Pariah

Test PC

Ils sont courageux chez Digital Extreme ! Sortir un FPS alors que dans ce domaine il y a pléthore de titres de qualité sur PC, c'est carrément gonflé. Dès lors, les développeurs ont intérêt à pondre un soft de qualité pour arriver à sortir de la masse des jeux du genre. Hélas, nous allons voir que Pariah ne fait pas grand-chose pour se faire remarquer et qu'au final, le joueur se retrouve en présence d'un titre certes pas mauvais, mais qui est loin d'égaler ses concurrents directs.

Commençons par voir le contexte dans lequel se déroule le jeu. Année 2520. Depuis quelques années déjà, la Terre n'est plus qu'une gigantesque prison. Vous incarnez le Docteur Jack Mason, médecin militaire qui a reçu pour mission de transférer Karina, une prisonnière très spéciale puisqu'elle est atteinte d'un étrange virus. Pour des raisons de sécurité, il a fallu la placer dans un caisson cryogénique empêchant la propagation de la maladie. Mais lors de la phase d'atterrissage, le vaisseau prison fut touché par un missile et s'écrasa. Vous vous apercevez alors avec effroi que la prisonnière n'est plus dans son caisson. C'est le début d'une aventure mouvementée pour retrouver Karina et ainsi éviter la destruction pure et simple de la Terre que les autorités ont planifiée pour éviter que le virus ne se propage au reste du système solaire.

Le scénario de départ est plutôt sympathique, mais on s'aperçoit vite que par la suite, les surprises sont beaucoup trop rares tant l'histoire est téléphonée. Autre problème, le personnage que l'on incarne est loin d'être aussi charismatique qu'on l'aurait voulu. La narration non plus n'est pas au top. Si le jeu est émaillé de quelques cinématiques, celles-ci sont honteusement aliasées. En plus, il s'avère qu'on ne peut pas les zapper ce qui est plus que gênant lorsqu'on doit recommencer un niveau et qu'on se retape la scène de présentation encore et encore. Et oui, il faut dire que les sauvegardes sont faites automatiquement à chaque début de niveau et à certains checkpoints qui sont heureusement assez fréquents. On ne regrette donc pas tellement l'impossibilité de sauvegarder à tous moments. La variété des niveaux est la bienvenue puisqu'on alterne des phases en extérieur et en intérieur, des passages à pied ou dans des véhicules dans lesquels on est parfois pilote, parfois aux commandes de la mitrailleuse.

Le problème dans cette aventure solo, c'est qu'elle est vraiment beaucoup trop courte ! En 5 heures, c'est bouclé ! Et en plus, la fin est assez décevante. C'est bien dommage car c'est au moment où on commence à accrocher à l'histoire que la fin arrive. Hormis cette durée de vie vraiment limite, le gros problème du jeu se situe au niveau de l'intelligence artificielle qui est très loin d'être convaincante. En fait, la réaction des ennemis est très scriptée. Pour tout vous dire, ils ne commencent à bouger que lorsque vous vous approchez d'eux à une certaine distance. Dans les extérieurs, il arrive donc qu'on les voit et qu'eux ne nous voient pas. La technique consiste alors à leur envoyer une grenade ou une salve de mitraillette pour les liquider sans aucun danger. D'ailleurs, il faut aussi signaler que l'ordinateur ne réagit absolument pas même si une grenade arrive au pied d'un soldat. Il ne bougera pas d'un poil, continuera à vous canarder comme si de rien n'était et se laissera tuer tranquillement par l'explosion de la grenade ! Navrant !

En parlant d'armes, on remarque une idée plutôt intéressante dans le jeu, c'est la possibilité d'upgrader son arsenal. Il faut tout d'abord trouver des "WEC", qui sont des sortes de cellules d'énergie capables d'améliorer n'importe laquelle de vos armes. Ensuite, il suffit de choisir l'arme que l'on veut améliorer et le tour est joué ! On peut par exemple faire en sorte de diminuer l'effet de recul... Côté multijoueur, on retrouve avec plaisir les très classiques modes deathmatch, capture the flag ou encore siège. Le jeu contient d'ailleurs un éditeur de maps très simple d'accès dans lequel vous pourrez laisser libre cours à votre imagination. Que ceux qui aiment jouer seuls se rassurent, des bots sont inclus. Hélas, les défauts d'IA dont nous avons parlé plus tôt gâchent un peu la fête. La réalisation non plus n'est pas franchement réjouissante. Sans être moche, Pariah n'est pourtant pas une tuerie graphique et ce pour plusieurs raisons : un manque cruel de polygones dans certains décors dont l'aspect cubique saute aux yeux et des textures souvent fades et peu détaillées. Dommage car les modèles de personnages étaient plutôt réussis, eux. Au final, on est donc un peu déçu par ce Pariah qui a pour lui quelques bonnes idées comme l'éditeur de carte et le système d'upgrade des armes, mais qui cumule aussi certains défauts très gênants à l'image de l'IA catastrophique.

Super.panda, le 09 mai 2005