi à se servir de ses griffes pour escalader les parois ou tout simplement se battre contre de féroces animaux. Melman dispose pour sa part d'une arme puissante : son nez ! En éternuant, il peut mettre à terre quelques petits ennemis ou même de faire des double-saut fort impressionnants. La girafe est aussi spécialiste dans l'art du camouflage : en fourrant sa tête dans le sol, elle passe inaperçue aux yeux de certains. Enfin, Gloria est tout indiquée pour traverser les zones aquatiques ou pour fracasser les insectes en leur sautant dessus. Certains niveaux font aussi appel aux pingouins et sont alors plutôt tournés vers la discrétion, pour ne pas dire l'infiltration. Il s'agit d'éviter le regard des humains en se dissimulant dans des boîtes ou sous des tables. Ca ne va pas chercher bien loin, c'est vrai, mais ça reste tout de même marrant. Marrants aussi les quelques mini-jeux qui viennent bousculer la succession des niveaux et qui font appel à l'écran tactile pour la plupart. On citera par exemple celui où il faut faire rouler Gloria ou celui dans lequel il faut garder un pingouin sur la banquise. C'est vrai que Madagascar peut sembler ennuyeux la première fois qu'on y joue. Pas vraiment à la hauteur en tant que jeu de plates-formes, il faut avant tout le voir comme un challenge consistant à ramasser toutes les pièces des niveaux. Cela ne lui permet pas de prétendre au titre de la cartouche la plus fun de la Terre, mais juste d'un jeu bien sympathique à l'esprit rafraîchissant puisque directement puisé au coeur du film.

Jihem, le 20 juin 2005