Doom 3 : Resurrection of Evil

Test PC

Grosse claque visuelle il y a quelques mois, Doom 3 fait toujours partie des jeux qui font chauffer les cartes graphiques tout en sachant vous plonger dans une atmosphère pesante et terrorisante à souhait. Avec ce premier add-on, on ne change pas une équipe qui gagne, ou alors juste un tout petit peu mais pas trop.

S'il n'a pas été le meilleur FPS de l'année 2004, Doom 3 s'est tout de même creusé une jolie place dans les ludothèques. Sans surprise, Resurrection Of Evil renoue avec les ficelles du jeu original, des gros démons, une progression linéaire comme le tunnel du Mont-Blanc et quelques scripts qui font peur. L'histoire nous renverra donc sur Mars et sa base hantée, avec un nouveau marine plus frais que l'ancien. Evidemment, en moins de 3 minutes, le marine peu futé trouve le moyen de mettre ses sales pattes sur un artefact infernal qui ouvre un nouveau portail sur ses origines. Résultat, tout le monde meurt, sauf vous, et il va falloir faire en sorte que ça dure. Oui, l'originalité n'est pas vraiment de mise, en même temps c'est Doom. L'ennui, c'est que dans cet add-on, on perd un des aspects assez sympa de Doom 3, car en dépit d'un scénario convenu, ce dernier profitait d'une mise en scène agréable et immersive, notamment grâce aux vidéodisques et messages audio que l'on pouvait écouter en cours de jeu pour en savoir plus sur les évènements. Aujourd'hui, on n'y prête plus vraiment attention, on sait déjà tout, et il n'y a pas grand-chose à apprendre.

Globalement, Resurrection Of Evil ressemble à s'y méprendre à son papa. Bien entendu, la lampe torche est toujours de rigueur et les space marines n'ont pas encore découvert l'usage du scotch, on ne reviendra pas sur ce parti pris de gameplay qu'on aime ou qu'on déteste. Les mécaniques restent exactement les mêmes à savoir du "run and gun" primaire qui joue sur la flippe pour vous garder accroché. De fait, on constatera ici encore que les démons de l'enfer ont une tendancieuse attirance pour les ascenseurs que l'on vient de réactiver ou les ordinateurs qu'on a éteint. Un peu comme les allemands qui ne s'intéressent à vous qu'à partir du moment où vous avez ouvert la porte au fond à droite quoi. Je dois bien admettre que RoE ne m'a pas paru aussi prenant que Doom, probablement en raison de son recours à des astuces un peu trop prévisibles qui ne laissent qu'une part réduite à l'effet de surprise. Cependant, l'aspect plus nerveux de l'action parvient à compenser ce souci.

Parce qu'il faut le dire, l'action est sensiblement plus musclée ici, ce qui donne tout son sens à l'usage de l'artefact diabolique. Dans un premier temps, ce drôle d'objet vous permettra de faire usage de ce qui ne peut porter qu'un seul nom de nos jours : le bullet time. Et oui, dans Doom aussi. La possibilité de ralentir le temps s'avérant parfois utile lorsqu'on se trouve encerclé par une horde de Imps boostées (des Vulgars si j'ai bien saisi). Pas nécessairement révolutionnaire, cet ajout n'est en tout cas pas inutile puisque l'agressivité des assaillants a été rehaussée. Plus tard, l'artefact pourra même décupler vos forces, vous rendant capable de désosser un démon à mains nues (Painkiller style). Puisque j'en suis aux nouveautés, continuons, Resurrection Of Evil apporte également 2 autres nouvelles armes, la première étant le fameux shotgun à double canon si cher à la série et cruellement absent de Doom 3. Mais l'ajout le plus surprenant concerne la présence inattendue d'un gravity gun qui fera immanquablement penser à celui de Half-Life 2, à une différence près puisqu'il est capable de soulever également certains ennemis ou de renvoyer les projectiles à leur expéditeur. Si aucun véritable puzzle n'y est lié, il sera toutefois utile pour dénicher un ou deux items planqués derrière un tas de caisses. Là aussi, l'ajout est sympa, mais on cherche encore ce qui va nous étonner ET nous servir.

Et bien plus rien d'autre en vérité. Car les ajouts en solo sont finalement restreints à ces petites choses agréables mais pas transcendantes. Cependant, on saura apprécier un effort sur le level design qui se montre plus varié et ne se limite plus autant à une succession de couloirs étroits. Quelques niveaux plus spacieux viendront vous faire prendre l'air. Là encore, petite curiosité : des passages qui frisent le Tomb Raider... oui bon OK peut-être que j'en rajoute mais pour profiter du bullet time, on trouvera quelques passages d'adresse comme le franchissement d'une passerelle tortueuse balayée par des bidules qui piquent. Enfin c'est pas Dark Forces non plus. Toujours au sujet du design, si on reconnaît bien l'univers, de subtiles petites variantes différencient un peu la base martienne de RoE de son alter ego dans Doom 3. C'est toujours bon à prendre.

En solo donc, on se trouve face à une campagne peut-être un peu plus nerveuse et agitée à défaut d'être aussi flippante et prenante qu'à l'origine, agrémentée de quelques modifications. Et le multi alors ? Bonne question, et c'est là qu'on va avoir un problème puisqu'il n'a pas été possible de tester le mode online faute d'une clé CD acceptée par les serveurs. Pourquoi ? Pas la moindre idée ou alors juste une petite mais mise à mal du fait que 2 clés différentes ont été refusées. Sachez donc que Resurrection of Evil apporte un nouveau mode CTF à Doom 3 ainsi que quelques maps en deathmatch classique. Et voilà qu'on a fait le tour.

Dinowan, le 08 avril 2005