Boktai 2 : Solar Boy Django

TEST PC

L'an passé, Konami et en particulier l'illustre Hideo Kojima, avait créé la surprise avec un Action-RPG nommé Boktai qui fonctionnait à l'aide d'un capteur solaire. Même s'il induisait quelques contraintes, notamment l'obligation de jouer de jour et en plein air, le concept a fait ses preuves, et on le retrouve donc tel quel dans Boktai 2 : Solar Boy Django. Inventive et passionnante, voilà une série incontournable sur GBA.

Revenus victorieux de la cité de la mort Istrakan, Djanko et Otenko reprennent le chemin de la cité du soleil San Miguel. Ils découvrent alors avec effroi que le rituel de purification a échoué et que les Undeads sont toujours là. Les choses allant de mal en pis, Django se fait dérober son précieux Solar Gun par un vampire qui réussit à manier cette arme que seuls les Solar Boys sont à même d'utiliser. La quête semble mal entamée jusqu'au moment où une jeune fille survient pour transmettre à Django le Sol de Vice, un gant capable de capter la lumière du soleil pour enchanter une arme. Le héros se retrouve donc désormais avec la capacité de manier plusieurs types d'armes, et de leur associer des pouvoirs magiques liés à l'énergie solaire, lunaire ou ténébreuse. De base, les armes de type épée, lance ou marteau possèdent déjà des capacités propres, mais pour peu qu'on leur confère la magie des flammes, de la glace ou de tout autre "élémental", elles peuvent venir à bout de n'importe quelle créature vivante ou morte.

Ceux qui ont joué au premier opus doivent peut-être se dire que l'usage d'armes autres que le Gun del Sol doit favoriser le jeu en huis-clos. Et effet, si comme son aîné, Boktai 2 est pensé pour se jouer en plein air sous la lumière du soleil (la cartouche comporte un capteur solaire), le jeu se révèle un peu moins contraignant dans la mesure où il est possible, la plupart du temps, de se passer de l'énergie solaire. On peut en effet en acheter dans les banques, recourir à des items d'énergie ou encore puiser dans les réserves de lumière emmagasinée. Finalement, seuls les rituels de purification vous obligeront à mettre le nez dehors si vous voulez avoir une chance de neutraliser le vampire d'un donjon. Ensuite, il faudra l'enfermer dans un cercueil que l'on traînera jusqu'au Pile Driver où l'être maudit sera purifié.

Même si l'arsenal de Django s'est enrichi, le jeu n'en est pas davantage tourné vers l'action pour autant. Les armes servent autant à se battre qu'à résoudre des énigmes particulièrement nombreuses et corsées pour progresser dans les donjons. On peut même forger de nouvelles armes moyennant une épreuve sympathique qui permet d'obtenir des items réellement puissants. Pourtant, il est clair que la perspective isométrique adoptée ne favorise ni la précision lors des combats ni la lisibilité de l'écran lorsqu'il s'agit d'appréhender la construction des niveaux. Ceux-ci s'avèrent souvent complexes et s'étalent sur plusieurs étages avec différents niveaux de hauteur par salle, et le plan ne livre qu'une simple ébauche de la façon dont les salles se succèdent.

La difficulté étant au rendez-vous, il vaut mieux, la plupart du temps, éviter les affrontements en se glissant discrètement dans le dos des monstres pour passer inaperçu ou leur infliger plus de dégâts. On retrouve là la philosophie furtive chère à Kojima, avec de nombreux clins d'oeil à Metal Gear Solid. Django est ainsi amené à longer les murs ou à cogner contre les parois pour attirer les ennemis à un endroit précis. Si le joueur passe dans le champ de vision d'un Undead, celui-ci se retrouve subitement auréolé d'un point d'exclamation qui traduit sa surprise, marque de fabrique des MGS. On pourrait d'ailleurs citer d'autres points communs entre les deux séries, comme la barre de vie, le bandeau de Django ou encore le menu rapide des armes. Mine de rien, l'aspect est non négligeable dans Boktai 2 et amène le joueur à progresser prudemment sans chercher systématiquement les affrontements.

Plus en retrait, l'aspect RPG se retrouve plutôt dans la façon dont se déroule l'aventure, avec l'exploration classique de villes et de donjons, et dans la répartition des points d'expérience à chaque montée de niveau. Si l'on ne dispose plus de la possibilité de customiser le Gun del Sol, on peut en contrepartie passer plus de temps dans l'écran des armes et des magies pour apprendre à tirer partie de ses nouveaux pouvoirs. Ceux-ci sont d'ailleurs extrêmement nombreux au final, offrant même l'opportunité de se transformer en loup-garou, en rat ou en chauve-souris. Par ailleurs, l'alternance diurne/nocturne influe véritablement sur le nombre et la résistance des Undeads, et si vous passez trop de temps au soleil, gare à la surchauffe et aux insolations ! Enfin, Konami a pensé à intégrer un mode multijoueur en link jusqu'à 4 joueurs, et moyennant un Cheat Code, on peut carrément importer son personnage dans les parties de Megaman Battle Network 5. Finalement, Boktai 2 se révèle largement à la hauteur de son prédécesseur. Plus prenant, moins contraignant et plus riche que son aîné, il n'accuse au final qu'une durée de vie un peu trop limitée.

Romendil, le 10 juin 2005