Otogi 2 : Immortal Warriors

Test Xbox

Régulièrement, la console de Microsoft se dote de titres exclusifs et prestigieux qui font pâlir de jalousie les possesseurs des autres machines. Vous me direz, c'est le cas de toutes les consoles de jeu. Certes, mais passer à côté de monstres tels que Halo 2, Panzer Dragoon Orta et Ninja Gaiden me reste encore en travers de la gorge. Tout ça pour dire que ce nouvel Otogi risque de faire quelques envieux.

Personne n'aura oublié Otogi : Myth Of Demons, fabuleux titre de From Software. Ce jeu d'action empreint de mysticisme asiatique et d'affrontements au sabre nous avait ébloui par sa réalisation onirique époustouflante et par le plaisir de jeu qu'il offrait. Aujourd'hui, le temps est venu pour la digne Seimei de tirer le guerrier Raikoh de son sommeil éternel pour purifier le monde des démons. Six combattants divins se dressent désormais face à l'incarnation du mal, et le destin de chacun d'entre eux est entre vos mains. Serez-vous à la hauteur de cette noble tâche qui vous est dévolue ? Ca vaut mieux pour vous, car c'est un séjour éternel au purgatoire qui vous attend autrement.

Ce qu'on apprécie avant tout dans un titre tel qu'Otogi 2, c'est le charme de son univers. Quiconque étant un tant soit peu sensible aux attraits de l'orient ne peut qu'être littéralement envoûté par l'aura mystique qui se dégage du jeu. Voici enfin l'opportunité de s'immerger dans une fresque héroïque tissée de mythologie asiatique où la magie est reine. Et pour renforcer encore davantage l'immersion et s'assurer que le joueur ne pourra s'évader qu'à regret de ce piège, le jeu se pare d'atours somptueux qui dépassent de loin ceux du premier Otogi, pourtant réputé pour son excellence graphique. Il faudrait un paragraphe entier pour décrire l'incroyable niveau visuel du soft. Les images explosent d'effets lumineux et de couleurs chatoyantes qui surviennent à tout instant. Les vêtements amples des protagonistes semblent animés par l'esprit d'Eole alors que les paysages resplendissent de mille détails et s'illuminent de coloris irréels. On se croirait tout droit plongé dans un conte, mais un conte violent où les temples d'or s'écroulent sous le fracas des armes.

A l'instar du premier Otogi, il n'est pas rare en effet de mettre le décor en pièces à force d'attaques redoublées contre les ennemis. Beat'em all dans l'âme, Otogi 2 fonctionne sur la dualité improbable entre poésie et violence, et il en résulte une aura de folie furieuse atrocement belle. Pourtant, il existe une limite à la beauté qu'il vaut mieux ne pas dépasser, et c'est ce que ce titre semble avoir oublié. L'action atteint parfois un tel paroxysme dans la débauche d'effets visuels qu'on ne voit plus rien. Pire encore, on ne comprend plus ce qui se passe à l'écran, et lorsque ça concerne une scène de plus de cinq minutes dans un environnement clos, ça fait tache dans un jeu d'action. Attention, ça ne signifie pas que le titre n'est pas jouable, mais simplement que c'est dans les moments les plus exaltants que l'on se prend à jouer de façon aléatoire.

Ceci étant dit, le plaisir de jeu n'est pas trop entaché par ce petit défaut, et même si le gameplay ne fait pas vraiment dans la finesse, l'action ne subit aucune baisse de régime. En fait, c'est plutôt au niveau des choix du système de jeu qu'il faudrait émettre quelques réserves. On constate en effet rapidement que le jeu nous pousse quasiment à ne pas recourir exagérément à ce qui fait justement tout le plaisir de jeu. Concrètement, à chaque fois que vous utilisez le dash ou le double-saut, votre jauge de MP diminue comme lorsque vous recourez à la magie. Une fois la jauge de MP réduite à zéro, ce sont vos points de vie qui partent en chute libre si vous n'y prenez pas garde. En d'autres termes, on en vient à se retenir de foncer sur l'ennemi en sillonnant les airs comme un dieu, pour se contenter des mouvements plus basiques. Une approche qui nuit finalement au plaisir de jeu.

Comme son aîné, Otogi 2 repose sur un système de jeu assez riche et bien pensé pour un beat'em all. Les personnages ont par exemple la possibilité de monter de niveau au fil des combats, ce qui permet d'améliorer leurs statistiques et de renforcer leurs aptitudes. Pour chacun, il est possible d'acquérir des armes en passant par la boutique, mais aussi des accessoires souvent très utiles pour contrer les pouvoirs de certains ennemis. Les magies s'obtiennent de la même façon et possèdent également plusieurs niveaux de puissance. On peut ainsi déterminer l'efficacité de son sort en exerçant une pression plus ou moins longue sur le bouton de contrôle des magies. Bref, tout semble avoir été mis en oeuvre pour nous permettre de mener à bien les différentes missions qui composent l'aventure. Et à l'instar du premier volet, le niveau de difficulté est plutôt corsé. Un autre élément à prendre en compte est inhérent au choix du personnage. Sachant que six combattants différents sont jouables dans cet épisode et qu'on ne peut utiliser chacun d'eux qu'une seule fois sur une même zone, il faut choisir intelligemment le personnage qui convient le mieux pour chaque étape. Même s'ils ont tous un style de combat qui leur est propre, on retrouve un maniement similaire qui permet de ne pas se prendre la tête sur les commandes. Aucune raison, donc, de passer à côté de cet excellent jeu qui fera la joie des amateurs de beat'em all, des passionnés de mythologie asiatique et de tous les possesseurs de Xbox en général.

Romendil, le 07 février 2005