Teenage Mutant Ninja Turtles 2 : Battle Nexus

Test Gamecube

Ah non ! Laissez-moi, je veux plus y jouer, non c'est trop, j'en peux plus et j'en ai assez vu. D'ailleurs après ça je ne suis même pas sûr de pouvoir supporter de nouveau la vue d'une tortue même en plastique. Mais avec quoi je vais jouer dans mon bain moi maintenant ? Hein ? HEIN ?

Je pourrai faire jouer le suspense, vous laisser progressivement découvrir l'horrible vérité au sujet de cette nouvelle adaptation des tortues mutantes, mais à quoi bon ? Je vais vous économiser un peu de temps et vous dire de suite que c'est une grosse daube. Voilà, donc maintenant soit vous faites avec ça et vous reprenez le cours de votre vie, soit vous êtes un peu pervers et vous m'obligez à vous expliquer pourquoi... Je le savais que vous étiez pervers. Je vous hais.

Teenage Mutant Ninja Turtles 2 : Battle Nexus, en dehors d'avoir un titre longuet, est un beat'em all d'une médiocrité qui n'a d'égale que sa jouabilité désastreuse. Déjà ce qu'on aime dans un beat'em all, c'est avoir une jolie assiette de coups spéciaux qui font mal. Et bien là c'est mal barré, les attaques sont peu nombreuses et dégagent une sensation de puissance qu'on pourrait comparer à celle d'un hanneton asthmatique cognant sur une vitre. C'est bien mais pas top. Si on peut changer de héros à volonté en pleine partie, rien à faire, tous autant qu'ils sont ne produisent que de pathétiques petits pif, paf, pouf misérables et sans envergure. Evidemment, chacun a son style propre et son attaque personnelle, mais rien n'y fait, ils sont tous aussi mous ces batraciens transgéniques.

Mais c'est encore le moindre des problèmes de Battle Nexus. Là où il dépasse véritablement le stade du médiocre pour atteindre celui du franchement mauvais (un état également dénommé "daube") c'est dans sa maniabilité horripilante. Tout d'abord, les contrôles et les mouvements sont secs et saccadés avec un léger temps de latence, surplombé d'angles de caméra incongrus. En somme, les 3 pires choses qu'on puisse reprocher à une prise en main, réunies dans un seul jeu. Un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire. Pour vous représenter le truc, on a le sentiment de contrôler une tortue grabataire mais un peu parkinsonienne sur les bords. Vous aurez compris que c'est insupportable, en particulier sur les phases de plates-formes qui sont nombreuses dans le jeu. Le moindre saut est un calvaire, on a aucune précision et on tremble systématiquement à l'idée qu'on va atterrir au fond du gouffre ou rebondir bêtement contre un mur en réalisant un saut à la Mario sans jamais en avoir eu l'intention.

Si on résume la situation, ça nous donne un jeu d'une banalité affligeante dans sa progression, qui n'hésite pas à nous ressortir des ficelles qui faisaient déjà honte dans les années 80, creux et injouable au point d'en être aussi énervant que Panda chantant Les Choristes à longueur de journée. Niveau réalisation, Les Tortues Ninjas optent pour le toon rendering du pauvre. Classique dans le cas d'adaptation de BD ou de séries animées, classique aussi et surtout pour ne pas trop se fouler niveau technique et design. Les décors sont plats, simplistes et vides mais on va certainement nous dire que c'est une question de design. Bref, on évitera soigneusement de se frotter à ces tortues plus repoussantes que mutantes.

Dinowan, le 10 mars 2005