Juiced

Test PC

Tiercé, chasse au canard, bridge ou tuning, à chacun sa passion. Mais il est en une de ces 4 qui a le vent en poupe dans les jeux vidéo, surtout depuis qu'un certain Need For Speed s'y est attaqué. Je vous donne un indice : ça n'est pas la chasse au canard, ou alors avec des fusils fluos.

L'important dans le monde du tuning c'est - outre d'avoir beaucoup d'argent à dépenser - d'avoir la classe et de pouvoir frimer en voiture. Et ça on l'a bien compris chez Juice Game en créant Juiced, titre dans lequel la réputation joue un rôle crucial qui a au moins l'obligeance de ne pas uniquement se baser sur l'esthétique des véhicules hautement customisables. Pourquoi en être aussi réjoui ? Et bien parce que de cette manière, chacun verra le bon goût là où il se souhaite et n'aura pas à se sentir forcé de décorer sa voiture d'une mode qui ne lui sied pas. Non mais ça a l'air d'être une grosse bêtise ce que je dit, mais au moins on se sent bien plus libre que dans Need For Speed. Ici votre réputation, vous la formerez à la force du volant puisque ce sont bien vos performances en course qui compteront et ce à travers divers types d'épreuves. Essentiellement des courses classiques mais également des challenges un peu plus particuliers comme le sprint qui consiste à foncer droit en... sprintant. Une épreuve déjà connue des joueurs de NFSU. Ici aussi d'ailleurs on doit obligatoirement passer par une transmission manuelle. Force est de constater que la chose est d'un intérêt qui peine même à être discutable. L'autre type de défis qui vous sera proposé dans le calendrier des courses vous demandera pour sa part d'impressionner le public et les jeunes lycéennes en manque de sensations en réalisant des figures tel qu'un 360. De leur côté les courses standards qui vous opposent à un nombre variable de concurrents colorés souffrent de tracés de circuits soporifiques. Tout ça dans un seul but : augmenter votre respect et débloquer de nouveaux items de customisation. Mais débloquer c'est bien acheter c'est mieux, de l'argent, il vous en faudra un bon paquet, car tout se paie dans Juiced ou presque.

Gérer vos finances ne sera certes pas particulièrement difficile, mais mieux vaudra toujours penser à garder un peu de cash dans vos chaussettes métallisées. Ainsi, la participation aux courses les plus intéressantes est souvent payante, de même organiser une épreuve en passant quelques coups de fil avec nos téléphones sponsorisés vous coûtera quelques deniers. Heureusement, on pourra augmenter son pactole non seulement en remportant les courses mais aussi en pariant contre un adversaire qu'il suffira de battre. Avec un bon pari, on peut même se faire plus d'argent qu'en gagnant la course. L'idée est plutôt sympathique mais ne va pas assez loin. Dommage en effet qu'elle se limite à parier sur le fait d'arriver avant un opposant, il eut été plaisant de pouvoir faire des paris placés (arrivée en position X ou dans le quartet, enfin comme au tiercé quoi).

Notez qu'il est loin d'être évident de mesurer les risques pris lors des paris, il faut dire que l'IA a tendance à faire des choses très bizarres qui rendent toute estimation du vainqueur très hasardeuse. Le comportement adverse en course est pour le moins imprévisible et témoigne en tout cas d'une certaine difficulté de la part de l'IA à tenir compte du fait qu'il y a sur le circuit un véhicule qu'elle ne contrôle pas, alors de rage, elle nous fonce dessus comme une grosse brute, alors même que ce genre d'attitude est déplacée et nuit au respect. Pourtant, la gestion du stress était prometteuse. On peut, en effet, mettre la pression à nos adversaires, par exemple en leur collant aux basques jusqu'à voir apparaître un point d'exclamation indiquant que le pilote est proche de perdre les pédales. Une petite poussette et hop, dans les glissières.

En clair, en course, on ne peut pas dire que l'on pratique le meilleur des jeux d'arcade. Les tracés sont trop basiques, l'IA trop folle et les sensations un peu trop proches de la caisse à savon. Il reste en tout cas un point sur lequel Juiced réussit son pari : le tuning. Si cette activité creusera un puits sans fond dans votre budget, au moins ici elle ne vous obligera pas à faire manger des nouilles à votre copine pendant 6 mois. Qu'il s'agisse de composants de carrosserie, de décorations ou de mécanique, la customisation est suffisamment poussée pour donner libre court à votre inspiration même s'il y a des hauts et des bas. Le bas, on le trouve au niveau des stickers peu inspirés. Le haut, il est à chercher dans la fine gestion des peintures et l'application des couches métallisées ou même nacrées. Très joli. Si, si. Non, mais c'est vrai hein. Mais peut-on faire un jeu avec ça ? Si l'aspect tuning est bien rendu et relativement complet, il est regrettable que la conduite présente si peu d'intérêt.

Dinowan, le 17 juin 2005

  • Editeur : THQ
  • Développeur : Juice Games
  • Type : Course
  • Multijoueurs : jusqu'à 6 joueurs online
  • Sortie France : 17 juin 2005
  • Version : Française intégrale
  • Config minimum : PIII 933MHz, 256 Mo, carte 3D 32 Mo, Win 98SE/ME/2000/XP
  • Config conseillée : PIV 1.4 GHz, 256 Mo RAM, carte 3D 64 Mo.
  • Classification : Déconseillé aux - de 12 ans
  • Web : Site web officiel
  • Existe aussi sur :
    Juiced - Xbox Juiced - Playstation 2
  • Similaire à :
    Need for Speed Underground 2