Advance Guardian Heroes

Test Gameboy Advance

La mode est depuis longtemps à l'adaptation de vieux titres sur GBA et lorsqu'il ne s'agit pas de la résurrection d'un hit oublié de tous, il s'agit de lui offrir une suite. Ce coup-ci, c'est Guardian Heroes qui s'y colle. Après avoir fait les beaux jours de la Saturn, le voilà qui arrive sur la portable de Nintendo.

Advance Guardian Heroes reprend exactement là où stoppait le premier volet, c'est-à-dire au moment où les gentils avaient gagné, et où les méchants avaient perdu. Mais bon, puisqu'il fallait une suite, on va dire que les méchants n'avaient pas tout à fait perdu. Bien que vaincu par toute la clique de héros, l'infâme mage Kanon n'avait toujours pas dit son dernier mot et son caprice de vouloir conquérir le monde lui collait encore à la peau, obligeant donc les gentils à repartir à la charge pour tenter de le calmer une seconde fois. Evidemment, ce ne serait pas aussi simple qu'à la première bataille puisque grâce à une ruse digne de Sylvain Mirouf lui-même, Kanon a réussi à kidnapper quelques uns des héros qui ont causé sa perte pour en faire sa propre armée. Evidemment, avant de les envoyer sur le champ de bataille, il leur a aussi passé en boucle l'intégrale de Kyo, juste histoire de récurer un peu leur cerveau et d'en faire des soldats bêtes et méchants. Et ça, c'est tout bonnement impardonnable.

Par rapport à Guardian Heroes qui, si vous n'avez pas lu l'intro, était sorti sur Saturn, il n'y pas de changements fondamentaux à relever. Nous sommes toujours en présence d'un beat'em all qui se permet de glisser un orteil vers le monde du jeu de rôles au travers de caractéristiques à faire évoluer pour gagner en puissance, en défense, en vitesse, en magie, etc. Sur le fond, on reste toujours bien dans le genre beat'em all, tendance vieille école, avec l'écran de jeu qui se bloque tous les dix mètres pour mettre en scène de nouveaux adversaires. Le jeu suit donc le schéma classique, on avance, on frappe, on avance on frappe. Par vagues successives, les ennemis arrivent toujours plus nombreux et puissants avec la ferme intention de vous arrêter. On peut dire qu'ils y arrivent plutôt bien. En effet, Advance Guardian Heroes est d'une difficulté limite repoussante, même en mode normal. Le seul moyen de ne pas se dégoûter du jeu dès la première partie est de le configurer en facile, le temps de se faire la main et de maîtriser le système de combats, mêlant attaque aux poings et magies destructrices.

La magie est certainement l'élément le plus important des combats. C'est elle qui permet de faire tomber les barres d'énergie des adversaires sans trop se fatiguer, et surtout en restant à bonne distance pour ne pas trop s'en prendre dans la tête. Plusieurs types de magies sont à utiliser, le tout est de parvenir à trouver le bon timing pour envoyer l'attaque sans recevoir de coups. C'est là où ça devient très difficile. D'une part parce que le système de protection est très confus et qu'il faut vraiment appuyer au bon moment pour bloquer une attaque, d'autre part parce que le jeu souffre de gros ralentissements qui annihilent toute tentative de précision. On a beau se concentrer comme des ânes pour presser la touche de garde au moment précis, le timing ne cesse d'être faussé par les chutes de l'animation et les baisses de frame-rate. Dans de telles conditions, Advance Guardian Heroes perd tout son intérêt. Les affrontements se transforment en une vaste fumisterie où il suffirait presque de faire n'importe quoi pour sortir victorieux. C'est bien dommage, si vous voulez mon avis.

Comme dans le premier volet, beaucoup de personnages sont à débloquer. La façon de faire pour les avoir est assez spéciale puisqu'il convient tout simplement de les acheter. En fait, à la fin de chaque niveau (au passage, il y en a 6), on passe par la case d'amélioration du personnage. On répartit alors tous les points accumulés lors des batailles dans les catégories voulues. Les points qui nous restent sur les bras, on les investit dans un labo qui passera son temps à faire des recherches sur de nouveaux personnages. Si vous investissez suffisamment, vous obtiendrez un nouveau perso jouable (il y a 21 perso jouables). En clair, ça veut dire qu'il faudra choisir entre améliorer votre héros pour le rendre plus fort et investir dans la recherche de nouveaux persos. Un choix cornélien qui a au moins le mérite d'assurer une durée de vie conséquente pour qui voudra absolument tout débloquer.

Si vous vous souvenez de Guardian Advance, vous savez que le multijoueur tenait une part importante dans la réussite du titre. On retrouve naturellement cette composante sur portable, mais puisque le jeu au départ n'est pas aussi fun que l'original (pour les raisons évoquées au dessus), le multi ne l'est pas non plus. Logique. Le coopératif (2 joueurs) ajoute de la confusion dans les combats, comme s'ils ne l'étaient pas déjà suffisamment, tandis que le mode 4 joueurs vous fait vous affronter les uns contre les autres dans des combats vraiment pas marrants et chaotiques. Finalement, c'est avec un peu de regret qu'il faut se rendre à l'évidence, cette suite sur GBA n'est pas aussi brillante que le modèle original. La pauvre portable n'arrive pas à supporter tout ce qu'on lui demande d'afficher. Le résultat ne se fait pas attendre : malgré ses quelques qualités, le jeu est plombé par de lourds ralentissements qui nous empêchent d'en profiter pleinement.

Jihem, le 21 février 2005