Fight Club

Test Xbox

Fight Club, voilà un film que l'on ne s'attendait pas forcément à retrouver en jeu vidéo, surtout plus de quatre ans après la sortie du film dans les salles. Quoi qu'il en soit, les développeurs n'ont visiblement retenu de ce film que la dimension brutale des scènes de combat, ce qui est (selon les cinéphiles de la rédaction) loin d'être l'intérêt principal du long-métrage. Il faudra pourtant se contenter de simples combats au corps-à-corps dans cette version de Fight Club sur consoles.

Limiter Fight Club à un simple jeu de baston, c'est déjà en soi un outrage pour les puristes du film, même si l'on peut tout de même comprendre ce choix de la part des développeurs. Le problème vient plutôt du fait qu'en matière de baston, Fight Club se ridiculise lamentablement en proposant un gameplay affligeant qui ne procure aucun plaisir de jeu. A l'heure où les jeux de combat rivalisent de vitesse et de dynamisme, Fight Club nous offre une action poussive qui va de paire avec la pauvreté de son système de jeu. Mais voyons tout cela plus en détail.

Adaptation relativement éloignée du film, Fight Club ne risque pas de donner aux néophytes l'envie de découvrir le long-métrage. Les scènes cinématiques ne suffisent d'ailleurs pas vraiment à résumer clairement ce qui se passe entre les combats, et on voit bien que les développeurs n'ont pas souhaité s'embarrasser du contexte scénaristique du film. Qui plus est, le jeu n'est pas traduit en français, et les vidéos doublées en anglais ne sont pas sous-titrées. De la licence, le titre développé par Genuine Games reprend 14 personnages principaux et secondaires, ainsi qu'un certain nombre de zones de combat. Bizarrement, mais sans doute pour varier un peu les environnements, les affrontements se situent aussi bien dans la cave du film qu'en extérieur, près des entrepôts ou des ruelles désertes. Ceux qui se contenteront d'observer les images verront dans Fight Club un titre bien réalisé, qui étonne par la qualité de la modélisation des personnages et ses effets tels que les taches de sang qui dégoulinent sur l'écran en cas de blessures graves. Les déformations des visages des combattants sont également plutôt bien représentatives de la violence des combats. Malheureusement, l'aspect graphique est sans doute le seul point positif du jeu.

La désillusion survient en effet sitôt le premier duel lancé. Le combat démarre immédiatement, sans aucun compte à rebours pour se préparer, et l'on s'attend à voir les deux adversaires s'élancer furieusement l'un vers l'autre. Hélas, la lenteur extrême de l'animation donne l'impression de voir les mouvements s'effectuer au ralenti, ce qui laisse certes le temps d'anticiper les attaques mais ce qui ne dynamise guère le déroulement des duels. Qu'y a-t-il de plus pénible à jouer qu'un affrontement qui semble avoir lieu à quatre mètres sous la surface de l'eau, je vous le demande ? En plus de cela, les manipulations à effectuer pour sortir les coups sont aberrantes de complexité, au point d'en devenir impossibles à sortir de façon intuitive. C'est tout de même affligeant de voir à quel point les combats d'un Shenmue hérités de Virtua Fighter s'avèrent autrement plus intéressants à jouer, alors qu'ils ne représentent qu'un des nombreux aspects du jeu de Sega. Pour un titre qui se veut axé uniquement sur l'art du combat, Fight Club fait vraiment pâle figure.

Pourtant, de ce gameplay limité et mal optimisé il ressort tout de même un point original : la possibilité de mettre à mal son adversaire en effectuant une prise ultra violente qui lui brisera les os. Le jeu n'est pas déconseillé aux moins de 18 ans pour rien, et les effets qui accompagnent ce genre de prises se veulent assez explicites. On voit carrément le squelette de la victime se rompre sous la violence de l'impact. Mais là encore, on a l'impression que les concepteurs du jeu ont tout fait pour nous empêcher d'en profiter. Non seulement la manipulation est difficile à sortir, mais il faut en plus attendre que l'adversaire soit quasiment mort pour pouvoir lui briser les os. Ca nous ramène un peu aux "fatalities" de Mortal Kombat mais dans le cas de Fight Club, il n'y a pas grand-chose de valable à côté de ces "finish moves". Malgré tout, ceux qui arriveront à supporter la jouabilité infâme de ce titre plus de quelques heures pourront également s'adonner à des confrontations online via le Xbox Live, et tenter de parvenir au bout du mode Story avec tous les personnages disponibles. Les autres seront bien avisés de garder leurs distances avec ce titre en criant "stop" pour, selon la règle numéro 3 du Fight Club, mettre fin à ces pugilats dénués d'intérêt.

Romendil, le 07 décembre 2004

  • Editeur : Sierra
  • Développeur : Genuine Games
  • Type : Combat
  • Multijoueurs : 2 joueurs
  • Sortie France : 26 novembre 2004
  • Version : Française intégrale
  • Classification : Déconseillé aux - de 18 ans
  • Existe aussi sur :
    Fight Club - Playstation 2
  • Similaire à :
    Mortal Kombat Mystification